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Magnanville: policier, une profession explicitement visée par Daesh

Des militaires patrouillent devant la Tour Eiffel.

Des militaires patrouillent devant la Tour Eiffel. - AFP

Depuis l'affaire Merah en 2012, sept policiers ou militaires ont perdu la vie sous les coups de terroristes.

Les victimes: un couple de policiers. Après le nouvel acte terroriste qui a frappé la France lundi soir, difficile de ne penser que les deux victimes, tuées par un homme déjà condamné pour sa participation à une filière jihadiste, ont été visées notamment en raison de leur profession. "Aujourd'hui, ce sont très clairement des policiers [qui sont] directement ciblés", estime Nicolas Comte, secrétaire général adjoint de l'Unité SPG Police FO. Invité du plateau de BFMTV, le syndicaliste a encore expliqué:

"Le ministre de l'Intérieur nous avait dit à l'issue de Charlie Hebdo que notre profession faisait partie des plus visées par les terroristes. On voit qu'aujourd'hui ça se concrétise. Il y avait eu des attaques de commissariat auparavant, il y a avait déjà eu des tentatives. mais là aujourd'hui c'est très particulier, c'est un couple de policiers, une famille de policiers [visée] à son domicile."

Depuis l'affaire Merah en 2012, sept policiers ou militaires ont perdu la vie sous les coups de terroristes, sans oublier les tentatives déjouées. Voici ces précédents: 

> 11 et 15 mars 2012: Mohamed Merah assassine trois militaires. C'était à Toulouse, puis à Montauban. Le tueur au scooter s'en était ensuite pris à une école juive, le 19 mars, tuant trois enfants et un enseignant. Il est tué le 22 mars par les policiers du Raid.

> 25 mai 2013: un militaire agressé à La Défense. Un jeune de 22 ans converti à l'Islam, Alexandre Dhaussy, agresse à coups de cutter un militaire en faction à La Défense, près de Paris. Arrêté quelques jours plus tard, il dit avoir agi au nom de son idéologie religieuse. Il a finalement été déclaré irresponsable par la justice en raison de troubles psychiatriques.

> 20 décembre 2014: agression à Joué-lès-Tours. Agé d'une vingtaine d'années, un homme agresse des policiers avec un couteau en criant "Allah Akbar" au commissariat de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), avant d'être tué.

> 7 et 8 janvier 2015: 3 policiers tués dans la série d'attentats. Dans la tuerie perpétrée par les frères Kouachi au siège de Charlie Hebdo, 12 personnes sont tuées, dont deux policiers: Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet. Au lendemain de cette attaque, une policière municipale, Clarissa Jean-Philippe, est tuée à Montrouge par Amedy Coulibaly, auteur ensuite de la prise d'otage à l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes qui fera 4 morts. 

> 3 février 2015: trois militaires agressés au couteau à Nice. Les militaires étaient en faction devant un centre communautaire juif quand ils sont agressés au couteau par Moussa Coulibaly, un homme originaire de Mantes-la-Jolie. En garde à vue, celui-ci exprime sa haine de la police, des militaires et des juifs.

> Octobre 2015: un projet d'attaque de la base navale de Toulon déjoué. Un homme est arrêté alors qu'il préparait une action violente contre la base militaire de Toulon. Sous le coup d'une interdiction administrative de sortie du territoire, il avait tenté de se rendre en Syrie à deux reprises. 

> 7 janvier 2016: attaque d'un commissariat à Paris. Muni d'un hachoir de boucher et d'un dispositif explosif qui se révélera factice, un homme tente d'attaquer le commissariat du 18e arrondissement de Paris avant d'être abattu par les policiers. Une revendication jihadiste est retrouvée sur lui. 

Pas impossible que le tueur et ses victimes se soient croisés

Puis, le 13 juin 2016, à Magnanville, près de Paris, c'est un double meurtre. L'assaillant, Larossi Abballa, s'est réclamé de Daesh et dans la foulée une agence proche de l'organisation jihadiste l'a qualifié de "combattant de l'EI". Or l'organisation terroriste, dans ces appels à la violence, incite régulièrement à viser les policiers ou les forces de l'ordre.

Pour autant le choix particulier des deux victimes de Magnanville peut également avoir un aspect plus personnel, et ce d'autant plus que le policier poignardé devant son domicile était en civil au moment de son agression. Il n'est pas impossible que le tueur et ses victimes se soient déjà croisés.

Originaire de Mantes-la-Jolie, Larossi Abballa vivait tout près du commissariat de la ville, là où travaillait la policière abattue et là où avait également été en poste son compagnon, commandant de police. Déjà condamné par la justice et connu des services de police, l'assaillant avait probablement fait plusieurs passages par ce commissariat.

Ma. G.