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La voix de Jouyet parfaitement identifiable sur l'enregistrement du "Monde"

Le secrétaire général de l'Elysée Jean-Pierre Jouyet et l'ex-Premier ministre François Fillon (ici photographiés en novembre 2008)

Le secrétaire général de l'Elysée Jean-Pierre Jouyet et l'ex-Premier ministre François Fillon (ici photographiés en novembre 2008) - Jacques Demarthon ; Kenzo Tribouillard - AFP ; montage BFMTV

Jean-Pierre Jouyet a finalement affirmé, dimanche, avoir bel et bien évoqué l'affaire Bygmalion lors d'un déjeuner avec François Fillon, trois jours après avoir démenti les révélations de journalistes du Monde. Ce lundi matin, BFMTV et RMC ont pu écouter cinq minutes de l'enregistrement de cet entretien entre Jean-Pierre Jouyet et les deux journalistes du Monde.

BFMTV a pu écouter, lundi matin dans nos locaux, les enregistrements de l'entretien accordé par le secrétaire général de l'Elysée Jean-Pierre Jouyet à deux journalistes du Monde. Enregistrement qui le place depuis ce week-end dans la tourmente. Selon notre journaliste, aucun doute possible, la voix de l'ami intime de François Hollande est parfaitement identifiable. Le phrasé et le ton de l'ancien secrétaire d'Etat sont reconnaissables. 

L'entretien avec Jean-Pierre Jouyet a duré une cinquantaine de minutes et la partie consacrée à François Fillon s'étend, elle, sur 5 minutes.

Jouyet a accepté d'être cité

La voix du secrétaire général de l'Elysée a aussi été identifiée par le journaliste Jean-Jacques Bourdin qui recevait le journaliste du Monde Gérard Davet ce lundi matin.

"Avant que tout ceci ne sorte, nous lui avons demandé deux fois de confirmer ses propos et il nous avait assuré qu'il n'y avait pas de problème, qu'il assumait et qu'il était d'accord pour être cité dans le livre", a expliqué Gérard Davet. 

Hollande ne "peut pas taper plus vite"

Sur le fond, sur ces bandes, Jean-Pierre Jouyet explique que François Fillon lui a fait part, lors d'un déjeuner au mois de juin dernier, de "sa grave préoccupation concernant l'affaire Bygmalion" et aussi soulevé "la question de la régularité du paiement des pénalités payées par l'UMP pour le dépassement des dépenses autorisées dans le cadre de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy". Puis, l'entretien - que BFMTV a pu écouter mais pas enregistrer - porte sur des questions techniques liées au financement de l'UMP.

Enfin, Jean-Pierre Jouyet confie à Gérard Davet et à Fabrice Lhomme, auteurs de Sarkozy s'est tuer (éd. Stock), que l'ancien Premier ministre a demandé à l'Elysée de "taper fort et vite" sur Nicolas Sarkozy "pour ne pas le laisser revenir".

Toujours sur l'enregistrement, François Hollande aurait opposé, selon Jean-Pierre Jouyet, une fin de non-recevoir à la requête d'accélérer les procédures judiciaires contre l'ancien locataire de l'Elysée. "Taper plus vite, on ne peut pas", assure le secrétaire général de l'Elysée, citant le chef de l'Etat.

S.A. avec Jeremy Brossard