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Tuerie de Bruxelles: Nemmouche ne serait pas opposé à une extradition vers la Belgique

Mehdi Nemmouche, suspecté d'être l'auteur de la tuerie de Bruxelles.

Mehdi Nemmouche, suspecté d'être l'auteur de la tuerie de Bruxelles. - -

Arrêté vendredi à Marseille, Mehdi Nemmouche, 29 ans, est soupçonné d'être l'auteur de la fusillade devant le musée juif de Bruxelles qui a fait trois morts et un blessé grave. Il entame son troisième jour de garde à vue dans les locaux de la DGSI.

Mehdi Nemmouche va-t-il parler aux enquêteurs, ce lundi? Toujours en garde à vue dans les locaux de la DGSI, à Levallois, dans les Hauts-de-Seine, ce Français originaire de Roubaix et suspecté d'être l'auteur de la tuerie du musée juif de Bruxelles qui a fait trois morts et un blessé grave, s'est montré pour l'heure peu bavard.

Interpellé vendredi à la mi-journée à la gare routière Saint-Charles, à Marseille, le jeune homme de 29 ans, qui présente le profil d'un jihadiste et a passé plus d'un an en Syrie dans les rangs de groupes combattants islamistes, s'est radicalisé en prison, où il a séjourné à sept reprises, entre 2004 et 2012. Dimanche, des perquisitions ont été menées aux domiciles de deux de ses proches. Retrouvez dans ce direct les dernières avancées de l'enquête.

Ce direct est maintenant terminé.

18h - Le mandat d'arrêt européen délivré par la justice belge notifié mardi à l'intéressé par le parquet général de la cour d'appel de Paris. Un magistrat statuera ensuite sur son placement en détention, sous écrou extraditionnel, lequel ne fait guère de doute.

17h15 - Nemmouche ne s'opposera pas "en principe" à son extradition vers la Belgique, assure son avocat Maître Apolin Pepiezep. "Je viens d'en parler avec lui. En principe, il ne s'y oppose pas. Je ne peux pas trop m'avancer, il peut changer d'avis", déclare-t-il prudent, ajoutant que son client continue d'invoquer son droit au silence en garde à vue, refusant de s'exprimer sur les faits.

16h55 - Religion en prison: que dit la loi? Pointé du doigt dans l'affaire Mehdi Nemmouche, l'univers carcéral concentre les critiques et se voit accusé d'être devenu un lieu de radicalisation des détenus. En effet, selon le procureur de Paris, c'est en prison que le suspect de la fusillade de Bruxelles s'illustre par "son prosélytisme extrémiste" et son "radicalisme religieux". Comment le culte est-il encadré en prison? Eléments de réponse ici.

16h15 - Dans une lettre datant de 2011, Nemmouche réclame des textes sur l'islam. Alors qu'il était détenu, le suspect de la tuerie de Bruxelles demande à l'association Sanabil de lui communiquer des documents sur diverses questions religieuses. "J'insiste bien sur le fait que je ne suis pas du tout intéressé par un soutien financier, mais exclusivement par des textes religieux", explique-t-il dans ce courrier dont le président de l'association a confirmé l'authenticité.

15h45 - Le Congrès juif mondial réclame un sursaut sécuritaire européen. Le président du Congrès juif mondial (CJM), Ronald Lauder, réclame un sursaut sécuritaire "au niveau européen" contre le radicalisme islamiste. Le responsable américain met en avant le fait que l'auteur présumé de la tuerie du Musée juif, Mehdi Nemmouche, a été "arrêté par hasard" à Marseille alors "qu'il figurait déjà sur une liste en Allemagne en tant que terroriste potentiel".

15h40 - Les voyages de Mehdi Nemmouche. Depuis sa sortie de prison le 4 décembre 2012, Mehdi Nemmouche a parcouru plusieurs milliers de kilomètres et pas moins de dix pays différents. De France jusqu'en Syrie et enfin Bruxelles, BFMTV.com a retracé son parcours. A voir ici.

15h35 - En prison, Nemmouche rencontrait des problèmes disciplinaires. Détenu deux ans à Toulon, il y a été placé plus d'un an à l'isolement notamment en raison de son comportement prosélyte, raconte un de ses surveillants. Ce dernier décrit un homme pratiquant, ne réclamant la télévision qu'au moment de l'affaire Merah. L'homme a par exemple tenté plusieurs fois de revêtir, lors de la promenade, une djellaba, qu'il descendait cachée sous son bras. "Il essayait d'enrôler" des codétenus, ajoute le surveillant.

15h25 - "C'est une affaire compliquée", estime l'avocat de Nemmouche. "Au-delà du fait qu’on est avocat, quand on voit un film de votre client qui abat des gens. Enfin il est probable que ce soit votre client. On se demande pourquoi. Et pour l’instant mon client ne me permet pas de répondre à cette question", déclare Maître Apolin Pepiezep, sur BFMTV, au sujet de Mehdi Nemmouche, en garde à vue depuis trois jours, et qui refuse de parler. "J’espère que moi ou son prochain conseiller pourra trouver une réponse à cette question", ajoute-t-il.

15h15 - Des membres de la famille Nemmouche entendus à Tourcoing. Selon nos informations, l'oncle de Mehdi Nemmouche a été entendu ce matin à Tourcoing, où sa grand-mère sera également interrogée dans l'après-midi.

14h45 - "La radicalisation islamiste n'est pas propre aux prisons". Interrogé sur BFMTV, l'aumônier Foudil Benabadji s'est exprimé au sujet de la radicalisation islamiste dans les prisons. "Ça fait une trentaine d'années que je suis aumônier des prisons, je n'ai pas connu personnellement de personnes qui se soient radicalisées là-bas. Ce prosélytisme vous l'avez dans les quartiers", affirme-t-il.

13h05 - Y a-t-il eu des failles de surveillance dans le cas Nemmouche? Pour l'ancien responsable de la lutte antiterroriste à la DST, Louis Caprioli, interrogé par BFMTV.com, la faille est aussi à chercher du côté de l'Allemagne, où le jeune homme est passé, mais où les autorités l'ont contrôlé sans le mettre sous surveillance.

A lire: "Nemmouche a eu une démarche beaucoup plus professionnelle que Merah"

12h58 - Les aumôniers musulmans en sous-effectif. "Cela fait trente ans que je suis aumônier des prisons, je n'ai pas connu personnellement de cas de radicalisation", témoigne sur BFMTV, Foudil Benabadji, aumônier musulman de la maison d'arrêt de Chambéry. "Nous, l'ensemble des aumôniers musulmans, sommes en petit effectif, nous sommes actuellement 155 contre 900 aumôniers catholiques. Il y a un déficit grave".

12h15 - La communauté musulmane inquiète. Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a souligné, ce lundi, que "la gravité récurrente des actes jihadistes à caractère antisémite" inquiète la communauté musulmane, "impuissante devant la recrudescence des jeunes jihadistes recrutés en prison".

11h38 - Une des quatre interpellations a eu lieu à Marseille. Selon le quotidien régional La Provence, une des quatre arrestations liées aux filières jihadistes, survenues ce lundi matin, a eu lieu à Marseille. Il s'agirait d'un jeune homme de 19 ans.

11h15 - "Il va être remplacé par des centaines d'autres combattants". Confiant sa "grande anxiété" au lendemain de l'annonce de l'arrestation du suspect, Philippe Blondin, le président du musée juif de Bruxelles, où a eu lieu la tuerie, a expliqué, au micro de BFMTV: "nous sommes inquiets parce que cet homme va devenir un héros dans les yeux du groupe auquel il appartient, il va être remplacé par des centaines d'autres combattants qui ont la même idéologie que lui et vont continuer leur action.

10h10 - "La lutte contre le terrorisme passe par Internet". Pour Patrick Klugman, l'avocat des familles de victimes de Mohamed Merah, la lutte contre le terrorisme "passe par un endroit bien précis: Internet". "Les jihadistes passent par la technologie la plus absolue pour recruter, à savoir Facebook et d'autres réseaux sociaux".

9h55 - Un processus différent de celui de Merah. Reconnaissant, sur BFMTV, que "l'histoire se répète", Patrick Klugman, l'avocat des familles de victimes de Mohamed Merah, a toutefois souligné que le processus est plus "quantitatif". "Aujourd'hui, il y a des filières qui envoient des jeunes de nos quartiers vers la Syrie, où ils se forment, apparemment, dans le but de commettre des attentats", a-t-il détaillé. "Ce que Mohamed Merah a fait sur un mode beaucoup plus 'personnel', est en train de s'accroître parce qu'il y a des centaines de jeunes qui partent ou cherchent à partir en Syrie pour recevoir une formation. Ce théâtre là n'existait pas pour Mohamed Merah, qui avait fait un chemin beaucoup plus personnel".

9h15 - Pour Le Pen, le gouvernement est "incapable de protéger les Français". La présidente du Front national, Marine Le Pen, a accusé le gouvernement de "naïveté stupéfiante" et l'a jugé "incapable de protéger les Français", après l'arrestation de Mehdi Nemmouche. "Est-ce que, sérieusement, ce gouvernement a pris la mesure du danger auquel nous sommes confrontés, étant entendu qu'il y a, nous dit-on, près de 1.000 Français en Syrie? Combien sont revenus, combien sont prêts à passer à l'acte?", a-t-elle interrogé, sur France Info.

9h05 - La prison, théâtre de la "désinsertion". "La prison est un lieu dans lequel on travaille, en principe, à la réinsertion, mais les phénomènes qui se produisent sont des phénomènes de désinsertion", a estimé le politologue et spécialiste de l'islam Gilles Kepel, au micro de BFMTV. "La prison est devenue l'incubateur principal de ce genre de chose. Il y a des jeunes qui sont perdus, qui sont passés par la délinquance, et des prédicateurs radicaux, ou des détenus qui sont dans cet esprit qui leur disent: 'si tu es là, ce n'est pas ta faute, c'est de la faute de la société des impies'", a détaillé l'expert.

A lire: "Tuerie de Bruxelles: 'une ressemblance très frappante avec le profil de Merah'"

8h50 - "Il se focalisait sur sa religion". Interrogé par Europe 1, un surveillant de la maison d'arrêt de Toulon-La Farlède, où Mehdi Nemmouche a séjourné, a décrit un "détenu lambda", "très propre sur lui, rasé de près", au moment de son arrivée à la prison. "Au fur et à mesure de son avancée dans sa peine, il a laissé pousser la barbe et a commencé à porter la djellaba", a-t-il expliqué. "Il se focalisait sur la religion, il était dans sa bulle. On a eu affaire à lui deux ou trois fois concernant les appels à la prière collective qu'il a pu lancer depuis sa cellule en direction de la promenade", a poursuivi ce surveillant pénitentiaire.

8h40 - Info BFMTV: trois des quatre arrestations liées aux filières jihadistes ont eu lieu en Ile-de-France, dans trois départements différents. La quatrième a eu lieu dans un département du Sud de la France.

8h30 - Près de 80 nationalités dans les rangs de l'EIIL. Lors de son séjour d'un an en Syrie, Mehdi Nemmouche aurait rejoint les rangs de groupes combattants, notamment l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). "C'est un groupe qui revendique près de 80 nationalités différentes dans ses rangs", a expliqué sur BFMTV David Thomson, journaliste et auteur du livre Les Français jihadistes (éditions Les Arènes). "La question est de savoir si ce groupe va ou non revendiquer ce qui s'est passé à Bruxelles. Jusqu'à maintenant, c'était un groupe qui avait une stratégie purement régionale, en Irak et en Syrie. S'il revendique, cela veut dire que la France et l'Occident deviennent des cibles".

8h25 - Quatre arrestations liées aux filières jihadistes. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, a annoncé sur Europe 1 que quatre personnes liées aux filières jihadistes ont été arrêtées ce lundi matin, en région parisienne et dans le Sud de la France. "La traque obtient des résultats. Elle s'accomplira sans trêve ni pause", a par ailleurs indiqué Bernard Cazeneuve.

8h10 - Les prisons, véritables "centres de radicalisation". Pour l'ancien juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, interrogé par Europe 1, il y un "vrai problème" avec les prisons, qui n'est "pas nouveau, ni en France, ni ailleurs". "C'est un problème connu et extrêmement difficile à gérer. La seule solution, c'est isoler les individus pour éviter des phénomènes de radicalisation: on parle beaucoup d’Internet mais les prisons en France et ailleurs constituent un centre de radicalisation", a-t-il fait valoir. Et d'expliquer: "Dans les prisons, vous avez des individus en difficultés psychologiques, en faiblesse, qui sont des droits communs, qui pourront être recrutés assez aisément car les recruteurs leur disent qu'ils vont donner un sens à leur vie".

7h50 - "Un sentiment de gâchis". L'ancienne avocate de Mehdi Nemmouche, Soulifa Badaoui, s'est dite, sur BFMTV, ce lundi, "choquée" des faits qui "seraient reprochés" à son ancien client. "J'ai le sentiment d'un énorme gâchis quand on connait la personnalité de Mehdi Nemmouch", a-t-elle ajouté. "C'était un jeune homme qui voulait s'en sortir dans la vie, qui était encore scolarisé lorsqu'il avait été interpellé par les forces de l'ordre, qui s'était spontanément rendu au commissariat lorsqu'il avait appris qu'il était recherché par la police à l'époque pour des faits de braquage. Un jeune homme qui répondait de ses actes et qui était en contact avec notre société".

7h45 - Les prisons françaises, lieux de radicalisation? Mehdi Nemmouche n'est pas un cas isolé: beaucoup de détenus se tournent vers une pratique radicale de l'islam en prison, où ils sont influencés par des meneurs extrémistes.

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7h20 - Radicalisé en prison. Lors de sa dernière période de détention, Mehdi Nemmouche a montré des signes de radicalisation. Selon le procureur, il s'illustrait par son "prosélytisme extrémiste", fréquentait un groupe de détenus islamistes radicaux et appelait à la prière collective lors des promenades.

7h - "L'inquiétude" à la une de la presse. Les journaux nationaux et régionaux titrent ce lundi matin sur l'arrestation de Mehdi Nemmouche et les questions qu'elle suscite. Pour les éditorialistes, qui avouent leur "profonde inquiétude" pour l'avenir, face à la "menace jihadiste en Europe", "la France est devenue un vivier de jihadistes", comme l'écrit Raymond Couraud dans l'Alsace. "Dans les années à venir, il y aura d'autres Mohamed Merah, d'autres Mehdi Nemmouche", appuie Philippe Marcacci dans l'Est républicain.

6h45 - Un délinquant multirécidiviste. Condamné à sept reprises pour des faits de délinquance, dans laquelle il a plongé dès l'adolescence, Mehdi Nemmouche a fait cinq séjours en prison, entre 2004 et 2012. Sa dernière période de détention prend fin le 4 décembre 2012. Trois semaines après sa libération, il part pour la Syrie, où il passe plus d'une année.

6h40 - Un "loup solitaire". Selon les mots du procureur de la République de Paris, François Molins, Mehdi Nemmouche est un "loup solitaire", dont le profil ressemble à celui de l'auteur des tueries de Toulouse et Montauban en 2012, Mohamed Merah. "On peut effectivement faire un parallèle dans la mesure où c'est ce qu'on a pu appeler à une certaine époque 'le loup solitaire', celui qui été aguerri, a participé à des combats, et qui a appris le maniement d'armes", a ainsi déclaré le procureur en marge d'une conférence de presse, dimanche.

6h35 - Une vidéo de revendication. Le procureur de la République François Molins a indiqué, dimanche, qu'une vidéo saisie dans l'appareil photo de Mehdi Nemmouche montre une Kalachnikov et un pistolet semblables à ceux ayant servi à la fusillade dans la capitale belge et qu'une voix qui "ressemble" à celle du suspect, y évoque l'attaque du 24 mai.

6h30 - Perquisitions chez des proches. Des perquisitions ont eu lieu dimanche en fin d'après-midi à Tourcoing, dans le Nord, chez deux proches de Mehdi Nemmouche, sa grand-mère et une de ses tantes, qui a été entendue par la police.

6h25 - Qui est Mehdi Nemmouche? De son adolescence marquée par la petite délinquance à son séjour en Syrie, BFMTV.com fait le point sur ce que l'on sait du suspect dans l'affaire de la tuerie au musée juif de Bruxelles, arrêté vendredi à Marseille en possession de plusieurs armes, dont deux du même modèle que celles qui auraient servi lors de la fusillade à Bruxelles.

|||>> L'ESSENTIEL

• L'auteur présumé de la tuerie au musée juif de Bruxelles a été arrêté vendredi, à Marseille

• Une vidéo de revendication a été retrouvée dans son appareil photo

• Âgé de 29 ans, il a effectué un séjour de plus d'un an en Syrie et se serait radicalisé en prison

dossier :

Mehdi Nemmouche

Adrienne Sigel et Mélanie Godey