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Les députés de gauche échouent à déposer une motion de censure contre le gouvernement

Les députés de la majorité opposés à la loi Travail ont échoué à recueillir les 58 signatures nécessaires pour déposer une motion de censure. Il ne leur manquait que deux voix.

Il fallait 58 signatures pour pouvoir déposer le texte. Il aura manqué deux voix aux députés de la majorité opposés à la loi Travail pour aboutir au dépôt d'une motion de censure des gauches contre le gouvernement. Un échec de justesse annoncé peu après 16h30, soit quelques minutes seulement avant l'horaire butoir pour réunir le nombre suffisant de signatures.

"Nous ne serons pas en mesure" de déposer une motion de censure de gauche, a déclaré le député PS frondeur Laurent Baumel. 

Toutefois, la procédure est un coup dur pour l'exécutif. Au total, 56 députés frondeurs, écologistes et Front de Gauche, ont approuvé le dépôt d'une motion de censure pour pousser le gouvernement à démissionner. Laurent Baumel a précisé qu'il y avait "un peu plus d'une trentaine, entre 30 et 35 députés socialistes" parmi les signataires, dont la liste sera rendue public en même temps que le texte du projet de motion. 

Le Front de gauche votera la motion de la droite

Malgré cet échec, les députés frondeurs du PS précisent qu'ils ne s'associeront pas à la droite qui va déposer sa motion de censure. "On ne va pas mêler nos voix à des gens qui contestent la loi El Khomri pour des raisons complètement opposées aux nôtres", détaille Laurent Baumel. Le député d'Indre-et-Loir parle des "problèmes du point de vue des valeurs" entre leurs idées et les mesures prises avec la loi Travail. Estimant dans le même temps que la droite dépose une motion car elle ne trouve pas la loi assez libérale.

Les députés du Front de gauche, de leur côté, voteront la motion de censure du gouvernement de la droite et du centre, faute d'avoir pu déposer une motion distincte avec les frondeurs socialistes, a fait savoir mercredi le communiste André Chassaigne. "On ne peut pas laisser à la droite le monopole de l'opposition" prévenait-il mardi sur BFMTV.

"Violence démocratique" du 49.3

Plutôt que de voter la motion de droite, les frondeurs ont cherché "par tous les moyens" de déposer une "motion des gauches" pour manifester leur hostilité au projet de loi Travail. Ils ont tenté de récolter les signatures nécessaires auprès des communistes, des écologistes, des ex-chevènementistes et des radicaux de gauche. A quelques heures de l'expiration du délai de dépôt, la députée PS de Moselle Aurélie Filippetti avait demandé "un coup de main" à Julien Bayou, le porte-parole national d'EELV, avant d'effacer le message quelques instants plus tard:

Capture d'écran Twitter @aurelifil
Capture d'écran Twitter @aurelifil © -

Le chef de file des frondeurs Christian Paul avait justifié ce projet de motion par "la violence démocratique" du 49.3 et "la violence que représente pour les salariés français la perspective d'une loi travail qui affaiblirait les protections".

Du côté des légitimistes, l'avertissement était clair: une motion de censure contre le gouvernement se seraient soldée par l'exclusion des instances du PS voire du parti. Une position revue rapidement. A l'annonce de l'échec du dépôt d'une motion de gauche, Christophe Caresche, député de Paris, a annoncé sur BFMTV que le PS n'allait pas "sanctionner des députés pour un acte qu'ils n'ont pas commis".

C. P. avec Thomas Soulié