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Pour Collard, l'avenir politique de Le Pen n'est pas compromis par son débat raté

Gilbert Collard

Gilbert Collard - Capture BFMTV

Invité de BFM Politique ce dimanche, Gilbert Collard invite à prendre du recul sur la déroute de Marine Le Pen lors du débat présidentiel d'entre-deux tours.

C'est une plaie longue à panser: Marine Le Pen a beau passer à l'offensive pour se relancer après un été discret, le débat d'entre-deux tours a ébréché la statue du commandeur. Un échec que Gilbert Collard, secrétaire général du Rassemblement bleu Marine invité ce dimanche de BFM Politique, souhaite relativiser.

"Le débat, malheureusement, n'a pas été à la hauteur des attentes de nos électeurs, parce qu’ils imaginaient Marine foudroyant à coups de flytox verbal l'insecte médiatique. Ça n’a pas été le cas", reconnaît d'abord le député du Gard.

"Mitterrand l'a loupé"

Pour autant, cet échec n'hypothèque pas l'avenir de la candidate battue selon Gilbert Collard, pour qui Marine Le Pen est la seule option du Front national. L'avocat dépoussière quelques archives pour soutenir son propos, invoquant le précédent du débat Chirac-Fabius, mais surtout les duels entre Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand. "Mitterrand, quand il a fait son débat avec Giscard, il l’a loupé", rappelle Gilbert Collard. "Ça ne l’a pas empêché de gagner le deuxième débat et d’être deux fois président de la République.*

"On ne peut pas juger du destin d’un homme ou d’une femme politique sur un débat."

Gilbert Collard demande les circonstances atténuantes pour la présidente du Front national. "C'était dans un contexte difficile pour Marine", rappelle-t-il. "Elle avait été très fatiguée avant, elle avait eu une migraine ophtalmique effroyable. Elle a montré qu’elle était parfaitement capable d’aller au feu quoi qu’il arrive."

"Aspiration médiatique"

Le député invoque même une forme de fatalité pour expliquer la déroute, estimant que "la victoire de Macron était écrite dans les complicités du système".

Système, en l'occurrence médiatique, que Gilbert Collard invite à contourner, comme l'extrême droite l'a déjà fait par le passé. "On a été happé par l’aspiration médiatique", estime-t-il. Le carnet de route politique du député n'a rien de très original, reprenant le thème d'une "France des oubliés".

"Il faut faire un travail de sociologie politique pour arriver à dogmatiser l’ensemble des souffrances de notre pays, qui est inaudible. Je crois que la communication par la voie médiatique n’est plus l’expression de la réalité. (...) Je suis un partisan de la parole directe. Il faut établir des cahiers de doléance. Ce qu'on ne fait pas, parce qu’on est tous pris dans l’émission de télé qu’on doit faire."

Florian Philippot appréciera.

Louis Nadau