BFMTV

Manuel Valls: "je voterai pour Emmanuel Macron"

Manuel Valls sur BFMTV et RMC

Manuel Valls sur BFMTV et RMC - BFMTV

L'ancien Premier ministre votera Emmanuel Macron le 23 avril 2017 lors du premier tour de la présidentielle. Pourtant, "ce n'est pas un ralliement" mais "une prise de position responsable" face au danger du Front national, a-t-il assuré.

"Non, je ne voterai pas pour Benoît Hamon" le 23 avril 2017, a assuré Manuel Valls sur BFMTV et RMC mercredi. Mais, "oui, je voterai pour Emmanuel Macron" au premier tour de la présidentielle, a confirmé le député de l'Essonne.

"Rien n'est joué pour le premier tour, ni pour le second, dans un climat nauséabond. Je crains une abstention forte, je m'étonne aussi qu'on ne souligne pas plus le risque du Front national (...) Je ne prendrai aucun risque pour la République, pour la France", s'est justifié Manuel Valls alors que les critiques -"minable", "honte" - n'ont pas tardé à fuser au sein de sa famille politique

"Je le remercie", a répondu Emmanuel Macron sur Europe 1 avant d'insister sur le "renouvellement des visages" et des "méthodes". 

"Je ne veux prendre aucun risque", juge Manuel Valls

"Je veux donner plus de forces au candidat réformiste, progressiste", a poursuivi le député de l'Essonne. Pourtant, "ce n'est pas un ralliement" mais "une prise de position responsable" face au danger du Front national. "Je ne veux prendre aucun risque", juge Manuel Valls.

Il a de nouveau critiqué l'"erreur de campagne" de Benoît Hamon, dont la stratégie "consiste à courir après Mélenchon et taper Macron".

Valls ne craint pas d'être exclu du PS

Rejetant les critiques en trahison, Manuel Valls a rappelé que les soutiens de Benoît Hamon avaient tenté durant cinq ans de voter des motions de censure contre son gouvernement. Il a aussi cité Jean-Yves Le Drian ou Bertrand Delanoë pour appuyer l'idée que d'autres figures du PS apportent leur soutien à Emmanuel Macron. 

Et ni sa signature de la charte de la primaire qui l'engageait à soutenir le vainqueur, ni ses différences de vue avec Emmanuel Macron ne l'ont retenu de prendre sa décision. "C'est vrai, j'ai évidemment réfléchi (...) L'intérêt supérieur de la France va au-delà des règles d'un parti, d'une primaire, d'une commission", a-t-il expliqué avant de reconnaître des échanges "très francs" avec le leader de En Marche ! durant leur cohabitation au gouvernement.

Pense-t-il être exclu du Parti socialiste? "Moi? Je serais exclu par ceux qui n'ont respecté aucune règle pendant 5 ans?", a ironisé Manuel Valls dans une référence aux frondeurs

Par ces mots, l'ancien Premier ministre assume sa rupture complète et totale avec le candidat élu de la primaire à gauche Benoît Hamon. Mardi soir face à ses soutiens parlementaires il avait estimé que la faiblesse du candidat socialiste, tombé à 11,5% des intentions de vote selon notre dernier sondage, nécessitait "de prendre ses responsabilités". Mi-avril déjà il avait fait savoir qu'il ne parrainerait pas Benoît Hamon. 

Hamon: "J'avais compris qu'en gagnant la primaire..."

Benoît Hamon a dénoncé mercredi un "feuilleton destiné à (l')affaiblir. (...) On le sait depuis une semaine", a-t-il déclaré sur France 2. "A un moment où la démocratie est en danger, où on constate qu'un grand parti, le Front national, anti-démocratique, pourrait prendre le pouvoir, ne pas respecter le verdict des urnes, ça pose problème", a-t-il lancé.

"J'avais compris qu'en gagnant la primaire, a-t-il ajouté, au regard du projet politique qui était le mien, ma volonté de tourner la page avec des solutions qui avaient jusqu'ici échoué, que ceux qui avaient échoué n'allaient pas me laisser faire campagne tranquillement". "Ce n'est pas pour autant qu'on change de cap", a dit Benoît Hamon.

Rencontre Hollande-Valls

En guerre ouverte avec un candidat socialiste qui l'accuse de lui planter "des couteaux dans le dos", le député de l'Essonne estime chercher la meilleure voie pour assurer l'avenir politique de son nouveau courant au PS.

Vendredi à l'Élysée, Manuel Valls a vu François Hollande pour la première fois depuis décembre, selon des sources concordantes. Pour autant, les proches du président de la République n'ont guère envie de laisser Manuel Valls reprendre un rôle de leader. Mais entre la méfiance d'Emmanuel Macron et l'hostilité de Benoît Hamon, l'ancien Premier ministre a tranché.

dossier :

Manuel Valls

Samuel Auffray