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Reconnu coupable de corruption, pourquoi Nicolas Sarkozy n'ira pas en prison

L'ancien président Nicolas Sarkozy arrives au tribunal de Paris le 1er mars 2021

L'ancien président Nicolas Sarkozy arrives au tribunal de Paris le 1er mars 2021 - Anne-Christine POUJOULAT © 2019 AFP

Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog et Gilbert Azibert ont été reconnus coupable de corruption et de trafic d'influence ce lundi. Ils ont écopé de trois ans de prison dont un an ferme.

Un "pacte de corruption" établi qui "exige une réponse pénale ferme". La présidente de la 32e chambre correctionnelle du tribunal de Paris n'a pas été tendre avec Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog et Gilbert Azibert. Tous ont été reconnus coupables de corruption et de trafic d'influence dans l'affaire dite des écoutes, née d'interceptions téléphoniques en 2014 dans le cadre d'une autre enquête. Une condamnation qui raisonne comme un tsunami politique.

Nicolas Sarkozy a été condamné à trois ans de prison, dont un an ferme, au terme de 45 minutes de lecture du jugement par la magistrate. Pour la première fois sous la Ve République, un ancien président est condamné à de la prison ferme. Ce dernier a toutefois quitté rapidement la salle d'audience, libre. La justice n'a en effet pas prononcé de mandat de dépôt à son encontre, ni à l'encontre de Thierry Herzog et Gilbert Azibert.

Une peine aménageable

Pour autant, Nicolas Sarkozy n'ira pas en prison. La présidente de la 32e chambre correctionnelle du tribunal de Paris a immédiatement précisé que cette condamnation à un an de prison ferme pourra être aménagée, notamment à domicile avec un placement sous surveillance électronique. Ces conditions vont être déterminées par un juge d'application des peines.

Cette condamnation à de la prison ferme s'explique par la "particulière gravité ayant été commis par un ancien président de la République, il s'est servi de son statut et de ses relations politiques et diplomatiques pour gratifier un magistrat ayant servi son intérêt personnel", a estimé la présidente du tribunal rappelant qu'il avait été "le garant de l'indépendance de la justice" pendant son mandat.

Même si les peines prononcées à l'encontre des trois hommes sont moins lourdes que celles requises par le parquet national financier - quatre ans de prison dont deux ans ferme - ces condamnations sont symboliques.

"Pour un ancien président de la République, porter un bracelet électronique et ne pas pouvoir sortir de son domicile à certaines heures, c'est infamant", estime sur BFMTV Stéphane Babonneau, avocat au barreau de Paris.

Un appel suspensif

Cette condamnation n'est par ailleurs pas définitive. En effet, les parties ont dix jours pour faire appel, une procédure qui suspend les peines dans l'attente d'un nouveau procès. Thierry Herzog, l'ancien avocat de Nicolas Sarkozy, son ami, son "frère" disait-il à l'audience, a été le premier à annoncer avoir interjeté appel de sa condamnation à trois ans de prison, dont un an ferme. A suivi l'annonce de l'appel de Gilbert Azibert.

En fin de journée, Nicolas Sarkozy, par l'intermédiaire de son avocate, a également indiqué vouloir faire appel de sa condamnation. Me Jacqueline Laffont a dénoncé un "jugement extrêmement sévère" et "totalement infondé et injustifié". "L'appel réduit le jugement au néant, vous avez toujours un Nicolas Sarkozy présumé innocent", a rappelé l'avocate.

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV