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Procès en Belgique: Paris et Bruxelles n'ont pas trouvé d'accord pour le transfert d'Abdeslam

Le transfert de Salah Abdeslam entre la Belgique et la France en avril 2016 s'était fait sous haute surveillance.

Le transfert de Salah Abdeslam entre la Belgique et la France en avril 2016 s'était fait sous haute surveillance. - AFP

Alors que la justice française a donné son accord pour que le seul survivant des attentats du 13-Novembre assiste à un procès prévu en Belgique en décembre, les modalités de son transfert posent de réelles difficultés.

Il est l'homme le plus surveillé de France. La justice française a donné son accord pour que Salah Abdeslam soit "prêté" à la Belgique pour un procès prévu en décembre. Mais alors que le seul survivant des attentats du 13 novembre est, depuis son arrivée en France en avril 2016, à l'isolement à la prison de Fleury-Mérogis et sous vidéosurveillance 24h/24, la question de sa surveillance pendant son transfert vers Bruxelles, le temps du procès, est un véritable casse-tête pour les deux pays.

Ce lundi, la presse belge assurait détenir les détails de ce transfert sous haute surveillance mais surtout de son séjour en Belgique qui doit se faire dans une prison de haute sécurité. Or, le seul centre pénitentiaire disposant de normes de sécurité drastiques se trouve à Bruges, soit à une centaine de kilomètres de Bruxelles.

C'est d'ailleurs dans cette prison que Mehdi Nemmouche, le tireur présumé du musée juif de Bruxelles, a conseillé à Salah Abdeslam d'observer le silence face aux enquêteurs. Afin d'éviter un quelconque contact entre les deux hommes et des allers-retours, La Dernière Heure assure qu'il a été décidé que le prisonnier ferait ces trajets quotidiens en hélicoptère mais entre la salle du tribunal et... la prison de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne.

"Sornette"

Selon nos informations, aucune décision n'a été prise. C'est en tout cas ce qu'avance auprès de BFMTV le procureur fédéral belge, magistrat compétent sur l'ensemble du pays en matière d'affaires de terrorisme ou de criminalité organisée. Selon lui, ce transfert entre l'Essonne et la Belgique n'est qu'une piste envisagée. Côté français, alors que le ministère de la Justice ne souhaite pas réagir, l'administration pénitentiaire parle elle de "sornettes". 

Le 5 octobre dernier, le parquet fédéral belge annonçait qu'"une solution juridique solide" avait été trouvée avec le parquet de Paris concernant la présence de Salah Abdeslam lors du procès de la fusillade de Forest le 15 mars 2016. Le seul membre des commandos du 13-Novembre encore vivant avait réclamé assisté aux débats. Sans avocat depuis un an, Abdeslam compte se défendre seul. Cette fusillade, menée par les services de police belge, avait précipitée la chute du terroriste. Un homme avait trouvé la mort alors qu'un complice et Abdeslam prenaient la fuite. Ce dernier était interpellé trois jours plus tard.

J.C. avec Cécile Ollivier