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Motion de censure de gauche: Manuel Valls tape sur les frondeurs

A la tribune de l'Assemblée avant un vote sur une motion de censure de la droite, le Premier ministre s'en est surtout pris aux frondeurs du PS après leur tentative avortée, mercredi, de dépôt d'une motion de censure de gauche.

Il s'exprimait avant un vote sur la motion de censure déposée par la droite, et venait d'être attaqué par le chef de file des députés Les Républicains, Christian Jacob, qui avait appelé à "mettre fin, et vite", à un "quinquennat perdu". Mais c'est sur sa gauche que Manuel Valls a frappé. A la tribune de l'Assemblée nationale, le Premier ministre a fustigé jeudi les députés socialistes frondeurs, qui avaient échoué la veille à déposer une motion de censure contre son gouvernement après l'usage du 49.3, les jugeant "dans une impasse" et affirmant qu'il ne les laisserait pas "détruire la gauche de gouvernement".

"Je prends cette tentative pour ce qu'elle est. Elle est grave, même si elle a échoué. Mais leurs signataires sont dans une impasse. Je vais vous livrer une conviction: je ne laisserai pas détruire la gauche de gouvernement, la social-démocratie française", a lancé le chef du gouvernement dans un discours où il a défendu le projet de loi Travail de Myriam El Khomri.

Cette "démarche aventureuse" a néanmoins eu "un intérêt", selon Manuel Valls: une "clarification, entre ceux qui s'arc-boutent sur le passé, et ceux qui préparent l'avenir. Entre ceux qui assument l'exercice du pouvoir et ceux qui se contentent d'être dans la proclamation".

"Où est la cohérence?"

"Renverser le gouvernement et donc aussi faire tomber cette majorité qui a créé la prime d'activité, qui a augmenté le RSA, qui a engagé la refondation de notre école, qui a généralisé le tiers payant, qui a engagé la France sur la voie de la transition énergétique, et qui fait tant pour l'égalité entre les femmes et les hommes. Et vous voudriez faire tomber cette majorité ? Mais où est la cohérence?", s'est-il encore emporté.

Le Premier ministre n'a toutefois pas évoqué d'éventuelles sanctions contre la trentaine de députés socialistes ayant souhaité déposer une "motion de censure des gauches" avec le Front de gauche et des écologistes. Peu après, le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a annoncé avoir saisi la Haute Autorité éthique du parti à propos des 24 députés PS signataires.

Manuel Valls a aussi répliqué à la droite, finalement la seule à avoir déposé contre son équipe une motion de censure, rejetée quelques instants plus tard. Le locataire de Matignon s'en est notamment pris aux mesures portées par les candidats à la primaire de la droite (suppression de 300.000 postes des fonctionnaires, relèvement de l'âge à la retraite, coupe de 100 milliards dans les dépenses publiques...).

V.R. avec AFP