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Loi bioéthique, retraites... Les chantiers à risque qui attendent le gouvernement pour la rentrée

Des appels à la grève et à la mobilisation ont d'ores et déjà été lancés pour contester plusieurs réformes pensées par le gouvernement, qui seront examinées à la rentrée.

Après trois semaines passées au fort de Brégançon, Emmanuel Macron a fait sa rentrée internationale lundi, en recevant Vladimir Poutine. Le président de la République rencontrera deux autres chefs d'État jeudi, à savoir le Premier ministre britannique Boris Johnson et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, avant de participer au sommet du G7, qui se tiendra sous haute surveillance à Biarritz du 24 au 26 août.

Après ces grands rendez-vous internationaux, la rentrée s'annonce tout aussi chargée pour Emmanuel Macron et le gouvernement d'Édouard Philippe, qui tient son premier Conseil des ministres ce mercredi. De nombreuses réformes qui seront discutées dès septembre, telles que le projet de loi sur la bioéthique ou encore la réforme des retraites, devraient faire beaucoup de bruit et susciter de bon nombre de débats.

  • La réforme contestée des retraites

L'un des principaux chantiers du gouvernement pour cette rentrée sera sans aucun doute la réforme des retraites. Présentée le 18 juillet dernier, elle prévoit notamment d'abandonner les 42 régimes spéciaux pour un seul et unique régime basé sur un système à points. Mais la réforme des retraites envisage également un âge incitatif de départ de 64 ans pour pouvoir obtenir une retraite à taux plein.

Cette annonce a eu l'effet d'une bombe chez de nombreux syndicats, qui appellent d'ores et déjà à la grève pour tenter de faire reculer le gouvernement. Force Ouvrière et la CGT ont notamment lancé des appels à la mobilisation, respectivement les 21 et 24 septembre prochains.

Avant cela, Édouard Philippe a annoncé qu'il recevrait les partenaires sociaux les 5 et 6 septembre pour discuter de cette réforme très critiquée. La date de présentation du projet de loi n'a quant à elle pas encore été fixée.

  • La PMA pour toutes, mesure phare de la loi de bioéthique

Examiné à partir du 24 septembre à l'Assemblée nationale, le projet de loi sur la bioéthique prévoit notamment la fin de l'anonymat du don de sperme ou encore la conservation des ovocytes en prévision d'une grossesse ultérieure.

Mais c'est sa mesure phare, à savoir l'ouverture et le remboursement de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes ainsi qu'aux femmes célibataires, qui a fait beaucoup de bruit ces dernières semaines. La PMA est en effet aujourd'hui uniquement autorisée aux couples hétérosexuels infertiles. Le texte prévoit par ailleurs un dispositif de filiation pour les enfants nés d'une PMA dans un couple de lesbiennes.

Le projet de loi porté par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, de la Justice Nicole Belloubet et de la Recherche Frédérique Vidal est vivement critiqué du côté de la droite conservatrice, ainsi que par plusieurs collectifs telles que La Manif pour tous. Cette dernière appelle d'ailleurs à manifester contre la PMA pour toutes le 6 octobre à Paris.

  • Agriculteurs, enseignants et personnel hospitalier toujours en colère

À la rentrée, le gouvernement devra également composer avec un mécontentement grandissant dans plusieurs corps de métiers. Du côté de l'hôpital, entre 195 et 220 services d'urgence étaient encore en grève mercredi selon les chiffres du ministère de la Santé et du collectif Inter-Urgences, à l'origine de ce mouvement social qui a débuté mi-mars.

Cette mobilisation vise à réclamer plus de moyens, des embauches, ainsi qu'une revalorisation des salaires du personnel hospitalier. Inter-urgences a d'ores et déjà appelé à une rencontre nationale lors d’une nouvelle assemblée générale, le 10 septembre prochain.

Alors que la mise en place d'une prime mensuelle de 100 euros net pour le personnel des services urgences a été annoncée début juillet, la direction générale de l'offre de soins (DGOS) a par ailleurs assuré que la ministre de la Santé Agnès Buzyn présenterait dès la rentrée de nouvelles mesures pour répondre à la crise des urgences.

La grogne ne semble pas non plus diminuer du côté des agriculteurs, qui continuent de se mobiliser contre le Ceta. Ils estiment en effet que ce traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, approuvé le 23 juillet par l'Assemblée nationale, leur fera une concurrence déloyale et mènera à une baisse de la qualité des produits sur le marché français. Preuve de ce mécontentement, de nombreuses permanences de députés de la majorité ayant voté en faveur du Ceta ont récemment été pris pour cibles par des agriculteurs, qui ont notamment déversé du fumier devant leurs locaux.

Enfin, le gouvernement devra composer avec la colère des enseignants contre la réforme du lycée pensée par Jean-Michel Blanquer, qui prévoit une refonte en profondeur du baccalauréat.

Autant de sujets et de réformes que le gouvernement et Emmanuel Macron souhaiteront négocier délicatement. À seulement sept mois des élections municipales de 2020, nul doute que leur gestion de ces dossiers épineux sera scrutée de près.

Juliette Mitoyen