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Chaos à l'UMP : Fillon renonce à la présidence et réclame une médiation

Jean-François Copé, Alain Juppé, et François Fillon

Jean-François Copé, Alain Juppé, et François Fillon - -

L'ancien Premier ministre, qui conteste l'élection du président de l'UMP, réclame la création d'une équipe pour proposer une sortie de crise au sein du parti d'opposition.

L'UMP était au bord l'implosion mercredi : François Fillon, qui semblait avoir accepté sa défaite pour la présidence de l'UMP face à Jean-François Copé, a de nouveau contesté les résultats et demandé qu'Alain Juppé prenne la direction transitoire du mouvement pour "sortir de l'impasse".

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À la veille d'une audience devant un juge de l'ancien patron de l'UMP et ex-chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, dans le cadre de l'affaire Bettencourt, le parti qu'il présidait est de nouveau plongé dans la tourmente par un énième rebondissement dans le feuilleton débuté dimanche soir après le vote des adhérents. Et plus que jamais, l'UMP est apparue coupée en deux, au bord de l'implosion.

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"Il faut que chacun comprenne bien que j'irai jusqu'au bout [...] Si personne n'écoute ce que je demande, si on ne met pas en place une équipe provisoire pour diriger l'UMP" et dirigée par Alain Juppé, "alors, oui, je déposerai un recours devant la justice", a menacé François Fillon au journal télévisé de TF1.

Une "extrémité" que ne peut "pas imaginer" Jean-François Copé, invité au même moment par France 2.

Une erreur "grave"

Selon le camp Fillon, c'est la non prise en compte de trois départements et territoires d'outre-mer (Nouvelle-Calédonie, Mayotte, Wallis-et-Futuna) dans les résultats proclamés lundi soir qui change le visage de l'élection.

"Leur réintégration conduit donc à ce résultat : François Fillon, 88.004 voix. Et Jean-François Copé, 87.978", a annoncé à l'Assemblée le directeur de campagne de François Fillon, Eric Ciotti, flanqué de deux autres lieutenants de l'ex-Premier ministre, Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse.

"Il s'agit d'une erreur manifeste et grave", a asséné M. Ciotti, document à l'appui. "Elle doit évidemment être réparée. Nous demandons donc à la Cocoe", la commission de contrôle de l'UMP, "que les résultats soient simplement rétablis", a-t-il ajouté.

Juppé joker de luxe

Quelques minutes plus tard, dans un communiqué, François Fillon a affirmé que le président de la Cocoe, le sénateur Patrice Gélard, lui avait "confirmé" cette "erreur". Du coup, il a assuré ne vouloir que "la vérité". Sur TF1, il a ajouté qu'il "renonçait à la présidence" du parti. L'appel à Alain Juppé a été réitéré en fin d'après-midi par quelque 134 parlementaires et ex-ministres UMP pro-Fillon.

"L'initiative de François Fillon de faire appel à Alain Juppé est dans l'intérêt de tous", a renchéri François Baroin.

>> Juppé, joker de luxe ?

Alain Juppé s'est dit "prêt" à "organiser une médiation", "mais à la condition absolue qu'elle se fasse avec l'accord et la collaboration des deux parties" et "cette condition n'est à l'évidence pas remplie aujourd'hui".

La Cocoe plus saisie

Le président de la Cocoe a opposé, auprès de l'AFP, une fin de non-recevoir à toute demande de proclamer de nouveaux résultats. "Je ne suis plus saisi. Dorénavant, toute contestation doit être adressée, le cas échéant, à la commission des recours", distincte de la Cocoe, a expliqué Patrice Gélard. Selon lui, c'est le camp Fillon "qui déclare que ça inverse les résultats".

Quant à Jean-François Copé, il a mis au défi François Fillon d'intenter un recours en bonne et due forme devant la commission des recours de l'UMP, en le prévenant qu'"alors seront réexaminés la totalité des bureaux". Notamment ceux des Alpes-Maritimes, fief des fillonistes Christian Estrosi et Eric Ciotti, où le camp Copé avait dit avoir relevé des irrégularités.

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"Je redis à François Fillon ma disponibilité totale pour le voir, parce qu'en vérité, le problème il n'est pas juridique, il est politique [...] J'appelle François Fillon et ceux qui le conseillent, surtout ceux qui le conseillent, à retrouver le sens des responsabilités et de l'intérêt général", a insisté Jean-François Copé.

"Je souhaite que l'on sorte de ce psychodrame le plus vite possible [...] Un président [Jean-François Copé] a été proclamé, je souhaite qu'on se rassemble derrière lui", a réagi pour sa part Bruno Le Maire, qui n'avait pris parti pour aucun des duellistes durant la campagne.

Défaillances

La nouvelle offensive de François Fillon intervient alors que ce dernier semblait s'être résolu à accepter le verdict du scrutin.

"J'ai pris acte du résultat. L'unité de l'UMP m'est apparue plus importante que les critiques qui entourent l'organisation d'un scrutin qui a révélé ses défaillances", écrivait-il mardi soir dans une lettre aux militants.

Selon Eric Ciotti, c'est justement mardi soir que l'équipe Fillon se serait aperçu de l'erreur.

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"C'est un spectacle terrible pour les militants", s'est désolé auprès de l'AFP un député UMP, qui avait soutenu François Fillon. "Les deux sont démonétisés. Ce ne sont pas des hommes d'Etat", a-t-il ajouté, amer.

|||L'ESSENTIEL

• Le camp Fillon a réclamé l'inversion des résultats de la présidence de l'UMP, assurant que trois fédérations d'Outre-mer ont été oubliées dans le décompte des voix.

• Le président de l'UMP Jean-François Copé a opposé une fin de non-recevoir aux partisans de l'ancien Premier ministre.

• François Fillon a demandé au président fondateur de l'UMP Alain Juppé "d'assurer de façon transitoire" la direction du parti.

T.B. avec AFP