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Affaire Fillon: "le débat démocratique est confisqué par ces soubresauts judiciaires", selon Royal

Ségolène Royal a regretté que l'affaire François Fillon "occupe beaucoup de place". Invitée sur le plateau de Ruth Elkrief ce jeudi sur BFMTV, la ministre de l'Écologie n'a pas souhaité commenter les dernières annonces du parquet national financier (PNF), qui a ouvert une enquête préliminaire sur les soupçons d'emploi fictif de Penelope Fillon, selon lesquelles il n'envisage pas de classement sans suite "en l'état".

"Le débat est un peu confisqué par ces soubresauts judiciaires dont il faudrait sortir rapidement pour en revenir au débat de fond", a estimé Ségolène Royal, ajoutant que le débat démocratique, à deux mois de l'élection présidentielle, était "étouffé".

"Vu de l'étranger, ce qui se passe en France étonne quand même beaucoup, parce que la France est un pays de référence pour la qualité du débat démocratique, pour la qualité des institutions démocratiques."

"La France mérite autre chose que l'extrême droite"

Interrogée sur le dernier sondage qui place Marine Le Pen en tête au premier tour, l'ancienne candidate à l'élection présidentielle a répondu: "Ce qui est clair, c'est que la dégradation du débat public, la dégradation des comportements publics qui sont révélés jour après jour profitent à la candidate". La ministre n'a pas souhaité évoquer "l'hypothèse" d'une victoire de la présidente du Front national.

"La France mérite autre chose que de basculer dans l'extrême droite, qui promet en plus la sortie de l'Europe, la sortie de l'euro et tous les malheurs qui vont avec."

"Je suis comme tous les électeurs, je regarde, j'écoute"

Questionnée sur sa préférence entre Emmanuel Macron, ancien ministre de l'Économie, et Benoît Hamon, le candidat socialiste, Ségolène Royal a simplement répondu:

"Je suis comme tous les électeurs, je regarde, j'écoute (...) il faut maintenant qu'ils déploient leur projet, leur programme, ce n'est pas encore le cas pour Emmanuel Macron mais je crois qu'il va le faire".

La ministre de l'Écologie est également revenue sur la phrase du candidat d'En marche, qui a qualifié lors d'un déplacement en Algérie la colonisation de crime contre l'humanité. "Quand il y a des polémiques sur une phrase ou sur une affirmation, il faut revenir au débat de fond. Je vous ai apporté une belle phrase d'Aimé Césaire", citant l'écrivain anticolonialiste. Ségolène Royal a estimé que le colonialisme n'était pas un crime contre l'humanité, "non (...) et en même temps (...) il aurait été insupportable de voir une loi reconnaissant les bienfaits de la colonisation".

Humiliation: "je n'aurais pas utilisé ce mot-là"

Interrogée sur une autre déclaration d'Emmanuel Macron, qui a évoqué l'humiliation des opposants à loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe, l'ancienne candidate à la présidentielle a assuré qu'elle n'aurait "pas utilisé ce mot-là".

"Il y a eu un débat démocratique, il y a eu un débat au Parlement, il y a eu des manifestations qui sont parfaitement respectables et légitimes, mais le sujet a été tranché. Et d'ailleurs aujourd'hui plus personne ne le conteste. Et même la droite parlementaire ne dit pas qu'elle reviendra sur le mariage pour tous."

À la fin de l'entretien, la ministre de l'Écologie a également annoncé une prime de 200 euros pour l'achat d'un vélo électrique.

Céline Hussonnois-Alaya