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Affaire Jouyet: L'UMP veut mouiller l'Elysée

"M Jouyet a commis une véritable forfaiture, nous attendons solennellement sa démission", a lancé Christian Jacob.

"M Jouyet a commis une véritable forfaiture, nous attendons solennellement sa démission", a lancé Christian Jacob. - BFMTV

ARENE PARLEMENTAIRE - Les députés UMP Christian Jacob et Henri Guaino ont dénoncé mercredi une véritable "forfaiture" de la part de Jean-Pierre Jouyet et réclamé sa démission. Manuel Valls, lui, a critiqué le sens de la polémique de l'UMP et repoussé toute instrumentalisation de la justice à l'Elysée sans pour autant défendre le secrétaire général de l'Elysée.

Le sujet a été largement débattu mercredi matin lors de la réunion du groupe UMP à l'Assemblée nationale. Et l'UMP a décidé de mettre le paquet sur les revirements de Jean-Pierre Jouyet au sujet de sa rencontre avec François Fillon.

L'ex-Premier ministre a de nouveau assuré devant ses pairs que le récit livré par Jean-Pierre Jouyet de leur déjeuner était "faux" et a estimé que le secrétaire général de l'Élysée allait "devoir s'expliquer".

L'UMP a donc posé non pas une mais deux questions sur le sujet mercredi après-midi lors des questions au gouvernement. La première a été posée par Christian Jacob, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale. Le député a demandé avec virulence la démission du secrétaire général de l'Elysée: "Monsieur Jouyet a commis une véritable forfaiture, nous attendons solennellement sa démission".

L'accusant de "basses manœuvres, de mensonge et de diffamation", il a voulu y mêler le plus haut sommet de l'Etat. "Pensez-vous sérieusement que Monsieur Jouyet ait pu agir de la sorte sans avoir reçu les instructions du Président de la République?", a-t-il demandé.

Valls ne cite pas Jouyet

"Vous voulez m'entraîner dans les polémiques à partir d'amalgames dans lesquels je ne rentrerai pas. Je m'y refuse et je m'en tiendrai aux faits parce qu'au fond, là est la vraie question", a lancé Manuel Valls avant de réaffirmer que les temps avaient "changé" et que l'exécutif respectait l'indépendance de la justice.

Il a notamment rappelé les mots de François Fillon en juin qui faisait part d'un "scandale financier majeur" au sein de l'UMP. Plus calme que ses collègues, le principal intéressé a acquiescé aux mots de Manuel Valls à ce moment.

Si Manuel Valls a défendu la "constance" de l'exécutif sur le respect de la justice, de son indépendance, du droit et de l'Etat de droit, il n'a pas nommé une seule fois Jean-Pierre Jouyet, ce que n'a pas manqué de relever l'UMP Thierry Mariani.

Comme l'avaient déjà fait Ségolène Royal et Stéphane Le Foll, Manuel Valls a reproché à l'opposition de ne pas poser d'autres questions sur d'autres dossiers, et de "polémiquer" sur des sujets "qui ne sont pas à la hauteur des Français".

Guaino ressort l'affaire Markovic

Pour la deuxième question, Henri Guaino est monté au créneau, usant d'accents dramatiques. Il a ressorti une nouvelle fois l'affaire Markovic comme il l'avait déjà fait en juillet dernier sur BFMTV au sujet de la garde à vue de Nicolas Sarkozy. Citant les propos de Georges Pompidou sur les "boules puantes" et autres "odeurs d'égout", il a repris le terme de "forfaiture" au sujet de Jean-Pierre Jouyet qui fait naître une "terrible suspicion".

Manuel Valls lui a rétorqué que dans cette affaire les coups venaient de "son propre camp", "d'une certaine manière c'est votre inconscient qui a parlé", a-t-il lancé.

Si l'UMP fait bloc pour l'instant et que personne ne remet en cause publiquement la sincérité de François Fillon, en privé il en va parfois autrement, note l'éditorialiste de BFMTV Thierry Arnaud.

Karine Lambin