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Philippe sera-t-il la pierre angulaire de l'Acte II du quinquennat Macron? 

Édouard Philippe - Image d'illustration

Édouard Philippe - Image d'illustration - Alain Jocard - AFP

Contre toute attente, le Premier ministre sort renforcé des élections européennes et devrait, dans les mois qui viennent, tenir un rôle clé dans la suite du quinquennat d'Emmanuel Macron.

Quelques minutes seulement après les premières estimations des élections européennes de dimanche, l’Elysée avait averti. Après avoir félicité l’ancienne ministre Nathalie Loiseau pour son parcours et son résultat, l’entourage d'Emmanuel Macron au palais présidentiel avait assuré que le gouvernement maintiendrait son cap politique actuel.

En revanche, le président souhaiterait se faire moins présent que ces dernières semaines, au cours desquelles il s’était personnellement engagé dans la course européenne, et ainsi laisser toute latitude à son gouvernement pour agir. Preuve en est, l’ajournement à une date ultérieure de la réunion du Congrès par le chef d’État, qui s'est tenue ces deux dernières années à Versailles. En revanche, le 12 juin prochain, Edouard Philippe prononcera son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale.

L’homme fort de Matignon pourrait d’ailleurs se transformer en homme fort, tout court, de la seconde partie du quinquennat. Comme le signalait ce vendredi sur notre antenne notre éditorialiste politique Christophe Barbier, cette nouvelle organisation est synonyme de "rééquilibrage institutionnel."

"C’est au Premier ministre de monter en première ligne pour défendre l’action législative. Ça veut dire aussi qu’il y a une nouvelle prudence présidentielle: il veut moins s’exposer, mais ce sera difficile à tenir. En période du 14 juillet il faudra bien qu’il parle aux Français", poursuit-il.

Plusieurs réformes dans les mois à venir

Une responsabilité d’autant plus importante pour Édouard Philippe que le discours du 12 juin prochain devra "permettre de hiérarchiser les priorités" et d’ainsi donner le tempo du gouvernement jusqu’aux municipales de 2020, et aux présidentielles de 2022, souligne l’un de ses proches auprès du Figaro. Et comme le précise le quotidien, plusieurs épineuses réformes pourraient très rapidement être mises en branle, dont les réformes de l’assurance-chômage et des retraites.

"Il y a eu toute une période où nous n’avons pas réformé, c’était pénible. On avait l’impression de ne servir à rien", abonde de son côté un député LaREM auprès du Monde.

Dans les mois à venir, Édouard Philippe sera au front, et Emmanuel Macron compte bien redonner au premier ministre son rôle de bouclier du président. Comme le détaille encore le Figaro, jusqu’à l’automne prochain, Emmanuel Macron sera occupé à la mise en place de la nouvelle commission européenne. Un emploi du temps bouché qui pourrait ainsi donner les coudées franches à Philippe.

Pourtant, au sein même de la majorité, les plus proches collaborateurs d’Emmanuel Macron ne semblent pas convaincus par cette option. "On commence à le connaître…", glisse d’ailleurs un ministre dans les colonnes du quotidien.

Premier ministre jusqu'en 2022?

Edouard Philippe, que l’on disait en première ligne en cas de remaniement au lendemain du scrutin européen, conserve finalement son poste. Jusqu’en 2022? Pour Christophe Barbier, c'est clair, Edouard Philippe "doit rester jusqu’au bout Premier ministre."

Exit donc les quelques rumeurs qui l’envoyaient sur d’autres projets dans les prochains mois. "Doit-il se présenter à la Mairie de Paris? Non, ce serait une erreur de sa part, déjà il n’est pas sûr de gagner et ce ne serait pas servir au mieux la France", conclut notre éditorialiste.

Hugo Septier