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Mariage homo : première nuit de débat, poursuite des confrontations

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Première nuit de débat sur le mariage homosexuel à l’Assemblée. Les députés ont confronté leur conception radicalement différente de la famille.

Le débat sur le mariage pour tous a débuté mardi peu après 16 heures à l'Assemblée nationale. L'examen du projet de loi qui devrait durer deux semaines s'est prolongé comme prévu en séance de nuit, après avoir été lancé par la ministre de la Justice, Christiane Taubira, en oratrice passionnée.

Majorité et opposition ont passé la soirée à confronter leurs points de vue sur la famille. Pour la première, le mariage entre homosexuels est avant tout une démarche égalitaire tandis que la seconde met en garde contre les dangers de la négation de la différenciation sexuelle. Voici quelques déclarations de députés pour le moins emphatiques.

>>Revivez la première journée de débats sur la mariage homo

La fin du "châtiment"

"Après le temps du châtiment, le temps de la tolérance, est venu maintenant le temps de l'égalité" pour les homosexuels a estimé le rapporteur du texte, le socialiste Erwann Binet.

Alors que pour Henri Guaino,"ce texte touche à la conscience de chacun". a lancé l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, la voix tremblante, à la tribune. "Le gouvernement dit amour, liberté, égalité des droits mais le mariage, ce n'est pas l'égalité des droits, c'est une institution !".

"Une grande loi de fraternité"

Bruno Le Roux, chef de file des députés PS, a salué "une grande loi de fraternité". "C'est une loi qui ouvre les yeux sur la diversité des familles, une loi qui adapte le code civil aux évolutions de la société (...) Il était temps que la France rattrape ses voisins!", a-t-il poursuivi en soulignant que les conservateurs britanniques s'apprêtent, eux, à adopter un projet en faveur du mariage gay.

"Une offensive libertaire"

Quant à Philippe Gosselin, l'un des principaux orateurs de l'UMP, il a mis en garde contre la PMA (procréation médicalement assistée) "qui interviendra dans quelque semaines". La PMA, a-t-il poursuivi, engendrera ensuite la GPA (gestation pour autrui). Ce sera la logique de l'enfant à tout prix. "Mariage + adoption = PMA + GPA. Non, nous ne voulons pas d'une loi à la découpe", a-t-il asséné. "Votre projet, a-t-il aussi lancé, c'est une offensive ultra libérale voire libertaire comme on n'en a pas connu depuis mai 68!"

Des catholiques intégristes à deux pas de l'Assemblée

Ce n'est sans doute que vendredi que commencera la bataille autour des quelque 5.000 amendements, en quasi-totalité déposés par l'opposition. Le débat pourrait durer jusqu'au 10 février, avec un vote prévu le 12 février.

Alors que débutait la séance de nuit, à quelques mètres du Palais-Bourbon, plus d'une centaine de catholiques intégristes, chapelets à la main, avaient récité des prières pour demander à "la Vierge Marie" de "changer l'attitude des parlementaires" favorables au projet de loi sur le mariage homosexuel.

M.G. avec AFP