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Assistants parlementaires: Marine Le Pen obligée de rembourser le Parlement européen

Marine Le Pen au Parlement européen, le 7 juillet 2015.

Marine Le Pen au Parlement européen, le 7 juillet 2015. - Patrick Hertzog - AFP

Le Parlement européen réclame au total près de 340.000 euros à Marine Le Pen. La présidente du Front national est accusée d'avoir fait passer deux personnes travaillant pour le parti pour des assistants parlementaires. Elle n'a plus que quelques jours pour rembourser la première somme, de 298.000 euros.

François Fillon n'est pas le seul à être empêtré dans une affaire d'emplois fictifs présumés. Dans le cadre de son mandat de députée européenne, Marine Le Pen est accusée depuis plusieurs mois par le Parlement européen d'avoir versé un salaire d'assistant parlementaire à deux personnes qui ont en réalité travaillé pour le parti et qui sont soupçonnées de n'avoir jamais mis les pays à Bruxelles ou Strasbourg.

Comme l'ont révélé cette semaine Challenges puis l'AFP, le Parlement a envoyé deux lettres de recouvrement à la présidente du Front national, la sommant de rembourser au total près de 340.000 euros. Un montant qui correspond aux salaires versés à Catherine Griset d'une part, et à Thierry Légier d'autre part, d'où l'existence de deux dossiers distincts. 

Pas de preuve de leur travail pour l'Europe

La première lettre, qui concerne Catherine Griset, ex-belle soeur de Marine Le Pen, a été envoyée le 9 décembre par Klaus Welle, le secrétaire général du Parlement. De 2010 à 2016, elle a perçu un salaire et était accréditée comme assistante parlementaire. Mais en réalité, comme l'estime le Parlement, elle exerçait une "activité reconnue" au siège du Front national à Nanterre, le parti présidée par Marine Le Pen, sous l'autorité directe de cette dernière. D'après son contrat, son lieu de travail se trouvait à Bruxelles.

Or d'après Klaus Welle, les enquêteurs de l'Office européen de lutte antifraude, chargé d'investiguer, n’ont "pas été en mesure de démontrer qu’elle résidait de façon continue ou avec un caractère permanent en Belgique, ni qu’elle se rendait régulièrement à son lieu de travail".

Jusqu'au 31 janvier pour payer la plus grosse partie

Dans son cas, Marine Le Pen doit rembourser 298.000 euros, et elle n'a plus que quelques jours pour le faire, jusqu'au 31 janvier précisément. Au-delà de cette date, comme le précise Challenges, elle paiera des intérêts "au taux appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement majoré de trois points et demi", fait valoir le Parlement. En outre, la somme sera prélevée directement: son indemnité parlementaire sera amputée de moitié (soit de 3.100 euros sur un total de 6.200 euros mensuels), son enveloppe de frais généraux sera entièrement ponctionnée (4.300 euros), ainsi que la moitié de ses frais de séjour.

Le second dossier, pour un montant qui dépasse légèrement 41.500 euros, concerne Thierry Légier. Le garde du corps de Marine Le Pen a perçu cette somme en 2011, en qualité d'assistant local. Mais d'après le Parlement, "l’existence d’un rapport d’emploi effectif" entre Marine Le Pen et ce dernier sur cette période et dans le cadre des institutions européennes "n'a pas été établi".

"Mme Le Pen n’a fourni aucun élément utile permettant de confirmer la régularité des dépenses remboursées au titre de l’assistance parlementaire de M. Légier", précise aussi la lettre.

Une information judiciaire ouverte à Paris

La présidente du Front national avait en effet la possibilité de justifier de ces deux emplois en fournissant des éléments pouvant attester de leur véracité. Mais elle n'a fourni aucune explication.

"Mme Le Pen n’a fourni aucune preuve d’une activité quelconque de Mme Griset au titre d’assistance parlementaire" note Klaus Welle dans la lettre. 

En parallèle de la procédure engagée par le Parlement européen, le pôle financier du parquet de Paris a ouvert mi-décembre une information judiciaire sur ce dossier pour abus de confiance et recel, escroqueries en bande organisée, faux et usage de faux et travail dissimulé. Elle fait suite à une enquête conduite depuis mars 2015 par le parquet, qui avait été saisi par le Parlement européen. Pas étonnant, donc, que Marine Le Pen et sa garde rapprochée ne se pressent pas pour commenter l'affaire Penelope Fillon depuis les révélations du Canard enchaîné.

Charlie Vandekerkhove avec AFP