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Militaire poignardé à la Défense: son agresseur déclaré irresponsable

Alexandre Dhaussy est poursuivi pour avoir poignardé un militaire à la Défense en 2013.

Alexandre Dhaussy est poursuivi pour avoir poignardé un militaire à la Défense en 2013. - Eric Feferberg - AFP

La justice a tranché jeudi: l'individu qui avait poignardé un militaire en 2013 au nom du jihad est déclaré irresponsable pénalement, en raison de son état psychiatrique.

Alexandre Dhaussy est-il un "fou de Dieu" ou simplement un "fou"? La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a penché jeudi pour la seconde hypothèse. Incarcéré depuis 2013, l'individu a été hospitalisé d'office dans une unité psychiatrique. Il ne sera pas jugé pour ses actes.

Une première pour un suspect mis en examen pour tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste. En septembre dernier, son avocat avait lui aussi plaidé l'irresponsabilité pénale de son client, arguant qu'il avait agi "au nom de la folie" et pas de Daesh.

Une lame plantée dans la nuque d'un soldat

Les faits remontent au 25 mai 2013. Il est 17 heures passées, Alexandre Dhaussy, barbe broussailleuse et chéchia blanche sur la tête, marche dans l'immense hall du RER à la Défense. Converti à un islam radical depuis l'âge de 17 ans, il est un jeune homme de 24 ans, désordonné, sans repère. Sa famille, catholique, ne comprend ni ne cautionne sa vision rigoriste de la vie.

Ce jour-là, il croise trois militaires en mission de surveillance, qui avancent en triangle. Alexandre Dhaussy s'agenouille dans un coin pour faire une prière, puis se faufile vers les soldats. Il brandit alors un couteau et plante la lame avec violence dans la nuque de l'un des militaires. Cédric Cordiez s'effondre.

"Attitude paranoïaque", "état dépressif grave"

Quatre jours plus tard, le jeune fanatique est interpellé. Sa victime lui a survécu. En garde à vue, Alexandre Dhaussy reconnaît immédiatement les faits, sans remords, et explique aux enquêteurs interloqués avoir agi "à la demande de Dieu", pour combattre "les mécréants".

"J'ai reconsulté Dieu pour être sûr que ce soit une bonne action, car je n'étais pas sûr que ce le soit", raconte-t-il, justifiant ainsi sa prière avant le passage à l'acte.

Mis en examen pour tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, Alexandre Dhaussy intrigue rapidement la justice, qui décide de diligenter une expertise psychologique. "Attitude paranoïaque", "état dépressif grave", "distanciation avec le réel", "personnalité de structure psychotique": le premier rapport détecte déjà des troubles mentaux. 

Les experts psychiatres pas d'accord entre eux

Le 24 septembre dernier, trois autres experts-psychiatres se sont succédé à la barre, devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris. Deux d'entre eux ont conclu à l'abolition du discernement et à une "psychose schizophrénique", excluant de fait toute responsabilité pénale - et donc un éventuel procès aux assises -. "Les psychotiques se saisissent de l'air du temps pour alimenter leurs délires mystiques", a avancé l'un des experts.

Une troisième experte, elle, a nuancé les propos de ses confrères, parlant d'une simple "altération" du discernement, ce qui signifierait qu'Alexandre Dhaussy restait punissable pour ses actes aux yeux de la justice. 

Alexandra Gonzalez