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Le Pen-Philippot: la fin du tandem?

Florian Philippot et Marine Le Pen

Florian Philippot et Marine Le Pen - MARTIN BUREAU / AFP

Sous la pression des cadres du Front national, Marine Le Pen pourrait rompre avec le principal inspirateur de sa stratégie perdante, Florian Philippot.

"Elle ne peut plus le supporter", lâche au Parisien un proche de Marine Le Pen, qui fait ce samedi sa rentrée politique à Brachay. À en croire certains cadres du parti, trop heureux de savonner la planche au vice-président du Front national, l'ambiance est à l'orage entre Florian Philippot et Marine Le Pen.

Officiellement, tout va pour le mieux entre la perdante du second tour et son lieutenant eurosceptique. En coulisse, le duo bat de l'aile. Selon L'Opinion, Marine Le Pen a demandé à Florian Philippot de renoncer à la présidence de son association, Les Patriotes, lors d'une réunion restreinte du bureau exécutif du parti, lundi dernier.

Bras de fer

Responsable stratégique de la défaite pour bon nombre d'huiles frontistes, le député européen s'est arc-bouté sur la question de l'euro, en faisant lui-même une ligne de fracture. "Si demain mon parti abandonnait la souveraineté monétaire, donc la souveraineté nationale, bien sûr que je n’aurais plus rien à y faire", déclarait-il dans Le Parisien durant l'été.

Une manière de tordre le bras à la "cheffe" Marine Le Pen, et d'imposer ses vues, même minoritaires, au Front national.

"La culture du FN, c’est plutôt de nier les courants", fait remarquer dans L'Opinion le secrétaire général du parti, Nicolas Bay. 

"Qu’il n'impose pas tout à une maison plus vieille que lui et dont il est un hôte récent", prévenait déjà en juillet "l'historique" Bruno Gollnisch, sur LCI. Tous ont en tête le précédent Bruno Mégret de 1998, lors duquel le numéro deux du parti, désireux de faire du "Front" un parti de gouvernement, avait été exclu, provoquant une scission du parti. S'attaquer au chef est un pari risqué au Front national.

Dilemme politique

Contrairement à Bruno Mégret, Florian Philippot, sans véritable armée pour le soutenir, s'est bien gardé - du moins pour l'heure - de remettre en question le leadership de Marine Le Pen, contrairement à d'autres personnalités de l'extrême droite. Robert Ménard, Gilbert Collard et Jean-Marie Le Pen n'ont pas caché leurs réserves après le débat raté de l'entre-deux tours. Invisible à l'Assemblée, la députée se trouve dans une position fragile. Le moment est mal choisi pour une guerre civile.

D'où un dilemme pour la présidente du FN, résumé dans Le Parisien par l'ancien patron des jeunesses frontistes, Julien Rochedy:

"Elle est coincée. Cela fait cinq ans qu'elle a tout donné à Philippot. Si elle le vire, elle se renie. Mais si elle le garde, elle sera obligée de céder à tous ses caprices, en faisant face à un mouvement interne, puisque les cadres n'en peuvent plus de Florian Philippot."

Louis Nadau