BFMTV

Policiers attaqués à Joué-lès-Tours: la piste terroriste envisagée

Un homme a été abattu après avoir agressé trois policiers à Joué-lès-Tours.

Un homme a été abattu après avoir agressé trois policiers à Joué-lès-Tours. - BFMTV

Un homme a agressé des policiers avec un couteau au commissariat de Joué-lès-Tours en Indre-et-Loire, avant d'être abattu. Le parquet antiterroriste s'est aussitôt saisi de l'enquête qui s'oriente vers l'"islamisme radical".

Un homme a été tué ce samedi au commissariat de Joué-lès-Tours, en Indre-et-Loire. Vers 14 heures, il s'est présenté au commissariat où il est arrivé particulièrement énervé. Trois policiers tentent alors de le calmer mais l'homme sort un couteau et s'attaque à un premier policier qu'il blesse au niveau de la joue et de l'oreille, sans toucher la carotide. Il donne un autre coup de couteau aux deux autres agents en service. Une jeune policière sort alors son arme et tire à deux reprises sur l'homme, qui meurt sur le coup.

L'agresseur, un Français né au Burundi en 1994, était connu des services de police pour des faits de droit commun, mais n'était pas fiché par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). En revanche, son frère est connu des services pour ses positions radicales et a un temps envisagé de partir en Syrie avant de renoncer.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui s'est rendu sur place, a salué "le sang-froid et le professionnalisme des policiers présents" mais est resté très prudent sur la suite de l'enquête comme sur le profil de l'agresseur. Le Premier ministre Manuel Valls a lui promis la "sévérité de l'Etat" pour ceux qui agressent des policiers.

L'homme aurait crié "Allahou Akbkar"

L'enquête s'oriente vers une attaque contre les forces de l'ordre "motivée par l'islamisme radical", affirme une source proche du dossier. "Un individu qui attaque un commissariat, qui attaque Monsieur x ou y mais qui attaque manifestement un service de police en criant 'Allahou Akbar', il y a de quoi se poser la question de savoir s’il a agi seul ou sur ordre", a expliqué le procureur de la République Jean-Luc Beck. Le domicile de la soeur de l'agresseur a été perquisitionné par les enquêteurs.

Le mode opératoire s'apparente à celui préconisé par le groupe islamiste Daesh dans des vidéos de propagande. "Cette menace existe on le savait, explique Jean-Charles Brisard, spécialiste du terrorisme sur BFMTV. Cela rappelle aussi l'agression d'un militaire à La Défense en 2013".

Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête, ouverte pour des chefs de tentative d'assassinat et d'association de malfaiteurs, le tout en lien avec une entreprise terroriste. Elle a été confiée à la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire, à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et à la direction interrégionale de la PJ d'Orléans.

Le Front national a de nouveau réclamé la dissolution de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF).

"Un homme très déterminé"

"Pour faire face à la menace, un policier a été obligé d'ouvrir le feu, et devant la virulence de l'agresseur, un deuxième policier a également ouvert le feu", souligne Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l'Intérieur sur BFMTV. "Une enquête devra déterminer quelles sont les motivations précises de l'agresseur, puisque pour l'instant, on ne le sait pas". 

"L'homme était très déterminé puisqu'il a poignardé plusieurs fonctionnaires de police au visage et au niveau de l'oreille. Il n'y avait pas d'autre choix que d'ouvrir le feu, abonde Nicolas Comte, secrétaire général SGP Police, sur BFMTV. L'homme était aussi très agité, on a évité le pire". 

Les trois policiers ont été transportés a l'hôpital. L'un d'eux est grièvement blessé mais son pronostic vital n'est pas engagé. Le procureur, le préfet et la Direction départementale de la sécurité publique sont déjà sur place.

A. Dt. et S.A.