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Comment Fillon a poussé Jouyet à démentir... sans vraiment prévenir l'Elysée

François Fillon et Jean-Pierre Jouyet lorsque le premier était à Matignon et le second secrétaire d'Etat

François Fillon et Jean-Pierre Jouyet lorsque le premier était à Matignon et le second secrétaire d'Etat - GERARD CERLES - AFP

A grands renforts de SMS, le camp de François Fillon a poussé le secrétaire général de l'Elysée à démentir la scène rapportée dans le livre Sarkozy s'est tuer. Problème, l'Elysée était réticent à un démenti officiel...

Branle-bas de combat dans les camps de Jean-Pierre Jouyet et de François Fillon. La publication des bonnes feuilles du livre Sarko s’est tuer en milieu de semaine dernière par l’Obs, et la divulgation de ce déjeuner où le candidat à la primaire UMP pour 2017 aurait demandé de "taper fort" sur Nicolas Sarkozy, a enflammé les cercles rapprochés du secrétaire général de l'Elysée et de l'ancien Premier ministre.

Les réactions s'enchaînent de part et d'autre: François Fillon publie un démenti immédiatement, et, selon nos informations, multiplie les échanges téléphoniques avec Jean-Pierre Jouyet, ancien membre de son gouvernement, pour lui demander d’en faire autant.

Le secrétaire général de l'Elysée s’exécute par le biais d’un SMS envoyé par Gaspard Gantzer, le patron de la communication du Palais à la rédaction de l’Obs.

Jouyet réagit dans son coin

Insuffisant pour le camp Fillon qui demande un démenti officiel dans la journée de jeudi. A l'Elysée, les conseillers sont tièdes et jugent l'opération bien trop risquée. Jean-Pierre Jouyet envoie un nouveau SMS. A Antoine Gosset-Grainville cette fois, le troisième homme présent au fameux déjeuner du mois de juin dernier où la conversation rapportée par le livre des deux journalistes du Monde aurait eu lieu.

Le contenu du message? "Gantzer me dit que si (on dément via) AFP on met le feu au feu".

Mais Jean-Pierre Jouyet finit par céder sous la "pression monumentale" mise par François Fillon et les siens. Problème, il le fait "sans en avertir grand monde à l’Elysée", explique Gérard Davet à BFMTV.

Un dîner était prévu... avant le week-end

Néanmoins, François Fillon comme Jean-Pierre pense l'affaire entendue et prévoient de dîner ensemble prochainement. C'était avant que l'affaire ne s'emballe à nouveau et que les auteurs n'évoquent l'enregistrement de leur entretien avec le secrétaire général de l'Elysée. Des bandes écoutées depuis par BFMTV et qui ne laissent aucun doute sur leur authenticité.

Depuis Jean-Pierre Jouyet a confirmé un échange avec François Fillon au sujet de l'Affaire Bygmalion et des pénalités payées par l'UMP après le rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy 2012.

François Fillon, lui, dénonce un mensonge - dans les colonnes du JDD puis sur le plateau du 20h de TF1 dimanche - et a engagé des procédures judiciaires pour appuyer ses déclarations. Mieux, l'ancien Premier ministre reçoit le soutien des membres de sa famille politique qui redoute plus que tout une nouvelle guerre des chefs à l'UMP. Même Nicolas Sarkozy a préféré frapper sur le "mensonge du pouvoir en place", lundi soir en meeting.

Les socialistes bien silencieux

Ce mardi 11 novembre, après un long silence dans les rangs gouvernementaux, Manuel Valls a donné la version de l'exécutif. "Je ne ferai pas de commentaires aujourd'hui", a-t-il assuré. Si la question lui était posé mercredi, le Premier ministre en appellera au "respect de la justice et des hommes". "Je ne veux pas participer à ce type de débat", a continué Manuel Valls.

Dans un communiqué tardif, le Parti socialiste a pour sa part accusé la droite de "manoeuvre grotesque pour masquer ses règlements de comptes".

Samuel Auffray avec le service politique de BFMTV