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Pour Mélenchon, le "vrai choix des électeurs PS" se situe entre Macron et lui-même

Hémicycle de l'Assemblée nationale

Hémicycle de l'Assemblée nationale - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Dans un entretien au journal Le Monde, Jean-Luc Mélenchon, candidat de son propre mouvement, La France insoumise, juge inutile une candidature socialiste et assure être en passe de rassembler les 500 signatures nécessaires pour se présenter.

Le candidat de La France insoumise l’assure: pour lui, la bataille à gauche se joue entre ligne "gouvernementale amplifiée" d'Emmanuel Macron et "la tradition de l’humanisme émancipateur" qu’il entend lui-même incarner.

"À quoi bon un candidat PS ?"

"Jusqu’à présent, l’ultime justification du candidat socialiste, c’était d’être en tête dans les sondages. Il se présentait alors comme le 'vote utile'. […] Actuellement, le PS est en troisième position derrière M. Macron et moi-même", déclare Jean-Luc Mélenchon dans un entretien publié par le journal Le Monde ce jeudi, avant d’ajouter: "Dans ces conditions et sans projet, à quoi bon un candidat PS?"

Les "illusions" de Valls et Hamon 

"Je veux introduire dans la campagne un projet de progrès social", a indiqué le candidat, qui souhaite se différencier des candidats du PS, qui parlent selon lui "du travail mais pas des salariés". 

Parmi les objectifs qu’il défend: le retour aux 35 heures réelles, la retraite à 60 ans, la Sécurité sociale intégrale avec un remboursement à 100% des frais médicaux. "C’est le moment ou jamais d’être précis" estime Jean-Luc Mélenchon, qui dénonce les "illusions" autour du "revenu décent" défendu par Manuel Valls et le "revenu universel" de Benoît Hamon. "Les deux disent qu’ils fusionneront d’autres allocations, mais ils se gardent bien de dire lesquelles."

L’avance de Macron ? Une "erreur d’analyse"

Interrogé au sujet de l’avance d'Emmanuel Macron dans les intentions de vote, le candidat de La France insoumise a dénoncé "l’appétit médiatique" autour de l’ancien ministre de l’Économie: "Que quelqu'un qui a bénéficié de cinquante 'unes' de journaux en trois mois et qui est présent quasi continuellement sur tous les médias me batte d'un point, alors que je suis le pestiféré de la scène, ce n'est pas un exploit si extraordinaire." 

La droite de Fillon pour cible

Il a ensuite rappelé que sa cible principale était la droite "ultratraditionaliste quant à la société et ultralibérale quant à la politique économique" incarnée par François Fillon. Jean-Luc Mélenchon estime d’ailleurs qu’il est possible de battre le candidat Les Républicains car, selon lui, "sa politique n’est pas capable d’entraîner la majorité du peuple français". 

Pas plus de candidatures qu’en 2012 

Le député européen, qui se dit également en passe de recevoir ses 500 parrainages indispensables à la validation de sa candidature, ne s’inquiète pas de la pluralité des candidatures de gauche. "Qui est capable de dire où commence et où s’arrête la gauche?" a-t-il ironisé. "Vous classez Emmanuel Macron dans la gauche, mais lui-même le refuse. Je le mets donc de côté. Regardez le compte des candidatures: il n'y en a pas plus qu'en 2012, année où le PS a gagné l'élection".

M.P.