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Transition écologique: un crédit d'impôt pour changer de fenêtres

Le chef de l'État a annoncé la mise en place d'un rendez-vous trimestriel pour suivre les cours du pétrole et ajuster la fiscalité si les prix venaient à s'envoler à nouveau.

En pleine gronde des gilets jaunes, Emmanuel Macron a présenté ce mardi la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) de la France. Le président de la République a procédé à un jeu d'équilibriste en annonçant des mesures immédiates pour répondre aux revendications des gilets jaunes, lors d'un plan qui établit la stratégie du pays sur dix ans.

Le chef de l'État a annoncé une "grande concertation de terrain sur la transition écologique et sociale", qui doit permettre "dans les trois mois" de trouver des solutions et répondre à la colère des gilets jaunes.

Emmanuel Macron veut notamment que soit trouvé un mécanisme pour "adapter toute nouvelle hausse de la taxe sur les carburants à l'évolution des marchés internationaux du pétrole", pour que "si l'envolée des cours devait se reproduire, nous ne soyons pas mis dans la même situation" qu'aujourd'hui. "Il faut construire une méthode pour rendre plus intelligente cette taxe aujourd'hui un peu aveugle", a-t-il ajouté.

Un rendez-vous trimestriel sera pris pour suivre l'évolution du cours du brut, car "personne ne peut les prévoir" à l'avance. Ce rendez-vous a pour objectif d'apporter "plus rapidement des réponses concrètes".

Ce mécanisme rappelle un principe déjà appliqué entre 2000 et 2002 par le gouvernement de Lionel Jospin avec ce qu'on appelait alors la TIPP flottante

Rendre les mesures concrètes

Chèque énergie, prime à la conversion... les mesures prises par le gouvernement sont les bonnes, aux yeux d'Emmanuel Macron, mais elles manquent de "concret". 

"Le chèque énergie, [les Français] ne savent pas ce que c’est et pour vous dire la vérité, concrètement, moi non plus", a-t-il concédé. Si un dispositif n'est "pas assez concret, pas assez tangible, assez simple, il n'est pas utilisé par les plus fragiles".

La rôle de la concertation sera alors de "définir les vraies méthodes d’accompagnement" pour rendre "concrets" et "accessibles" les dispositifs décidés par le gouvernement, d'"apporter des solutions pragmatiques au plus près du terrain, pour que ce soit une réalité perceptible, tangible, pour nos concitoyens".

Un nouveau crédit d'impôt pour les fenêtres

En attendant l'issue de cette concertation, d'autres mesures de soutien au pouvoir d'achat doivent être annoncées prochainement par le gouvernement. Il est question notamment de rétablir un crédit d'impôt pour financer l'équipement de fenêtres double vitrage, supprimé fin juin. Le nouveau dispositif s'élèvera à 100 euros par fenêtre.

Des pistes sont à l'étude pour réduire la facture globale d'achat d'un véhicule, notamment la mise en place de prêt à taux zéro. Les banques et les constructeurs automobiles seront d'ailleurs conviés à la concertation.

L'objectif final est de faire en sorte que la somme que doivent débourser les Français le premier mois, pour acheter une voiture mois polluante ou rénover leur logement, "soit atteignable pour eux", que les charges soient "limitées" et "lissées dans le temps", a souligné Emmanuel Macron.

Jeremy Brossard avec Jean-Christophe Catalon