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Après le discours de Macron, l'insatisfaction domine chez les gilets jaunes

Filipe, gilet jaune à Saint-Etienne-du-Rouvray, a répondu directement à Emmanuel Macron après son discours, sur BFMTV.

Filipe, gilet jaune à Saint-Etienne-du-Rouvray, a répondu directement à Emmanuel Macron après son discours, sur BFMTV. - BFMTV

Les gilets jaunes n'ont pas caché leur mécontentement après le discours d'Emmanuel Macron mardi en fin de matinée, plusieurs d'entre eux estimant que le chef de l'Etat n'a pas répondu à leurs revendications.

Pas sûr qu'Emmanuel Macron ait réussi à calmer les gilets jaunes. Le président de la République a présenté ce mardi sa stratégie en matière énergétique pour les dix années à venir. Un discours pendant lequel le chef de l'Etat a affirmé avoir compris la colère du mouvement des gilets jaunes, assurant qu'il s'agirait de traiter à la fois la fin du monde et le problème des fins de mois

"Nous devons entendre les protestations d'alarme sociale mais nous ne devons pas le faire en renonçant à nos responsabilités pour aujourd'hui et pour demain parce qu'il y a aussi une alarme environnementale", a martelé Emmanuel Macron, proposant une grande concertation de terrain dans les trois mois sur "la transition écologique et sociale", à laquelle seront associés les représentants des gilets jaunes.

Par ailleurs, une délégation de représentants de gilets jaunes sera reçue ce mardi après-midi par le ministre de la Transition écologique François de Rugy.

Emmanuel Macron invectivé en direct

Une prise de parole et des annonces qui sont loin d'avoir convaincu les gilets jaunes sur le terrain. Jérémy Clément, gérant d'une entreprise en bâtiment et gilet jaune à Amilly, dans le Loiret, a réagi à chaud à ce discours sur notre antenne, en invectivant directement le chef de l'Etat.

"On l'a écouté jusqu'au bout mais partiellement", a lancé Jérémy Clément. "Je voulais remercier Emmanuel Macron d'avoir pris la parole beaucoup plus tôt qu'il ne l'aurait voulu, c'est quelque chose de bien pour nous. Si nous les petits campagnards, les bouseux, on est pas forcément à sa portée, il a décidé de s'adapter un peu et de perdre quelques minutes de son temps pour s'occuper de ce qui se passe dans le pays", a-t-il poursuivi.

"Aujourd'hui vous nous parlez de réforme pendant une demi-heure à la télé en direct, sauf que vous avez oublié la réforme qui nous tient le plus à coeur à nous les gilets jaunes, c'est celle de réformer le gouvernement. Aujourd'hui les gens qui nous gouvernent sont des gens qui ont plein de pouvoir, qui ont des avantages à n'en plus finir et qui vont nous traiter de fainéants quand on ose se plaindre et nous dire qu'on bouge pas nos fesses. Regardez monsieur le président, on bouge nos fesses!", a encore lancé Jérémy Clément. 

"On veut plus de ces paroles"

Même insatisfaction du côté de Saint-Etienne-du-Rouvray, en Seine-Maritime, où Filipe a lui aussi directement interpellé le chef de l'Etat face à notre caméra, après avoir décroché au bout d'une vingtaine de minutes de discours. 

"Ce que vous dites (Emmanuel Macron, ndlr), on s'est endormis. On en veut plus de ça, on veut plus de ces paroles. C'est du somnifère. On a été endormis monsieur Macron", a martelé Filipe au micro de BFMTV. "Ok le geste est bien, de recevoir les gilets jaunes, mais qui sont ces gilets jaunes?", a-t-il interrogé, ajoutant ne pas reconnaître les huit porte-parole désignés lundi et appelant à exprimer les "doléances des citoyens" par le biais des "institutions". 

"Emmanuel Macron ne répond pas aux attentes" 

De son côté, Jason Herbert, l'un des porte-paroles des gilets jaunes désignés lundi, a assuré sur notre antenne ne pas avoir été informé de la réunion avec François de Rugy. "Je l'ai appris en même temps que tout le monde lors du discours", a-t-il expliqué.

Sur le fond du discours, Jason Herbert a estimé que le discours d'Emmanuel Macron "ne répond(ait) pas aux attentes des gilets jaunes". "Evidemment il faudra se donner le temps, voir ce que ça peut donner de façon concrète mais pour l'heure ça reste juste des paroles, et les gilets jaunes restent mobilisés", a ajouté le porte-parole du mouvement, estimant que l'annonce des trois mois de concertation "va dans le bons sens" mais n'est "pas quelque chose d'assez fort dans le sens où il y a une urgence de la situation". 

"Cette réponse est non pas une réponse d'émotion mais une réponse de réflexion, ce qui est une bonne chose, toujours est-il qu'il y a des choses à faire dans l'urgence, qui pour l'instant n'ont pas été proposées et ne sont pas concrétisées", a-t-il encore martelé. 

A.S.