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Législatives: déroute du PS, crise ouverte à Solférino

Jean-Christophe Cambadélis a annoncé sa démission

Jean-Christophe Cambadélis a annoncé sa démission - GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Le faible score du Parti socialiste lors des élections législatives le plonge dans une phase de grande incertitude. Jean-Christophe Cambadélis a annoncé sa démission.

C’est une débâcle sans précédent. Au terme du second tour des élections législatives, seuls 27 à 34 députés socialistes -contre 295 jusqu’alors- investiront les bancs de l’Assemblée nationale. La claque est historique et les interrogations qui portent sur l’avenir du parti se font de plus en plus nombreuses.

Les résultats du premier tour annonçaient déjà la couleur et ne laissaient plus de place aux illusions. Dimanche dernier, 95 députés socialistes sortants étaient victimes du "dégagisme". Parmi eux, des ténors tels que Benoît Hamon, Matthias Fekl, Pascale Boistard, Aurélie Filippetti… Une semaine plus tard, les électeurs ont porté un dernier coup fatal au parti de la rue de Solférino. Symbole de cet échec retentissant: la démission du premier Secrétaire du parti Jean-Christophe Cambadélis, lui-même battu dès le premier tour. Ce dernier a livré un diagnostic sur l’état de la gauche au sortir de ce scrutin:

"Ce soir, malgré une abstention alarmante, le triomphe d'Emmanuel Macron est incontestable; la défaite de la gauche est incontournable; la déroute du Parti socialiste, sans appel", a-t-il déclaré. Et de poursuivre: «Il faut repenser la gauche et les racines du progressisme. […] C’est une tâche de longue haleine, j’y participerai avec humilité mais je souhaite mais je souhaite le faire en étant libre de ma parole. Je ne le ferai pas en tant que Premier secrétaire du PS. […]". Selon lui, il ne s’agit pas "d’organiser une retraite, mais de permettre une renaissance".

"La gauche doit tout changer"

Le chantier à venir est considérable. Le Premier secrétaire sortant prévient: "La gauche doit tout changer, la forme comme le fond, ses idées comme son organisation. La gauche doit ouvrir un nouveau cycle."

Mais, cette annonce de Jean-Christophe Cambadélis en a surpris plus d'un à Solférino. Jérôme Guedj, figure de l'aile gauche du PS, ou encore Stéphane Le Foll, fidèle de François Hollande, ont assuré sur BFMTV ne pas être au courant de cette démission ni des intentions du premier secrétaire du Parti socialiste. 

De son côté, Juliette Méadel, ex-secrétaire d’État chargée de l’Aide aux victimes, pointe "la fin d’un monde". "C’est la fin d’un monde pour la gauche qui va apprendre, peut-être, à faire à faire son autocritique, qui va faire son bilan mais qui a encore des choses à dire", explique-t-elle sur BFMTV.

Invité sur TF1, Julien Dray a tenté pour sa part de rassurer son camp: "Il y aura quand même un groupe parlementaire socialiste. […] La reconstruction commence ainsi qu’un travail d’introspection, de refondation", a-t-il indiqué avant d’ajouter qu’il ne fallait pas que la démission de Jean-Christophe Cambadélis signe le coup d’envoi d’une "guerre des chefs". "Nos divisions ont été un élément de défaite, on na va pas commencer tout de suite les positionnements subtils", a-t-il conclu.

La situation est donc critique au sein du Parti socialiste qui va devoir se trouver une place entre La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon et La République en marche d'Emmanuel Macron. D'autant qu'au-delà de la déroute politique, le parti pourrait frôler la déroute financière. Et pour cause, son faible score lors des élections législatives lui fait perdre une part importante des fonds octroyés par l'État. Le prochain congrès du PS s'annonce mouvementé. 

P.L avec AFP