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Photo d'une ombre blanche dans la voiture du suspect: où en est l'enquête sur la disparition de Maëlys

Alors que les enquêteurs disposent d'une photo d'un individu au volant de la voiture du suspect, le soir de la disparition de Maëlys, accompagné d'une silhouette blanche de petite taille, toujours aucune trace de l'enfant. BFMTV.com fait le point sur l'enquête.

Toujours aucune trace de Maëlys, la fillette âgée de 9 ans qui a disparu le 27 août dernier lors d'une fête de mariage à Pont-de-Beauvoisin, en Isère. BFMTV a appris jeudi que les enquêteurs, qui poursuivent leurs investigations, disposaient d'une photo d'une caméra de surveillance montrant un individu au volant de la voiture du suspect, le soir de la disparition de l'enfant, accompagné d'une silhouette blanche de petite taille. 

Une photo mystérieuse

Les enquêteurs disposent d'une image de caméra de vidéo-surveillance montrant un individu non identifié au volant de la voiture du suspect, le soir de la disparition, accompagné d'une silhouette blanche de petite taille sur le siège passager, silhouette non identifiée pour l'heure. L'image a été prise à Pont-de-Beauvoisin aux alentours de 3 heures du matin, créneau horaire qui correspond à la disparition de la fillette, qui portait un vêtement blanc, et au départ définitif du suspect de la soirée.

Cependant, le cliché est de mauvaise qualité. Cette masse blanche ne permet pas de déterminer avec exactitude s'il s'agit d'une forme humaine sur le siège passager. Retravaillée, l'image permet de faire ressortir une silhouette de petite taille.

  • Mais les deux visages ne sont pas reconnaissables. Le suspect devrait être prochainement entendu à ce sujet. Lors des précédents interrogatoires, il n'a jamais déclaré qu'il avait quitté la fête accompagné. Les enquêteurs doivent également visionner les images de vidéosurveillance des caméras des commerces voisins.

Un suspect mis en examen

Un homme de 34 ans, ancien militaire et maître-chien, a été mis en examen pour "enlèvement et séquestration ou détention arbitraire de mineur de 15 ans" et placé en détention provisoire dès les premiers jours de l'affaire. Connu pour des infractions de droit commun, notamment liées aux stupéfiants, il réside à 5km de Pont-de-Beauvoisin. Invité en seconde partie de soirée au mariage, il a reconnu que la fillette était montée dans sa voiture en compagnie d'un autre enfant pour voir si des chiens étaient présents dans le coffre, mais nie l'avoir enlevée.

Plusieurs éléments sont troublants. D'abord, il s'est éclipsé environ une heure de la fête. D'après les justifications qu'il a fournies aux enquêteurs, il s'agissait pour lui de changer son short, tâché de vin. Mais ce vêtement est aujourd'hui introuvable. L'homme avait également des éraflures au bras et au genou, qu'il assure avoir été causées par du jardinage dans des framboisiers. Un détail supplémentaire, enfin, intrigue autour de cet intervalle durant lequel le suspect a quitté la soirée: il possède deux téléphones portables et l'un des deux a été coupé au moment où Maëlys a disparu.

Une trace ADN 

Une trace ADN de la fillette a été retrouvée sur le tableau de bord de la voiture du suspect. Le lendemain de la disparition de l'enfant, il a minutieusement nettoyé son véhicule pendant deux heures dans une station service. Ce qu'il a justifié par sa prochaine vente. Il a également utilisé un puissant produit pour le coffre, habituellement utilisé pour les jantes, qui a fait vomir le chien pisteur chargé de l'inspecter. Le suspect a notamment passé un spray détergent sur le siège avant passager et sur le tapis de sol. L'homme s'est justifié auprès des enquêteurs en assurant qu'il voulait "que la moquette, devenue marron à cause des chiens, redevienne grise". 

L'appel à la vérité des parents

Dans l'espoir de relancer l'enquête autour de la disparition de leur fille, les parents de Maëlys ont pris la parole à une unique reprise fin septembre lors d'une conférence de presse. Ils ont lancé un appel au suspect et lui ont demandé de "dire tout ce qu'il s'est passé cette nuit-là et de coopérer avec la justice". La mère de la fillette a aussi évoqué son "attitude étrange lors du mariage", qui les a "interpellés"

"Son comportement depuis le début de l'enquête ne nous convainc pas de sa bonne foi", a ajouté Jennifer de Araujo.

Une intuition motivée, semble-t-il, par la proximité de l'ex-militaire avec sa fille au cours de la soirée. Un peu plus tôt au cours de la soirée, l'enfant lui avait décrit cet homme comme son "copain" et l'avait présenté à un autre invité du mariage comme son "tonton".

"Cet homme aurait discuté avec la petite Maëlys, montrant à la fillette et à sa mère des photos de ses chiens sur son téléphone. La maman est ensuite partie, laissant la conversation entre Maëlys et cet invité se poursuivre quelques minutes", avait détaillé l'avocat des parents.

  • Des recherches infructueuses

Selon Le Dauphiné libéré, de nouvelles investigations spécifiques sont menées ce vendredi au lac d'Aiguebelette avec une équipe cynophile spécialisée dans la recherche de restes humains. De nombreuses fouilles, battues et recherches ont été menées par les gendarmes depuis fin août. Les rivières et points d'eau ont été sondés, comme le lac d'Aiguebelette, en Savoie, à plusieurs reprises, proche du domicile du suspect où ce dernier avait l'habitude de promener ses chiens. Sa famille y est par ailleurs propriétaire d'un cabanon et d'un bateau. Des perquisitions ont également été menées, dont au pavillon des parents du suspect où il réside. Sans succès.

Céline Hussonnois-Alaya