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La pression monte autour de Jouyet et de l'Elysée

Le secrétaire général de l'Elysée Jean-Pierre Jouyet

Le secrétaire général de l'Elysée Jean-Pierre Jouyet - Martin Bureau - AFP

L'opposition veut impliquer l'Elysée dans l'affaire qui oppose François Fillon à Jean-Pierre Jouyet et demande le départ du secrétaire général de la présidence de la République. Dans la majorité, les rangs restent serrés pour le moment, alors que le FN renvoie les deux camps dos à dos.

Commémorations du 11-Novembre obligent, le chef de l'Etat comme le gouvernement se sont abstenus de commenter les nouveaux rebondissements de l'affaire qui secoue le secrétaire général de l'Elysée Jean-Pierre Jouyet. Les contradictions de ce dernier sur la teneur d'un déjeuner avec François Fillon le 24 juin dernier, ont été mis à mal par les affirmations du "troisième homme" de ce repas, Antoine Gosset-Grainville, qui a validé la version livrée par François Fillon. Il n'en fallait pas plus pour que la pression montent encore d'un cran sur Jean-Pierre Jouyet.

"Jean-Pierre Jouyet, seul, a-t-il inventé cette histoire pour troubler la droite?, s'est interrogé l'ancien secrétaire général de l'Elysée et ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant sur BFMTV mardi. Où cette stratégie a-t-elle été développée à l'Elysée?", a-t-il poursuivi dans une allusion limpide aux propos de Nicolas Sarkozy lundi qui évoquait "un mensonge" du "pouvoir en place".

Une "romance"

"Qui peut contraire à une telle romance?", a répondu sur BFMTV le socialiste Julien Dray. Il évoque une "erreur" de Jean-Pierre Jouyet quand le président PS de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, y voit une "maladresse". "L'UMP tente de camoufler une lutte à mort en jetant la suspicion" sur le secrétaire général de l'Elysée, avait lui réagi le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis, défendant ardemment la droiture de la présidence de la République.

Néanmoins, la question d'une démission du secrétaire général de l'Elysée est posée.

Marine Le Pen renvoie Fillon et Jouyet dos à dos

"Voilà la situation aberrante dans laquelle on se trouve aujourd'hui où (M. Jouyet) a démenti son démenti. Que vaut la parole du secrétaire général de l'Elysée ?", a demandé Jérôme Chartier, député UMP proche de François Fillon sur France Info mardi.

François Bayrou a, lui, estimé que la démission était "inéluctable" car "cette affaire est une atteinte au pacte de confiance". A l'UMP, le candidat à la présidence du parti, Bruno Le Maire a lui aussi demandé la démission de Jean-Pierre Jouyet.

Marine Le Pen botte en touche sur la question de la démission mais en profite pour discréditer le gouvernement actuel et ses prédécesseurs: "Manifestement, et l'un et l'autre (MM. Jouyet et Fillon, ndlr) savent que sous le mandat de Nicolas Sarkozy comme sous le mandat de François Hollande il y a des pressions qui peuvent s'exercer sur la justice".

Une démission? Mélenchon "s'en fiche"

"Ce n'est pas Jouyet qu'il faut juger, c'est Hollande", a estimé le député européen Jean-Luc Mélenchon sur RTL. Le secrétaire général de l'Elysée doit-il démissionner? "Je m'en fiche", mais Jouyet "incarne tout ce que nous détestons", a -t-il dénoncé.

"Jean-Pierre Jouyet, bras droit de M. Hollande après avoir été ministre de M. Sarkozy, fait partie des indestructibles, insubmersibles, ininflammables. Quel que soit le régime, ils sont toujours là, ils commandent". "Tout ça, c'est l'entre-soi, les belles personnes et les importants", a ironisé le responsable du Front de gauche.

S.A. avec AFP