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Assistants parlementaires: Marine Le Pen a pris rendez-vous avec les juges

Marine Le Pen et Florian Philippot, le 9 décembre 2016, à Paris

Marine Le Pen et Florian Philippot, le 9 décembre 2016, à Paris - Martin Bureau-AFP

Marine Le Pen, qui avait refusé de se rendre à la convocation des juges dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés FN, a pris rendez-vous avec la justice.

Marine Le Pen, présidente du FN, a affirmé ce jeudi à l'AFP avoir pris rendez-vous, à une date qu'elle n'a pas souhaité communiquer, avec les juges qui veulent l'entendre dans l'enquête sur les assistants parlementaires d'eurodéputés FN. Le rendez-vous a été fixé la semaine prochaine, selon nos informations.

Le 10 mars dernier, Marine Le Pen, arguant de son immunité d'eurodéputée, avait refusé de se rendre à une convocation en vue de sa possible mise en examen pour abus de confiance au sujet des salaires versés à sa cheffe de cabinet au FN, Catherine Griset, elle-même mise en examen pour recel. Le siège du Front national à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, avait été perquisitionné.

Le Parlement européen, qui s'est constitué partie civile, avait saisi la justice française sur les cas d'assistants d'eurodéputés frontistes. En cause, leur présence à des postes figurant dans le dernier organigramme du parti en France, qui peut faire douter de leur emploi effectif à l'assemblée siégeant à Strasbourg.

17 élus européens visés par l'enquête

À la suite d'une dénonciation de Sophie Montel, eurodéputée FN, le parquet de Paris a par ailleurs ouvert en mars une enquête préliminaire pour "abus de confiance", visant 19 eurodéputés de tous bords, dont deux du MoDem. 

Depuis, le parquet a lancé le 9 juin une enquête pour "abus de confiance et recel de ce délit" consacrée uniquement au MoDem, qui avait envoyé six élus au Parlement de Strasbourg entre 2009-2014. Ce dossier a poussé hors du gouvernement trois ministres de la formation centriste, François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard.

La présidente du FN, qui vient de perdre automatiquement son siège d'eurodéputée après son élection à l'Assemblée nationale, fait partie des 17 élus européens, dont son père Jean-Marie Le Pen et son compagnon Louis Aliot, à être visés par l'enquête en France, ouverte en 2015, qui porte sur une quarantaine d'assistants.

Louis Aliot a refusé de se rendre à la convocation

Selon nos informations, le vice-président du Front national et député des Pyrénées-Orientales, Louis Aliot, a refusé de se rendre à la convocation de la police prévue ce jeudi dans le cadre de cette même enquête. Le compagnon de Marine Le Pen, élu dimanche député dans les Pyrénées-Orientales lors du second tour des législatives, devait être entendu par l'office anticorruption à Nanterre.

Le Parlement européen estime désormais son préjudice potentiel à cinq millions d'euros, pour la période du 1er avril 2012 au 1er avril 2017. Une précédente estimation en septembre 2015 évaluait ce préjudice potentiel à 1,9 million d'euros. Les services du Parlement s'appuient sur l'enquête en cours et les rapports du gendarme antifraude de l'UE, l'Olaf.

Marine Le Pen, élue dimanche députée du Pas-de-Calais, et Louis Aliot jouissent d'une immunité pour la durée de la session de l'Assemblée nationale et ne peuvent être contraints à se rendre à une audition dans ce dossier.

C.H.A. avec AFP