BFMTV

Grève aux urgences: un collectif appelle à une réunion nationale le 10 septembre

Malgré quelques avancées, les services d'urgences ne baissent pas les armes. Après près de cinq mois de grève, 211 services sont toujours mobilisés. Le collectif Inter-urgences appelle à une rencontre nationale, lors d’une nouvelle assemblée générale, le 10 septembre 2019.

La grève des urgences démarrée mi-mars à Paris continue de s'étendre et touche désormais 211 services, selon le collectif Inter-urgences, qui réclame toujours plus de lits, d'embauches et des hausses de salaires. Face à des avancées encore trop insuffisantes, le collectif appelle "l’ensemble des services hospitaliers mobilisés et en grève à se rencontrer lors d’une assemblée générale nationale, mardi 10 septembre 2019 à Paris".

Renforcer les effectifs, revaloriser les salaires

Car pour l'organisme, le constat est clair: le gouvernement doit encore faire des efforts pour améliorer les conditions de travail et de prise en charge des patients aux urgences. Dans un communiqué, Inter-urgences rappelle que ce service souffre d’une carence de lits ayant notamment mené à "103 hospitalisation brancard pour la seule semaine passée" à Saint-Nazaire. Ce point doit d'ailleurs être abordé dans le rapport d'une mission nationale prévu pour novembre.

Mais en près de 5 mois de grève, des améliorations s’esquissent toutefois. "Cette contestation a ouvert le dialogue, c’est une vertu thérapeutique non négligeable pour le personnel soignant", souffle à BFMTV.com Hugo, membre du collectif Inter-urgences. Il concède également des avancées au niveau de l’approvisionnement en matériel médical, mais le renforcement des effectifs et la revalorisation des salaires pêchent encore.

Mi-juin, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé 70 millions d'euros pour financer une prime de risque de 100 euros nets mensuels pour les personnels des urgences et faciliter les recrutements dans les services en tension.

"Augmentation globale du budget des hôpitaux"

"Mais depuis cette prime, on n’a plus de nouvelle. Or, ça n’est pas suffisant pour donner envie aux employés de rester dans un service d’urgences, vue la difficulté du travail", tance Hugo. Il déplore par ailleurs que l'argent débloqué pour les urgences soit "pris sur d'autres services. Il faut une augmentation globale du budget des hôpitaux", réclame-t-il.

Certains CHU se sont toutefois apaisés depuis le début de la grève. Les urgences de Libourne en Gironde ont notamment mis fin à leur grève, grâce à des protocoles d’accords locaux. A l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), où la direction a offert de créer 230 postes dans ses 25 services d'urgences, les soignants de Trousseau ont eux aussi décidé d'"arrêter" localement la grève, précise l’AFP. A Saint-Antoine, d'où est parti le mouvement après une série d'agressions, les personnels ont massivement soutenu les propositions de l'AP-HP tout en décidant de maintenir la grève, les "revendications nationales" n'étant "pas satisfaites", selon le collectif.

De leur côté, les syndicats espèrent étendre le mouvement à l'ensemble du monde hospitalier à la rentrée, selon Christophe Prudhomme, délégué CGT/urgentiste, qui envisage "une journée d'action le 11 septembre".

Ambre Lepoivre