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En Algérie, Macron qualifie la colonisation de "crime contre l'humanité"

Sur une chaîne privée algérienne, Emmanuel Macron a assuré que "la France a installé les droits de l'Homme en Algérie et a simplement oublié de les lire".

Emmanuel Macron, dans une interview à la chaîne privée algérienne Echourouk News, a qualifié la colonisation de "crime contre l'humanité", suscitant la "honte" et l'indignation chez plusieurs élus de la droite et du Front national. "La France a installé les droits de l'Homme en Algérie, elle a simplement oublié de les lire", a-t-il lancé.

"C'est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face, en présentant nos excuses à l'égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes", a-t-il déclaré, tout en affirmant ne pas vouloir "balayer tout ce passé".

En octobre, Emmanuel Macron avait suscité la controverse en déclarant au Point: "Alors oui, en Algérie il y a eu la torture, mais aussi l'émergence d'un Etat, de richesses, de classes moyennes, c'est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie".

Indignation à droite

Sur BFMTV, Jean-Pierre Raffarin a dénoncé cette sortie d'Emmanuel Macron, en assurant que "ce n'est pas digne d'un chef d'Etat d'agiter des cicatrices qui sont encore très douloureuses". "Opposer les Français, ressortir ces histoires pour diviser, je vois bien les soucis électoraux qu'il y a derrière tout ça", a-t-il ajouté.

En meeting à Compiègne, François Fillon a lui jugé "indignes d'un candidat à la présidence de la République" les propos tenus par Emmanuel Macron.

Sur son compte Twitter, le maire de Tourcoing Gérald Darmanin considère lui que l'ancien ministre de l'Economie "insulte la France à l'étranger" et se fait l'auteur de "crachats inacceptables sur la tombe des des français tirailleurs, supplétifs, harkis morts pour une France qu'ils aimaient". 

Posture au FN

La députée FN du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen a elle fustigé la posture d'Emmanuel Macron, devenu "le candidat de la repentance"."Non content de vouloir la dissoudre dans le grand bain mondialiste, Macron dénigre la France à l'étranger. Et il aspire à la présider ?", a réagi le sénateur frontiste David Rachline.

Quant au trésorier du FN Wallerand de Saint Just, il a accusé Emmanuel Macron de "tirer dans le dos de la France" depuis l'Algérie, ancienne colonie et même département français devenue indépendante en 1962.

F. H. avec AFP