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Condamné pour corruption, Nicolas Sarkozy n'en a pas encore fini avec la justice

L'ancien président Nicolas Sarkozy arrives au tribunal de Paris le 1er mars 2021

L'ancien président Nicolas Sarkozy arrives au tribunal de Paris le 1er mars 2021 - Anne-Christine POUJOULAT © 2019 AFP

Dès le 17 mars, Nicolas Sarkozy sera à nouveau dans les prétoires, jugé pour financement illégal de campagne dans le cadre de l'affaire Bygmalion. Il fait également l'objet de deux autres enquêtes.

Nicolas Sarkozy est devenu ce lundi le premier ancien président de la Ve République condamné à de la prison ferme pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire dite des "écoutes". La décision rendue lundi par le tribunal correctionnel de Paris n'est toutefois pas l'épilogue de ce dossier qui dure déjà depuis de nombreuses années.

L'ancien chef de l'État, qui a toujours affirmé n'avoir jamais commis "le moindre acte de corruption", va faire appel de sa condamnation à trois ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis - une peine aménageable.

Nicolas Sarkozy est "combattif, calme et déterminé, il a pour lui la vérité il souhaite qu'elle éclate", a assuré lundi soir sur BFMTV son avocate Jacqueline Laffont, qui table sur un prochain procès d'ici un an. "Il est dans l'étape suivante, ce jugement n'existe pas, la peine n'existe plus, nous sommes dans l'appel", a t-elle martelé.

Mais outre cet appel à venir, l'ancien président (2007-2012) fait face à d'autres procédures.

· Financement illégal de campagne

Nicolas Sarkozy a été renvoyé en correctionnelle pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012 dans le cadre de l'affaire Bygmalion. Il aurait dépassé le plafond autorisé des dépenses électorales de plus de 20 millions d'euros. Le procès, avec 13 autres personnes, doit débuter le 17 mars.

· "Corruption passive" et "association de malfaiteurs"

Soupçonné d'avoir financé sa campagne de 2007 avec des fonds occultes libyens, il a également été mis en examen en 2018 pour "corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens", puis en 2020 pour "association de malfaiteurs".

· "Trafic d'influence" et "blanchiment de crime ou délit"

Enfin, ses activités de conseil en Russie font l'objet d'une enquête préliminaire du Parquet national financier (PNF), confirmée en janvier 2021, pour "trafic d'influence" et "blanchiment de crime ou délit". Selon Mediapart, cette enquête a été ouverte à l'été 2020. Elle vise à déterminer si l'ancien chef de l'État "se serait adonné à des activités de lobbying potentiellement délictuelles" pour le compte d'oligarques russes.

Avant Nicolas Sarkozy, seul un ancien président de la Ve République avait été sanctionné par la justice: Jacques Chirac. Il avait été condamné en 2011 à deux ans de prison avec sursis dans le dossier des emplois fictifs de la ville de Paris.

Ambre Lepoivre avec AFP Journaliste BFMTV