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Macron, Wauquiez, Mélenchon: Le Pen s'adonne à un jeu de massacre

Marine Le Pen

Marine Le Pen - FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Entre "sous-sarkozysme de circonstance", "islamo-trotskisme" et "triomphe des dominants", la présidente du FN a étrillé ses rivaux lors de sa rentrée politique.

Un retour en fanfare. Discrète depuis sa défaite au second tour de l'élection présidentielle, Marine Le Pen s'est livrée ce samedi à un jeu de massacre pour sa rentrée politique. À Brachay, en Haute-Marne, la présidente du Front national a fait le tableau du paysage politique "inédit", qui "a vu l’effondrement de l’édifice politique tout entier".

"LRPS" liquidé

Sur le Parti socialiste, la fille du "menhir" ne s'attarde pas. Le parti d'Épinay est expédié en une phrase: "Le PS en tant que tel s’est totalement dissous." Les Républicains, pendant du fameux "UMPS" devenu "LRPS", ont droit à un peu plus d'attention de la part de "Marine": d'un parti "dont il ne reste que les rancunes et les divisions de factions rivales", les électeurs n'ont selon elle "rien à attendre". Le très droitier Laurent Wauquiez, favori pour prendre les commandes de la rue de Vaugirard en décembre, est dans le collimateur de la députée:

"Les Républicains n'ont rien à proposer, dix ans après 2007, que du sous Sarkozy. Et encore, un sous-sarkozysme de circonstance: monsieur Wauquiez droitise son discours pour prendre le parti; demain, il le recentrera pour le conserver."

"Islamo-trotskistes"

Selon la patronne du FN, le système politique né de l'élection présidentielle s'organise autour de trois forces: "l'extrême gauche", En Marche et le Front national, "socle de stabilité politique et idéologique", pourtant au cœur de fortes turbulences depuis les échecs électoraux de 2017.

Au fil de son discours, extrêmement agressif, Marine Le Pen brosse le portrait de ses adversaires politiques, en commençant par la France insoumise, des "islamo-trotskistes", qui défendent "une bouillie idéologique entre Nuit debout et la révolution bolivarienne, entre les zadistes et les Indigènes de la République, tous réunis par l'économie collectiviste, la haine sociale, le rejet de ce qui est français, le ressentiment contre nos valeurs de civilisation". 

"Antithèse" du macronisme

Le traitement réservé à La République en marche n'est pas plus tendre. Marine Le Pen, pour qui le FN est "l'antithèse" du macronisme, s'est ainsi attachée à dénoncer le "mépris de classe" d'Emmanuel Macron

"Le macronisme, c’est le triomphe de la classe dominante, avec pour seul vernis moral les droits de l'Homme, et pour seules valeur et finalité, l'argent. (...) Hier, perché sur les gravas grecs de la politique d'austérité imposé au peuple inventeur de la démocratie par l’UE, Emmanuel Macron traitait de 'fainéants' ceux qui refusent de se plier à sa politique de précarité à perpétuité."

Et de conclure, citant le philosophe Antonio Gramsci: "'Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître, et dans le clair-obscur surgissent les monstres.' Nous y sommes."

Louis Nadau