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École: qu'est-ce qui va changer à la rentrée scolaire?

En maternelle, en primaire, au collège ou au lycée: élèves et professionnels de l'enseignement feront face à de nombreux changements pour la nouvelle année scolaire 2019-2020.

Ecoliers, collégiens mais aussi lycéens retournent sur les bancs de l'école ce lundi matin. Le ministre de l'Education nationale espère que la rentrée scolaire 2019-2020 se déroulera sous le signe de l'apaisement, après la forte mobilisation contre la réforme du lycée sur laquelle s'était achevée l'année 2018-2019

"Il est temps de tourner la page de la crise du bac, de passer à autre chose", a affirmé Jean-Michel Blanquer lors de sa conférence de presse de rentrée ce mardi, dans une volonté évidente de changer de ton par rapport au mois de juillet dernier, insistant sur la nécessité de renforcer le bien-être des professeurs. 

Le ministre de l'Éducation a également fait savoir que 2300 postes d'enseignants seraient créés en primaire cette année, celle-ci restant la "priorité" du gouvernement, comme le stipule d'ailleurs la circulaire envoyée fin mai aux recteurs, inspecteurs et directeurs d'établissement. Alors quels sont les grands changements auxquels s'attendre pour la rentrée 2019?

  • Le délicat dossier de la réforme du bac

En cette rentrée 2019, la réforme du bac (qui doit être effective en 2021) reste le gros chantier du gouvernement. Cette réforme, qui réduira le nombre d'épreuves finales au profit du contrôle continu, s'accompagne d'une refonte de l'enseignement au lycée.

Cette année, les séries (L, ES et S) sont supprimées en classe de Première et remplacées par des enseignements de spécialité. La réforme a cristallisé les oppositions de ceux qui craignent l'instauration d'un examen "local" et non plus national, jusqu'à rejaillir fin juin sur le bac, entaché par une grève des correcteurs. 

"Les raisons de la colère sont là, cette rentrée va être compliquée car elle est pleine d'incertitudes", affirme Claire Guéville, secrétaire nationale du Snes-FSU, premier syndicat dans le secondaire, opposé à la réforme.

De manière générale, cette réorganisation devrait bouleverser l'organisation lycéenne, car cela pourrait poser des problèmes d'emplois du temps et de salles. Cela va nécessiter des ajustements car les élèves n'auront plus tous cours dans la même classe. D'autant que les programmes scolaires sont arrivés très tard. Les professeurs ont d'ailleurs fait part de leur inquiétude concernant les premières épreuves de contrôle continu qui vont arriver en janvier prochain. 

En recevant les syndicats au cours des derniers jours, le ministre a voulu déminer le terrain et a annoncé que des "comités de suivi" seraient mis en place pour tenir compte des difficultés éventuelles et décider d'aménagements.

  • Mise en place du plan violence

En réaffirmant la priorité donnée à l'enseignement primaire, le ministre a souhaité mettre l'accent sur le bien-être des enseignants et des professeurs. Celui-ci a ainsi déroulé une série de mesures sur la sécurité dans les écoles, qui s'inscriront dans le cadre du "plan violence". Les élèves perturbateurs auront désormais à s'inscrire en classe relais sur décision académique, et les abords des établissements devraient être davantage sécurisés.

  • Ecole obligatoire dès 3 ans

Mesure phare du projet de loi du ministre de l'Éducation "pour une école de la confiance", l'abaissement de 6 à 3 ans de l'âge légal de la scolarité va être effectif en cette nouvelle année. 98% des élèves allant déjà en maternelle dès cet âge, cette mesure ne concernera cependant que 26.000 enfants. C'est toutefois un enjeu majeur pour certains territoires, comme Mayotte ou la Guyane.

Cette nouveauté devrait s'accompagner d'une obligation d'assiduité, c'est-à-dire que les contrôles d'absences des enfants devraient être renforcés dès leurs 3 ans, à partir de septembre.

  • Des classes dédoublées dans les quartiers défavorisés

Promesse du candidat Emmanuel Macron, dont le ministre s'est saisi dès sa prise de poste, la mise en oeuvre des réductions d'effectifs dans les CP et CE1 en Rep et Rep+ s'achèvera à la rentrée. Ce dispositif sera effectif sur l'ensemble du territoire à l'exception de la Seine-Saint-Denis et des quartiers nord de Marseille, qui se heurtent à un manque de salles de classes.

Au printemps, Emmanuel Macron avait annoncé que la mesure serait étendue progressivement aux classes de grande section en éducation prioritaire et que les effectifs seraient limités à 24 élèves dans toutes les classes de grande section, CP et CE1 d'ici la fin du quinquennat. 300.000 élèves devraient en bénéficier à la rentrée 2019, et 450.000 d'ici la fin du quinquennat.

  • Drapeaux et Marseillaise dans les classes

À partir de cette année, la loi imposera l'affichage, dans toutes les salles de classe, des drapeaux français et européen, ainsi que la devise "Liberté, Egalité, Fraternité" et les paroles de l'hymne national, la Marseillaise.

  • Des évaluations maintenues mais revues

Mises en place à la rentrée 2018 pour les classes de CP, CE1 et 6ème, les évaluations de français et de mathématiques seront maintenues à la rentrée, mais revues. Jean-Michel Blanquer a estimé que celles-ci permettaient d'avoir un portrait très précis du niveau des élèves.

Ces évaluations ont à l'inverse été très décriées par une partie des enseignants, qui les jugent inutiles, facteurs de stress, ou plus ou moins exploitables. Elles sont reconduites cette année avec un calendrier "adapté", selon le ministère. 

  • Le handicap mieux accompagné

24.500 élèves en situation de handicap seront scolarisés cette année, en plus des 340.000 scolarisés l'an dernier. Les familles devraient être mieux accompagnées avec une cellule de réponse concernant la prise en charge de leur dossier, a promis le gouvernement. La création de pôles inclusifs d'accompagnement localisés (PIAL) a été votée.

La mesure, qui vise à mutualiser systématiquement les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), doit permettre d'accompagner au plus près les besoins pédagogiques de chaque élève. Mais elle risque de renforcer une gestion mathématique des besoins, redoutent des syndicats.

"Nous disons à l'élève: avant tu attendais d'avoir un AESH pour aller à l'école, maintenant tu vas à l'école, un AESH t'attend", a lancé mardi Jean-Michel Blanquer.
  • Des "éco-délégués" au collège et au lycée

Des mesures environnementales pour "davantage de vert dans nos écoles" vont être mises en place dès la rentrée 2019. Pas moins de 250.000 éco-délégués, un par classe au collège et au lycée, vont désormais être désignés pour mettre en place des actions écologiques au quotidien. "Nous voulons faire de l'Éducation nationale le fer de lance" de la défense de l'environnement, a insisté Jean-Michel Blanquer ce mardi.

"Des potagers, des ruches, des perchoirs à oiseaux vont être développés en lien avec les collectivités locales, en somme des éléments qui favorisent la biodiversité de manière extrêmement concrète. Nous voulons une génération d'acteurs car il y a des problèmes à résoudre et plein de métiers à exercer dans le domaine de l'environnement", a encore déclaré le ministre face à la presse.

Et pour s'assurer du succès de ces mesures, des comités de suivi des réformes du lycée vont être mises en place d'ici septembre par le gouvernement.

Jeanne Bulant