BFMTV

Trois nuances de droite dans le gouvernement composé par Macron

Edouard Philippe, Gérald Darmanin et Bruno Le Maire

Edouard Philippe, Gérald Darmanin et Bruno Le Maire - AFP

Trois figures du parti Les Républicains entrent au gouvernement d'Emmanuel Macron. En plus du Premier ministre, Bercy sera dirigé par deux membres des Républicains. Avec ces nominations, Emmanuel Macron pioche chez les juppéistes, lemairistes et sarkozystes.

Les ténors du parti Les Républicains craignaient une fuite des cerveaux vers le gouvernement formé par Emmanuel Macron. Finalement, ce mercredi, ce sont deux ministres qui ont été nommés dans l'exécutif, en plus d'Edouard Philippe, le maire du Havre, nommé Premier ministre dès lundi. 

Avec ces nominations, Emmanuel Macron fait ainsi un coup politique. Il prend une personnalité dans chaque chapelle de la droite traditionnelle. Un sarkozyste, avec la présence de Gérald Darmanin à l'Action et aux comptes publics ; un juppéiste, avec Edouard Philippe, et un lemairiste, avec le chef de file du mouvement, Bruno Le Maire, qui devient le patron de Bercy. 

Bruno Le Maire a donc été nommé ministre de l'Économie. Un poste que le candidat malheureux de la primaire de la droite briguait déjà durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy alors qu'il était ministre des Affaires européennes puis de l'Agriculture. À la veille de la passation de pouvoir entre François Hollande et Emmanuel Macron, Bruno Le Maire -qui avait déjà déclaré être "prêt à travailler" avec Emmanuel Macron- avait appelé le nouveau locataire de l'Élysée à "faire un geste" en nommant un Premier ministre de droite. "Je veux que ce quinquennat réussisse", déclarait-il au lendemain de l'élection du candidat d'En Marche!

Nommé représentant pour les affaires européennes et internationales dans le cadre de la campagne présidentielle de François Fillon, il avait claqué la porte début mars lorsque le candidat LR avait été mis en examen. Dans le cadre des prochaines élections législatives, le député sortant de l'Eure n'a pas de candidat de La République en marche face à lui. Ses affiches de campagne ne montrent d'ailleurs pas le sigle de son parti, Les Républicains. "Je me présente en tant qu'homme de droite libre", assurait-il.

Gérald Darmanin disait avoir "honte" de sa droite

Gérald Darmanin, le jeune maire LR de Tourcoing de 34 ans et vice-président du conseil régional des Hauts-de-France, a quant à lui été nommé ministre de l'Action et des comptes publics, un portefeuille équivalent à celui du Budget. Lui aussi s'était dit prêt à travailler avec Emmanuel Macron après la défaite de la droite à la présidentielle. 

Ancien directeur de la campagne de Nicolas Sarkozy durant la primaire, Gérald Darmanin avait pourtant refusé de soutenir François Fillon au début du mois de mars alors que les révélations concernant des soupçons d'emplois fictifs se succédaient. Et avait assuré avoir "honte" de sa droite. Il avait même quitté son poste de secrétaire général adjoint du parti Les Républicains. Avec deux ministres LR, Bercy prend donc un virage à droite toute.

Durant la campagne, Emmanuel Macron avait assuré vouloir former un gouvernement "venant de la gauche, du centre, de la droite". Dans un documentaire diffusé par Envoyé spécial, lors d'une réunion de son comité politique, il avait aussi glissé vouloir "déstabiliser" la droite. En leur ouvrant grand les bras. Le nouveau président de la République avait également fait du renouvellement et du décloisonnement politiques l'un de ses arguments de campagne, promettant "une nouvelle méthode de gouvernement".

Céline Hussonnois-Alaya