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Mohamed Merah: de nouveaux liens avec Al-Qaïda révélés

Mohamed Merah, dans une photo non datée.

Mohamed Merah, dans une photo non datée. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Des juges français ont recueilli le témoignage d'un homme de 26 ans, condamné pour terrorisme, et qui fait état de liens étroits entre un lieutenant d'Oussama Ben Laden et le "tueur au scooter".

C'est une nouvelle facette de la personnalité de Mohamed Merah que les juges antiterroristes en charge de l'enquête viennent de découvrir, grâce à un témoignage inédit. Le jeune "tueur au scooter" semble véritablement avoir entretenu des liens étroits avec Al-Qaïda. Plus précisément avec l'un des proches lieutenants d'Oussama Ben Laden, Moez Garsallaoui, révèle Le Parisien.

Retour sur les faits. En décembre dernier, des juges parisiens font une demande d'entraide judiciaire au Kazakhstan, où est emprisonné une ancienne recrue de Moez Garsallaoui pour le compte d'Al-Qaïda. Ils veulent interroger cet homme de 26 ans au sujet d'un apprenti-jihadiste français, qu'il serait susceptible de connaître.

Le Parisien raconte que vers la fin de l'audition, les policiers lui présentent une série de photos, parmi lesquelles se trouve l'apprenti-jihadiste en question. A tout hasard, les magistrats pensent à ajouter au lot une photo de Mohamed Merah... Une idée payante.

Un "pacte" secret entre les deux hommes

A la vue du cliché du tueur au scooter, le jeune Kazakh réagit immédiatement. "Moez m'a dit qu'il s'appellait Muhammed Mira (sic). [...] Pendant un temps, il a vécu avec Moez à Miranshah", un camp d'Al-Qaïda situé dans une zone tribale dangereuse, au nord-ouest du Pakistan. Une information qui confirme les dires de Merah en personne, qui assurait aux enquêteurs avoir passé une douzaine de jours dans ce camp d'entraînement.

Le Kazakh va plus loin dans ses explications: selon lui, il y aurait eu un pacte entre le jeune Toulousain et le lieutenant de Ben Laden. Si Merah entreprenait des actions, Moez les revendiquerait comme émanant d'Al-Qaïda. Une affirmation qui vient corroborer l'idée que le jeune homme, qui maîtrisait pourtant très mal l'arabe, aurait véritablement réussi à approcher les proches de Ben Laden et à gagner leur soutien.

Mais a priori, il sera impossible d'en savoir plus auprès des deux intéressés: tous deux sont morts. Moez Garsallaoui, cible régulière de tirs de drones américains, aurait été abattu lors d'un raid au-dessus de la région du Pakistan où il vivait, en octobre 2012. Son corps n'a cependant jamais été retrouvé.

A. G.