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Rentrée scolaire 2019: comment Jean-Michel Blanquer veut lutter contre les violences à l'école

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- - Ludovic Marin / AFP

Mardi, lors de la conférence donnée en prélude à la rentrée, le ministre de l'Education nationale a dévoilé les grandes lignes d'un plan, mis en route à l'automne dernier, visant à réduire la violence en milieu scolaire.

Les annonces étaient attendues depuis plusieurs mois. Mardi, Jean-Michel Blanquer a dévoilé son plan pour lutter contre les violences à l'école, à l'occasion de la présentation à la presse des priorités du ministère de l'Education nationale pour l'année 2019-2020. Comme le rappelle l'Education nationale sur son site, une mission d'expertise avait en effet été lancée après qu'une enseignante avait été agressée dans sa classe du lycée Edouard-Branly de Créteil en octobre 2018, braquée par un élève brandissant un pistolet factice. 

Cinq priorités ont conduit ce travail selon le ministère: "protéger l'école, sécuriser l'espace scolaire et les abords des établissements" ; "renforcer l'action disciplinaire dans les collèges et les lycées" ; "répondre plus efficacement aux violences les plus graves commises par les élèves ou les parents" ; "prendre en charge les élèves hautement perturbateurs et poly-exclus" ; "associer et responsabiliser les familles".

Des mesures contre les 1500 élèves très perturbateurs

La conférence de ce mardi a permis de connaître enfin la traduction concrète de ces principes, comme le résume Le Parisien dans son édition de ce mercredi. On note ainsi la volonté de simplifier et accélérer la procédure pour prononcer des sanctions, de maintenir plus longtemps dans le dossier scolaire les dérapages et les incivilités d'un élève, de révoquer automatiquement les sursis en cas de sanction équivalente ou plus grave et enfin de mettre en place un suivi régulier des élèves violents.

Jean-Michel Blanquer a notamment signalé que désormais, il n'était plus besoin de l'accord des familles d'élèves "polyexclus" (pudique expression désignant 1500 élèves très perturbateurs, exclus à plusieurs reprises de leurs différents établissements) pour placer ces derniers dans des classes-relais. Il en existe actuellement 298 en France, qui peuvent chacune accueillir 12 élèves pendant six mois.

Une volonté de "responsabiliser" les parents

Début 2019, Jean-Michel Blanquer avait également annoncé réfléchir à sanctionner les parents "complices" d'élèves violents, potentiellement en les privant d'allocations familiales. Cette piste semble avoir été abandonnée, même si le ministre insiste sur la nécessite d'"associer et responsabiliser" les familles: à compter du second renvoi, les parents du jeune concerné devront s'engager à améliorer le comportement de leur enfant en signant un "protocole" officiel.

Lutter contre les violences scolaires n'est bien entendu pas uniquement une question de sanction, c'est aussi une affaire d'encadrement. Par conséquent, un "référent violences en milieu scolaire" sera désigné dans chaque département. Enfin, un guide décrivant la marche à suivre en cas de violence ou d'incivilité doit être distribué aux enseignants et aux encadrants dans les jours qui viennent. 

Robin Verner