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Gouvernement, majorité: ce que veut faire Macron au pouvoir

Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron. - Rony Hartmann - AFP

Emmanuel Macron a dessiné ce mardi en conférence de presse les contours de la majorité sur laquelle il s’appuiera s’il est élu.

C’est l'un des angles d’attaque favoris de ses opposants: en cas d’élection, Emmanuel Macron ne pourrait pas gouverner, faute de majorité politique cohérente. Le candidat d’En Marche! à la présidentielle a tenté d’en finir avec ces critiques en convoquant une conférence de presse ce mardi, pour préciser la manière dont il compte diriger le pays, avec qui et selon quelles règles. L'ex-ministre de l'Economie a d'ailleurs insisté:

"Je n’aspire pas à être président de la IVe République"

Une allusion à l'instabilité chronique de ce régime et une manière pour lui de promettre qu’il ne sera pas l’otage des différentes sensibilités politiques qui le soutiendront.

Quinze ministres, dont la moitié de femmes

Emmanuel Macron a d’abord dessiné les contours de son gouvernement. Son chef ne sera pas un nouveau venu mais un responsable politique d’expérience, "choisi pour ses compétences". L’exécutif macronien ne comptera que 15 ministres, désignés pour leurs qualités et non "pour leur poids politique". La moitié seront des femmes, "y compris à des ministères de premier plan".

Emmanuel Macron a aussi indiqué qu’une "partie conséquente" des ministres seront issus de la société civile, sans toutefois donner de chiffres précis. Pour ce qui est de la méthode de travail de ce collectif, le candidat d’En Marche! s’est engagé à en finir avec "l’hyper-responsabilité" du président. Les ministres travailleront sous l’autorité du premier d’entre eux, "avec une feuille de route claire" et "selon les objectifs (qu'il aura) fixés", a-t-il précisé.

Pour les législatives, pas de casier judiciaire

Côté majorité parlementaire, Emmanuel Macron semble convaincu que s’il est porté à l’Elysée, les électeurs lui accorderont aussi un socle solide de députés. "La question de la majorité se pose à ceux qui ont déjà des frondeurs avant même les législatives", a-t-il ironisé, en ciblant sans les nommer Benoît Hamon et François Fillon.

L’ancien patron de Bercy a souligné que les 577 candidats macronistes aux législatives (choisis parmi 14.000 offres de candidatures) seront issus pour moitié de la société civile, pour moitié du monde politique, qu'ils viennent de la gauche, de la droite ou du centre. Les investitures seront décidées jusqu'au "lendemain du second tour de la présidentielle", a-t-il ajouté. Les femmes constitueront 50% des candidats. Aucun d’entre eux ne devra avoir de casier judiciaire B2 ou être sous le coup d’une peine d’inéligibilité.

"Il n'y aura aucun accord d'appareil"

Ils devront en outre s’engager à respecter les règles de moralisation de la vie politique défendus par En Marche!: pas plus de trois mandats successifs, pas d’embauche de membres de sa famille et pas d’activité de conseil pendant la durée du mandat.

"Il n’y aura aucun accord d’appareil", a promis Emmanuel Macron, ajoutant que les prétendants aux législatives seront investis "au nom du soutien sans faille qu’ils apporteront à la majorité".

Les ralliés doivent choisir leur camp

Il a d'ailleurs laissé entendre que ceux qui se rallient à son mouvement et souhaitent se présenter au scrutin législatif devront avoir quitté les partis politiques (PS, LR...) dont ils sont issus:

"Chacun sera investi sous la bannière de la majorité présidentielle et devra se rattacher politiquement et administrativement à cette majorité".

Un détail qui a son importance: le financement public que les partis politiques reçoivent dépend de deux critères. Le nombre de voix recueillies par les candidats aux législatives concourant sous leur drapeau, d'une part. Le nombre de parlementaires qui leur sont affiliés après l'élection, d'autre part.

Si En Marche! a vocation à devenir la formation majoritaire soutenant le locataire de l'Elysée, elle aura besoin d'une véritable autonomie financière.

Ghislain de Violet