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Nouveau bac, réforme des retraites... Les profs toujours mobilisés pour la rentrée scolaire 2019

Jean-Michel Blanquer tient ce mardi une conférence de presse pour communiquer les priorités de l'Education nationale pour cette année scolaire 2019-2020. Les professeurs sont toujours très remontés contre la réforme du lycée.

Une réforme du bac qui implique aussi une réforme du lycée, consistant notamment en une suppression de ses filières, une réforme des retraites qui pourrait pénaliser durement les anciens enseignants... l'ardoise des professeurs est chargée tandis que la rentrée s'annonce déjà. Vendredi, les profs accompliront leur prérentrée avant d'accueillir les élèves au sortir du week-end. Jean-Michel Blanquer tient quant à lui ce mardi une conférence de presse afin de présenter les priorités de l'année scolaire 2019-2020, qui s'annonce tendue.

Des revendications sur les effectifs et les salaires 

Il aura fort à faire tant l'inquiétude et l'opposition des enseignants aux réformes qu'il a engagées sont protéiformes. L'une de nos équipes a eu l'occasion de rencontrer certains d'entre eux lors d'une université d'été dans le XIIe arrondissement. Jimmy, professeur d'histoire-géographie, a ainsi rappelé que certaines préoccupations relevaient d'un ordre très pratique: "Peut-on mettre 35 élèves dans une salle ? Sachant que, l’année dernière j’avais déjà une classe de trente élèves, on avait déjà des difficultés à certains cours pour trouver des chaises."

Jean-Rémi Girard, secrétaire général du Syndicat national des lycées et collèges (SNALC), a également dénoncé la gestion de la question des salaires par les autorités. "L’argument du ‘vous êtes trop nombreux pour qu’on vous augmente’ ne tient pas. A un moment, il faut faire les efforts, organiser le budget", a-t-il expliqué. 

La réforme du bac toujours dans les esprits

La crise avait culminé entre la rue de Grenelle et le personnel enseignant en juin et juillet derniers, lorsque certains professeurs avaient décidé de conserver des copies du bac, inquiets de la réforme du lycée. Celle-ci se traduit en cette rentrée par les suppressions des séries (L, ES, et S), remplacées par des enseignements de spécialité.

"Cette réforme du lycée est un changement de paradigme, un nouveau puzzle à construire, dont certains éléments pourraient se gripper lors de cette rentrée", a prévenu Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa, interrogé par l'AFP. Les risques de "bugs" sont, selon lui, potentiellement nombreux dans les mois à venir.

Pour tenter d'apaiser les échanges, Jean-Michel Blanquer s'est lancé dans une série de rendez-vous avec les syndicats. Frédérique Rolet, secrétaire générale du syndicat national des enseignements du second degré (SNES), a affirmé devant nos caméras: "Il y a quand même l’idée qu’il faut éviter d’avoir une crise de l’ampleur de celle qu’on a connue en juin-juillet mais on est toujours bien loin d’une véritable écoute."

Des inquiétudes sur les retraites

La réforme des retraites est elle aussi dans les esprits. Elle pourrait faire perdre plusieurs centaines d'euros aux retraités de l'Education nationale. Le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye lui-même a concédé que la direction envisagée allait pénaliser les catégories de la population percevant peu de primes. 

Plusieurs préavis de grève ont été déposés pour septembre. 

Robin Verner, avec Véronique Fèvre