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Après la victoire aux législatives, le programme chargé d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron, Edouard Philippe, le jour de la présentation du gouvernement, le 18 mai 2017.

Emmanuel Macron, Edouard Philippe, le jour de la présentation du gouvernement, le 18 mai 2017. - PHILIPPE WOJAZER - POOL - AFP

Remaniement, rencontre avec les nouveaux députés, vote des premières lois… le pouvoir va avoir du pain sur la planche dans les semaines qui viennent. Voici le programme.

La République en marche domine largement l’Assemblée nationale à l'issue des législatives, l’opposition est réduite à la portion congrue, mais la majorité d’Emmanuel Macron ne va pas pour autant pouvoir se reposer sur ses lauriers. Les jours à venir vont être très chargés pour le pouvoir, que ce soit du côté de l’Elysée, de Matignon ou d’En Marche!.

Un gouvernement remanié?

Traditionnellement, le Premier ministre présente la démission de son gouvernement après les élections législatives, afin d’organiser une nouvelle équipe (on parle d’une "démission de courtoisie"). Le renouvellement des portefeuilles peut être important, par exemple s’il faut remplacer les ministres battus, ou plus limité, avec l’arrivée de quelques nouvelles têtes seulement. C’est cette deuxième option qui devrait prévaloir pour le "gouvernement Edouard Philippe II", qui devrait être constitué lundi ou mardi.

Tous les ministres candidats ayant été élus, le couple exécutif se contentera sans doute de quelques ajustements. Selon le JDD de ce dimanche, des maroquins supplémentaires sont envisagés au ministère de l’Economie ou à la Cohésion des territoires. Un portefeuille dédié à la formation professionnelle pourrait aussi être créé. Une fois passé le remaniement, les ministres se retrouveront pour un séminaire le 30 juin dans l’Est de la France. L’occasion pour le premier d’entre eux de rappeler les règles du jeu: discipline, collégialité, fidélité aux engagements du président.

Week-end d’intégration pour les néo-députés

Les heureux élus de La République en marche ne se lanceront pas dans l’hémicycle sans une initiation aux codes et aux pratiques du travail parlementaire. C’est pourquoi, d’après Le Journal du dimanche, eux aussi participeront le week-end prochain à une session de travail de deux jours à l’Assemblée nationale. Au menu, "l’organisation et le règlement intérieur du groupe parlementaire, les candidatures aux postes clés, le travail avec le gouvernement, la rentrée politique, l’agenda parlementaire". Ce sera aussi l’opportunité pour le Premier ministre, chef de cette très large majorité, de faire la connaissance d’un maximum de néo-députés.

  • Baptême du feu pour le Premier ministre

Le 4 juillet, Edouard Philippe prononcera son discours de politique générale devant le nouvel hémicycle au grand complet (y compris le président de l'Assemblée nationale, élu le 27 juin). L’exercice est lourd d’enjeux: le locataire de Matignon doit à la fois tracer les grandes lignes de l’action gouvernementale, rassembler sa majorité et tenter de marquer l’opinion par quelques bonnes formules. Le chef du gouvernement s’est déjà bien préparé, en demandant à chacun de ses ministres de lui détailler précisément leur feuille de route (axes de travail, budget, agenda).

Edouard Philippe engagera dans la foulée la responsabilité de son gouvernement par un "vote de confiance" du Parlement. Etant donné la majorité écrasante de La République en Marche, ce ne devrait être qu’une formalité. Mais il sera intéressant d’observer les choix de vote des députés LR qui se sont dit prêt à travailler avec Emmanuel Macron.

Un été studieux pour le Parlement

Les parlementaires devraient siéger en session extraordinaire tout le mois de juillet et une partie du mois d’août pour débattre des ordonnances voulues par le chef de l’Etat. Parmi les autres textes probablement soumis à leur examen: celui visant à renforcer "la lutte antiterroriste et la sécurité intérieure" ou la loi sur le "droit à l’erreur" dans les rapports avec l’administration. En revanche, il n’y a aura pas de loi de finances rectificative cet été, selon un ministre anonyme cité par le JDD. Et ce en dépit d’un rapport sur l’état des finances publiques sans doute assez alarmiste, que le gouvernement recevra des mains du président de la Cour des comptes aux alentours du 29 juin.

La République en marche redéfinit son rôle

Aucun locataire de l’Elysée ne préside sans s’appuyer sur un parti fidèle, prêt à monter au front pour valoriser et défendre l’action de son chef. La République en Marche, mouvement conçu par Emmanuel Macron comme une machine à conquérir le pouvoir, n'échappera pas à la règle.

Pour se transformer en un parti à part entière, ses statuts, sa structure et son mode de gouvernance seront définis lors d’une "convention" organisée pendant la première quinzaine de juillet, d’après le JDD. Mais la question de celui / celle qui prendra la tête des "marcheurs" sera renvoyée à plus tard.

Ghislain de Violet