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Jeunesse, parité, société civile: le gouvernement tient-il les promesses de Macron?

La photographie officielle du gouvernement dirigé par Édouard Philippe, le 18 mai 2017 à l'Élysée à Paris

La photographie officielle du gouvernement dirigé par Édouard Philippe, le 18 mai 2017 à l'Élysée à Paris - Philippe Wojazer-AFP

Équipe plus resserrée, parité, renouvellement et ouverture à la société civile: le gouvernement d'Édouard Philippe annoncé mercredi a-t-il tenu les engagements d'Emmanuel Macron durant la campagne? BFMTV.com fait le point.

Promesses tenues? Durant sa campagne, Emmanuel Macron s'était engagé à choisir un gouvernement plus jeune, plus resserré, mais aussi paritaire et représentatif de toutes les sensibilités d'En Marche! Le candidat avait également martelé qu'il n'embaucherait pas d'anciens ministres et qu'il ferait appel à des personnalités issues de la société civile. Revue des engagements qui ont été tenus et de ceux qui sont passés à la trappe.

Un gouvernement resserré

Fin mars, le candidat d'En Marche! avait promis un gouvernement resserré d'une quinzaine de ministres. "Il y en aura un peu moins qu'aujourd'hui", déclarait-il alors que le gouvernement de François Hollande comptait 17 ministres. "Il n'y aura pas de ministres délégués, il y aura quelques secrétaires d'État", annonçait-il.

Promesse à peu près tenue puisque la nouvelle équipe d'Édouard Philippe, nommée mercredi, compte 16 ministres de plein exercice, deux ministres délégués, et quatre secrétaires d'État. Comme le note Le Monde, c'est "le deuxième gouvernement le plus resserré de la Ve République" après le premier de François Fillon. Par comparaison, dans le passé, certains gouvernements ont compté jusqu'à une trentaine de ministres et de nombreux secrétariats d'État.

Hommes et femmes à parité

"Mon gouvernement sera composé pour moitié de femmes, y compris à des ministères de premiers plans", assurait, toujours fin mars, Emmanuel Macron. Promesse pas complètement tenue pour le nouveau locataire de l'Élysée. Si son gouvernement est paritaire, 11 hommes et 11 femmes, un seul des cinq ministères régaliens (Affaires étrangères, Intérieur, Défense, Justice et Économie) est dirigé par une femme: Sylvie Goulard, à la tête des Armées -le portefeuille a été renommé.

Emmanuel Macron avait par ailleurs promis un "ministère plein et entier des Droits des femmes", qui a finalement été remplacé par un secrétariat d'État pour l'Égalité entre les femmes et les hommes confié à Marlène Schiappa. Ce qu'on regretté les défenseurs des droits des femmes.

Autre point sur lequel Emmanuel Macron n'a pas tenu parole: au début du mois de mars, l'ancien ministre de l'Économie avait déclaré qu'il préférait nommer une femme à Matignon. Le 2 mai, sur BFMTV et RMC, il donnait quelques précisions et déclarait qu'il avait "un ou deux profil en tête", "dont un profil masculin et un profil féminin". C'est finalement un homme, Édouard Philippe, qui a pris possession de Matignon.

Sur France Inter ce jeudi, le chef du gouvernement s'est défendu de tout problème à ce sujet. "Je suis très frappé par la remarque que vous formulez. Je l'ai lu dans un certain nombre d'éditoriaux, je ne sais pas pourquoi est-ce qu'on dit ça", a répondu Édouard Philippe à Patrick Cohen qui remarquait que "le poids politique des femmes n'est pas celui des hommes".

Des personnalités issues de la société civile

"Il faut en finir avec les ministres qui n'ont d'autre légitimité que celle d'un apparatchik", déclarait le candidat d'En Marche! Les siens "seront issus pour une partie conséquente de la société civile, dans toute sa diversité".

Pari tenu pour le nouveau président de la République, avec la moitié de son gouvernement issue de la société civile. Parmi ces ministres: Nicolas Hulot, l'ancien envoyé spécial de François Hollande pour la protection de la planète nommé à la Transition écologique et solidaire, l'escrimeuse et double championne olympique Laura Flessel aux Sports, ou encore Agnès Buzyn, une médecin qui prend la tête de la Santé et Jean-Michel Blanquer, le directeur de l'Essec, une prestigieuse école de management, pour l'Éducation nationale.

Un gouvernement plus jeune

"Il faut en finir avec une classe politique qui est aujourd'hui trop largement composée d'hommes de plus de 50 ans", avertissait Emmanuel Macron. Mounir Mahjoubi, 33 ans -nommé secrétaire d'État en charge du numérique- Marlene Schiappa, 34 ans et Gérald Darmanin -en charge de l'Action et des comptes publics- également âgé de 34 ans, comptent parmi les plus jeunes ministres de la Ve République.

Mais avec huit sexagénaires et neuf quinquagénaires, la moyenne d'âge est de 54 ans. Au total, 18 ministres sur 22 sont même plus vieux qu'Emmanuel Macron. Ce gouvernement est ainsi plus âgé que celui composé en 2012 par Jean-Marc Ayrault (52 ans). 

Pas d'anciens ministres 

  • "J'imposerai le renouveau dans l'équipe gouvernementale", avait prévenu Emmanuel Macron. "Je prône le renouveau des visages, donc il s'applique pour l'équipe gouvernementale de manière très claire."

Ce n'est pas le cas: quatre d'entre eux ont déjà été en charge d'un maroquin. Jean-Yves Le Drian, ancien ministre de la Défense de François Hollande, a été nommé à l'Europe et aux affaires étrangères. Annick Girardin, secrétaire d'Etat chargée de la Francophonie puis ministre de la Fonction publique durant le quinquennat de François Hollande, récupère les Outre-mer. De même, François Bayrou, ancien ministre de l'Éducation nationale sous les gouvernements Balladur et Juppé, passe à la Justice. Pareil pour Bruno Le Maire, qui rejoint Bercy, ancien secrétaire d'État aux Affaires européennes et ministre de l'Agriculture dans le gouvernement Fillon.

Toutes les familles politiques

Emmanuel Macron avait annoncé sur LCP vouloir exercer avec "toutes les familles politiques qui constituent l'ADN d'En Marche!" c'est-à-dire "les sociaux démocrates réformateurs, les radicaux de gauche, les écologistes raisonnables, les centristes, les gaullistes sociaux et la droite sociale européenne".

Son gouvernement compte finalement trois membres des Républicains -Edouard Philippe, Gérald Darmanin et Bruno Le Maire, représentant trois nuances de la droite. Trois centristes, dont François Bayrou, Sylvie Goulard et Marielle de Sarnez, aux Affaires européennes, ont également été nommés. Ainsi que des poids lourds socialistes, comme Gérard Collomb, à l'Intérieur, et Jean-Yves Le Drian. Les radicaux de gauche sont aussi représentés avec Jacques Mézard, à Agriculture, et Annick Girardin.

Pour le sénateur LR Jean-Baptiste Lemoyne, seul parlementaire de son parti à s'être prononcé en faveur d'Emmanuel Macron avant le premier tour de la présidentielle, le gouvernement d'Edouard Philippe "tient beaucoup de promesses" faites par le président de la République.

"Le gouvernement tient beaucoup de promesses faites par Emmanuel Macron, la promesse d'un renouvellement, la promesse de nouveaux visages, la promesse de la société civile, avec onze des 22 ministres qui ont des expériences qui ne sont pas forcément politiques, avec de très beaux profils", a déclaré l'élu de l'Yonne sur LCP/Sud Radio.

Céline Hussonnois-Alaya