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Affaire Jouyet: Filippetti étrille le secrétaire général de l'Elysée

Aurélie Filippetti le 12 mars 2014 à la sortie de l'Elysée.

Aurélie Filippetti le 12 mars 2014 à la sortie de l'Elysée. - Alain Jocard - AFP

L'ancienne ministre de la Culture fustige "l'inconséquence" du secrétaire général de l'Elysée, sur la sellette après ses revirements sur une mise en cause de Nicolas Sarkozy par François Fillon.

Aurélie Filippetti tape fort sur Jean-Pierre Jouyet. L'ancienne ministre de la Culture se dit "atterrée" par l'affaire dans laquelle est impliqué le secrétaire général de l'Elysée, après les révélations sur son déjeuner avec François Fillon.

"On a réussi à transformer cette affaire en affaire qui touche l'Elysée", déplore-t-elle sur France 3. "C'est par, au mieux une maladresse, au pire de l'inconséquence ou de la négligence que nous en sommes arrivés là", a-t-elle ajouté.

"La politique, c'est un métier"

Pour Aurélie Filippetti, Jean-Pierre Jouyet devrait s'abstenir de parler aux médias. "Je regrette qu'aujourd'hui les conseillers du président (...) qui sont des fonctionnaires, qui ne sont pas des élus, parlent à des journalistes, s'expriment", a-t-elle regretté, en ajoutant: "La politique, c'est un métier, la politique, c'est une expérience de terrain". L'ancienne ministre veut rappeler l'un des principes de campagne de François Hollande: "Alors candidat, il avait dit 'moi président, les conseillers présidentiels ne s'exprimeront pas face à la presse, ou avec des journalistes'".

Jean-Pierre Jouyet est dans une position délicate après s'être contredit sur la teneur d'un déjeuner avec François Fillon le 24 juin. Ce dernier lui aurait demandé d'intervenir pour accélérer une procédure judiciaire à l'encontre de Nicolas Sarkozy. Une version que François Fillon et Antoine Gosset-Grainville, présent au déjeuner, récusent.

Désormais, pour Aurélie Filippetti, c'est à François Hollande de juger de l'avenir de son ami. "C'est sa décision, à lui, celle du président de la République surtout, qui doit évaluer les conséquences de ce que font ses collaborateurs les plus proches", conclut-elle.

Pour Batho, "Jouyet a fait une faute professionnelle"

L'ex-ministre de la Culture, qui a quitté le gouvernement à la fin du mois d'août dernier, n'est pas la seule à critiquer vertement Jean-Pierre Jouyet. Delphine Batho, ancienne ministre de l'Ecologie, fustige elle aussi l'attitude du secrétaire général de l'Elysée. "Il a fait une faute professionnelle", a-t-elle lancé mardi soir sur RFI. "D'abord il a dit une chose, puis son contraire. Et c'est le fait même de donner un entretien à des journalistes qui travaillent sur les turpitudes de l'opposition" qui pose problème", selon elle. "Ce n'est pas son rôle d'alimenter un livre".

Auteure d'Insoumise (éd. Grasset), ouvrage dans lequel elle multiplie les attaques contre François Hollande, Delphine Batho voit une seule conséquence possible à cet événement: "Un ministre qui aurait sur le dos une histoire pareille n'aurait pas tenu 24 heures avant d'être obligé de démissionner", et selon elle, "il n'y a pas d'autre solution".

Il en sera pourtant autrement. Mercredi, à l'occasion du Conseil des ministres, Ségolène Royal et Stéphane Le Foll ont assuré que Jean-Pierre Jouyet restait à son poste. L'intéressé s'est affiché tout sourire avec Manuel Valls sur le perron de l'Elysée. L'image, calibrée pour les caméras, suffira-t-elle à faire passer un message de confiance entre l'ami de François Hollande et l'exécutif? Interrogé sur l'affaire à l'Assemblée nationale, Manuel Valls a défendu l'Elysée. Mais il n'a pas prononcé une seule fois le nom de Jean-Pierre Jouyet.

A. K.