BFMTV

Buzyn, Darmanin, Blanquer: ces ministres dont la rentrée s'annonce corsée

De nombreux dossiers attendent un gouvernement qui fait sa rentrée ce mercredi à l'occasion d'un Conseil des ministres. Certains de ses membres vont devoir monter au créneau dès les prochaines semaines.

C'est déjà la troisième rentrée du gouvernement d'Edouard Philippe. Si ses membres ont pu profiter d'un été politique tranquille pour l'essentiel, ils sont quelques-uns à se retrouver au bas de la pente et à devoir se mettre en train sans tarder. C'est sans doute l'un des enseignements que ces derniers tireront du Conseil des ministres de ce mercredi. Car tous ne sont pas égaux devant les remous, si ce n'est les tempêtes, qui se profilent à l'horizon de l'exécutif. 

Les trois casquettes d'Agnès Buzyn 

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a certainement la place la plus inconfortable de la rentrée car elle se trouve en charge de trois dossiers. Tout d'abord, il lui faudra bien, enfin, réussir à apaiser la grève des services d'urgence. En cours depuis plusieurs mois, ce mouvement d'ampleur réclame moyens, embauches, et revalorisations salariales. Pour l'instant, la ministre n'a annoncé que le lancement d'une prime mensuelle de 100 euros net pour le personnel des urgences mais la Direction générale de l'offre de soins a affirmé qu'elle irait plus loin. 

De plus, c'est à elle, en binôme avec le Haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, que revient la mission de conduire la réforme des retraites. Le gouvernement entend refondre les 42 régimes spéciaux en un modèle unique consistant en un système à points. De surcroît, il veut mettre en place un "âge incitatif" de départ à la retraite à 64 ans. Agnès Buzyn a par ailleurs confirmé ce mercredi matin sur notre antenne la tenue d'une concertation nationale au sujet des retraites. 

Enfin, elle est l'une des trois ministres, avec la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, et la ministre de l'Enseignement supérieure et de la Recherche, Frédérique Vidal, qui auront à porter le projet de loi de bioéthique dès la fin du mois de septembre. 

Autant dire qu'Agnès Buzyn va devoir "déminer" sous ses pas, selon l'expression de notre éditorialiste politique, Christophe Barbier, qui relève qu'elle a pris ces derniers mois une épaisseur nouvelle sur la scène publique, passant d'une stature de ministre technique à celle de figure politique. 

Jean-Michel Blanquer dans le collimateur des profs 

Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, ne quittera pas l'avant-scène. Ayant déjà engagé la réforme du lycée, il va chercher à mener à poursuivre sa réforme du baccalauréat, censée aboutir dès 2021. Sa principale caractéristique est qu'elle vise à supprimer les différentes filières (comme L ou S, par exemple) pour les remplacer par un tronc commun auquel des disciplines de spécialité viendront s'adjoindre. Une autre gageure l'attend au coin du bois de sa rentrée politique: reprendre le dialogue avec un monde enseignant en colère et dont une fraction a même refusé un certain temps de rendre les copies du bac.

"Parmi les ministres les plus exposés, j’ajouterais également Jean-Michel Blanquer, sorti indemne de la grève du bac avant l’été, mais qui doit reprendre un dialogue social en se réinventant. Ça va peut-être être le plus intéressant à suivre en cette rentrée", estime Christophe Barbier.

  • Gérald Darmanin, un ministre du budget très attendu 

A chaque exercice, un ministre doit présenter sa feuille de route: le ministre du Budget. Cette rentrée sera donc studieuse pour Gérald Darmanin. 

"Il doit boucler le budget et le budget c’est pas simple, surtout qu’on nous dit: ‘Oh miracle, grâce aux taux d’intérêt négatifs on va récupérer deux milliards. On va faire des économies’. Non, ça c’est une ruse. Le ministre du Budget, on l’attend sur les économies de dépenses", note notre éditorialiste.

Elisabeth Borne doit faire ses preuves 

Ayant remplacé François de Rugy au ministre de la Transition écologique au début de l'été, Elisabeth Borne, qui dispose de peu de référence dans le domaine, a encore tout à y prouver. Pour elle aussi, les premières semaines se feront au pas de charge. 

"Elisabeth Borne est à la fois sur les Transports et l’Ecologie, c’est un peu trop, peut-être, pour une seule ministre. Peut-être qu’elle doit recruter quelqu’un pour la décharger du dossier des transports qui est toujours un dossier où il peut y avoir des grèves très gênantes pour les Français", estime Christophe Barbier. 

Robin Verner