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2017: le PS pris en étau par Mélenchon et Macron

Un pupitre - vide - du Parti socialiste

Un pupitre - vide - du Parti socialiste - BFMTV

Empêtré dans une primaire à gauche qui peine à faire émerger les candidats et borduré par Jean-Luc Mélenchon à gauche et Emmanuel Macron à droite, le PS et ses alliés de gouvernement sont de plus en plus minoritaires sur l'échiquier politique. D'autant plus qu'aucun candidat potentiel n'est en mesure de se qualifier pour le second tour de la présidentielle. Loin de là.

Le renoncement de François Hollande à briguer un second mandat n'y a rien changé. Que le candidat du Parti socialiste à la présidentielle de mai 2017 se nomme Manuel Valls, Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon, ses chances de concourir au second tour sont nulles à 5 mois du scrutin. Pis, sondage après sondage - et malgré la défiance actuelle et les précautions d'usages contre les enquêtes d'opinions - le candidat de la gauche est battu par Emmanuel Macron comme par Jean-Luc Mélenchon. 

Un état de fait que le candidat de la France insoumise entend porter à son avantage. "Sans projet et sans avantage électoral, à quoi bon un candidat du PS?" à la prochaine présidentielle s'est interrogé Jean-Luc Mélenchon dans les colonnes du Monde la semaine passée. Dimanche à Tourcoing il a visé Emmanuel Macron sans un mot pour les candidats socialistes.

Un ex-ministre de l'Economie qui est même - dans une seule enquête d'opinion - l'unique candidat à se voir attribuer une place au second tour de la présidentielle entre François Fillon et Marine Le Pen.

Montebourg rêve encore à l'union de la gauche

En réalité, le vrai choix des électeurs du PS, c'est de trancher entre l'orientation gouvernementale amplifiée, telle que la porte Emmanuel Macron, et "la tradition de l'humanisme émancipateur de la famille culturelle que j'incarne", pointe Jean-Luc Mélenchon. En clair, avec désormais l'appui des militants communistes, il appelle à voter utile.

Comme preuve que le "vote utile" sera un argument dans la large gauche française de ce début d'année, Arnaud Montebourg a déclaré sur BFMTV que "immédiatement après avoir été désigné, s'il m'est donné de l'être, (il) téléphonera à Jean-Luc Mélenchon (...) à Yannick Jadot (candidat élu de la primaire écologiste, ndlr)". Ensemble ils auront une "responsabilité collective face à la falaise de l'histoire".

Mais à l'inverse de ses concurrents potentiels, il refuse de brandir le spectre de l'élimination au premier tour et d'agiter le souvenir du 21 avril 2002 qui avait vu Lionel Jospin sorti par Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen.

Quel avenir pour le PS?

"Regardez le compte des candidatures: il n'y en a pas plus qu'en 2012, année où le PS a gagné l'élection", a répondu Jean-Luc Mélenchon à ceux qui le critiquent d'avance sans connaître les résultats de l'élection. Malgré ou à cause d'un début de campagne compliqué, Manuel Valls multiplie les mises en garde. François Hollande aussi l'a rappelé à plusieurs reprises.

Par ce biais, le PS aimerait retrouver une place centrale à gauche, une sorte de point d'équilibre entre Jean-Luc Mélenchon, ex-cadre du parti et Emmanuel Macron, ex-membre du gouvernement qui clame haut et fort qu'il n'est "pas socialiste". Pourtant ses meetings peinent à mobiliser quel que soit le candidat quand ses deux concurrents font salle comble et son programme est encore flou, puisque soumis à l'approbation du futur vainqueur.

Les cotes de popularité d'Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon posent directement la question de la place dévolue désormais au Parti socialiste dans le paysage politique français. Le futur candidat issu du vote des 22 et 29 janvier prochains se sait déjà pris en étau. Jusqu'où supportera-t-il la pression? Puisque après la présidentielle pointent déjà des législatives sous haute tension.

Samuel Auffray