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Chassaigne: "On ne peut pas laisser à la droite le monopole de l'opposition"

Alors que le gouvernement a annoncé le recours au 49.3 pour faire passer le projet de loi travail à l’Assemblée, André Chassaigne a dévoilé son intention d'élaborer une motion de censure de gauche afin de ne pas "laisser à la droite le monopole de l'opposition".

Les négociations étaient mal engagées et les débats s'éternisaient. Faute de majorité sur le projet de loi Travail Manuel Valls a dégainé le 49.3, ouvrant ainsi la porte à une motion de censure contre le gouvernement. C'est la piste sur laquelle André Chassaigne envisage de s'engager. Le patron des élus Front de gauche dans l'Hémicycle a annoncé ce mardi sur BFMTV son intention d'élaborer une motion de censure avec d'autres députés de gauche et des Verts.

"Le gouvernement n'est pas en accord avec la volonté des français et des françaises qui l'ont mis en place en 2012. Il est donc nécessaire qu'il soit renversé et de mettre enfin en place un gouvernement qui mène une véritable politique de gauche et non pas cette dérive libérale", s'est-il justifié. 

"Nous utiliserons tous les leviers possibles"

Cette initiative d'une motion de censure de gauche a un double objectif. Ne pas "laisser à la droite le monopole de l'opposition au gouvernement". Mais aussi, "expliquer ce que serait une politique de gauche". 

Néanmoins, André Chassaigne n'a pas exclu de voter une motion de censure déposée par la droite en cas de nécessité. Il est si farouchement opposé à la loi El Khomri qu'il a affirmé être prêt à utiliser "tous les leviers possibles".

"Quand la gauche est au pouvoir, on ne réforme pas le code du Travail avec le 49.3"

Du côté du Parti socialiste, Christian Paul, le député de la Nièvre et chef de file des frondeurs, envisage lui aussi la motion de censure. "Quand la gauche est au pouvoir, on ne réforme pas le code du Travail avec le 49.3", s'est-il indigné, évoquant des conséquences politiques à venir. 

Pour autant, il n'est pas sur la même longueur d'onde qu'André Chassaigne en ce qui concerne le vote d'une motion de censure de droite.

"Je n'ai aucune propension à voter avec la droite. Je ne suis même pas persuadé que si on votait avec la droite, la motion de censure que préparent les Républicains aurait une chance d'aboutir", a-t-il indiqué.

Quoi qu'il en soit, le dépôt d'une motion de censure par des députés nécessite la signature d'au moins 58 parlementaires de l'Assemblée nationale. La motion doit ensuite réunir l'approbation de la majorité absolue des députés, soit 289 voix, afin d'être acceptée et de provoquer la démission du gouvernement.

Marie-Caroline Meijer