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Le FN songe à supprimer le statut de "président d'honneur"

L'ex-président du Front national Jean-Marie Le Pen, le 28 septembre 2016 à Mormant, près de Paris.

L'ex-président du Front national Jean-Marie Le Pen, le 28 septembre 2016 à Mormant, près de Paris. - Geoffroy Van Der Hasselt - AFP

L'éviction définitive de Jean-Marie Le Pen du Front national pourrait avoir lieu après une simple refonte des statuts du parti.

Marine Le Pen pourrait bien réussir à chasser pour de bon son père des instances du Front national. Et l’opération semble relativement simple: supprimer la fonction de "président d’honneur" des statuts du parti.

"On a trouvé la parade!", affirme ainsi un membre de l’entourage de Marine Le Pen dans Le Parisien de ce mercredi. "On va tout simplement supprimer la fonction de président d’honneur de nos textes. Comme ça, il ne pourra plus se prévaloir de ce titre. Simple comme bonjour!", se réjouit cette même source. "Une fois validé par l’assemblée générale de nos adhérents, je ne vois pas comment il pourra contester cette modification."

Le feuilleton dure depuis juin 2014, quand Jean-Marie Le Pen avait évoqué dans une vidéo plusieurs artistes engagés contre le parti, dont le chanteur d’origine juive Patrick Bruel, et avait lancé: Ecoutez, on en fera une fournée la prochaine fois!".

Exclu en mai 2015

Au sein même du parti d’extrême-droite, cette sortie avait suscité de vives critiques et mené à l’exclusion du premier président du Front national en mai 2015. Une éviction confirmée en novembre 2016 par la justice, qui lui avait toutefois reconnu le statut de "président d’honneur" du parti.

Jean-Marie Le Pen est donc normalement autorisé à siéger aux instances du FN, sous peine d’amende. Des amendes que Marine Le Pen "préfère payer au lieu de l’avoir assis en face (d’elle)". Fin juin, le patriarche s’est ainsi vu refuser l’accès au bureau politique qui se déroulait au siège du parti d’extrême-droite.

Cette suppression du statut de "président d’honneur" devrait être possible au prochain congrès du FN début 2018, qui sera précédé par un séminaire de travail à huis clos dès vendredi.

"On s’attendait à ce genre de manoeuvres. Mais nous pourrons bien évidemment faire un recours", assure Lorrain de Saint Affrique, proche de Jean-Marie Le Pen, au Parisien. "Si la fonction de président d’honneur est amenée à disparaître des nouveaux statuts, il ne peut pas y avoir de rétroactivité de la décision."

Liv Audigane