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Revivez la première journée de débats sur le mariage homo à l'Assemblée

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C'est mardi après-midi qu'a débuté l'examen à l'Assemblée du projet de loi sur le mariage et l'adoption par les couples de même sexe. Revivez ici les derniers événements.

La guerre parlementaire a commencé. Mardi, les députés ont commencé à plancher sur le texte autorisant le mariage et l'adoption par les couples de même sexe. Deux semaines de débats que l'opposition ont promis âpres et rudes : 5.000 amendements ont déjà été déposés. Retrouvez ici les faits marquants de cette première journée de débats.

>> Ce live est terminé. Pour retrouver le discours d'ouverture de cette première journée de débats, cliquez ici.

20h30 - Motion rejetée, séance levée. La motion de renvoi en commission, proposée par Jean-Frédéric Poisson, est rejetée par 251 voix contre, et 155 pour. La séance est levée, elle reprendra à 22h. Les débats devraient durer une partie de la nuit.

20h15 - Pendant ce temps, Civitas prie. Les sympathisants de l'organisation catholique intégriste ont décidé de prier à genoux devant l'Assemblée nationale "pour que le projet soit abandonné".

20h10 - Christian Jacob intervient face à Christiane Taubira, lui "rappelant la séparation des pouvoirs. Vous êtes ministre de la Justice, et à ce titre vous êtes à notre serviceDe quel droit commentez-vous et jugez-vous les parlementaires de la sorte ? ", lance-t-il, en colère.

20h05 - Christiane Taubira à Jean-Frédéric Poisson : "Vous me dites que vous connaissez beaucoup d'homosexuels qui ne souhaitent pas se marier. J'en connais infiniment plus d'hétérosexuels. Est-ce pour cela qu'il faut abolir le mariage hétérosexuel ?"

20h - Christiane Taubira, flatteuse. La garde des Sceaux commence sa réponse par une remarque à l'adresse de Jean-Frédéric Poisson : "je reconnais que les échanges avec vous en commission des lois sont de qualité".

Mais elle rappelle ensuite que l'UMP était "absente lors des auditions. Alors ne venez pas me réclamer un débat", lance-t-elle, sous les protestations des députés UMP.

19h45 - "Au nom de quoi limitez vous le mariage à deux personnes ?", demande à la tribune Jean-Frédéric Poisson, député UMP des Yvelines, qui tente de déconstruire "le raisonnement" du PS "sur l'égalité".

"Vous nous demandez de placer sur le même rang la filiation sociale et la filiation biologique, au nom du fait que l'amour a tous les droits, dénonce le député. Mais vous ne pouvez pas permettre que cette considération devienne un principe théorique", souligne-t-il à l'attention de Christiane Taubira.

19h25 - Frank Riester sur BFMTV : "La Procréation médicalement assistée (PMA) pose un certain nombre de questions, sur son organisation même, donc c'est bien que le Parlement s'en saisisse", explique le député UMP.

"Il y a des limites éthiques qui doivent exister, mais je me rends compte aussi qu'il y a de nombreux couples de femmes qui y ont recours en Belgique, en Espagne et c'est notre devoir de législateur de veiller à ce que le recours à la PMA soit encadré".

19h23 - La motion de rejet préalable est rejetée par 169 pour et 272 contre.

19h22 - Les députés Front de gauche annoncent qu'ils ne voteront pas la motion de rejet préalable d'Henri Guaino.

19h20 - A l'Assemblée, Noël Mamère explique à la tribune : "Henri Guaino vient de nous expliquer que l'homme homosexuel ne peut pas entrer dans l'histoire. (...) Ce sont les mêmes mots qui ont fait pleurer Madame Weill", dénonce le député EELV de Gironde. Les députés PS applaudissent.

19h15 - Frank Riester : "il faut entendre le message des homosexuels". "Moi, je me sens à l'aise de défendre mon point de vue" au sein de l'UMP, explique le député sur BFMTV, qui est avec Benoist Apparu le seul parlementaire UMP à défendre le texte sur le mariage pour tous.

19h10 - Dominique Bertinotti répond à son tour à Henri Guaino, l'accusant de "générer des peurs et des angoisses et d'avoir une vision anxiogène de la société française." "Dans tous les pays qui ont déjà autorisé le mariage et l'adoption (pour les homosexuels), les sociétés se sont-elles effrondrées ?", poursuit-elle. "Je vous incite à plus de modération".

19h - Christiane Taubira reprend la parole pour répondre à Henri Guaino. "La Constitution ne prévoit pas de référendum sur les questions de société", rappelle-t-elle.

La garde des Sceaux rappelle également que le mariage est une "institution qui porte l'empreinte des évolutions de la société". "Il a fallu le Front populaire en 1938 pour supprimer le devoir d'obéissance d'une femme à son mari", explique-t-elle.

18h50 - La séance est suspendue, à la demande de Christian Jacob. Le président du groupe UMP à l'Assemblée dénonce le fait qu'aucune présidence de l'Assemblée ne soit accordée à l'opposition durant les débats.

18h45 - Henri Guaino a du mal à conclure, les députés PS ont du mal à cacher leur agacement. Les parlementaires UMP hurlent. "Souffrez que M. Guaino finisse son discours !", leur lance la présidente de l'Assemblée.

18h30 - Henri Guaino est à la tribune, pour présenter sa motion de rejet préalable. "Un débat dont la conclusion est écrite d'avance, ce n'est pas un débat, c'est un simulacre", dénonce-t-il d'un ton grave. "Il faut l'homme et la femme, le père et la mère pour donner la vie", assène-t-il, réclamant "un référendum" sur la question. L'ambiance est houleuse, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy a du mal à se faire entendre.

18h15 - Christian Jacob fustige sur BFMTV "le droit à l'enfant" dont a parlé Christiane Taubira à la tribune de l'Assemblée. "Cela ne veut rien dire", a-t-il affirmé, rappelant qu'il s'agit du "droit de l'enfant, pas à l'enfant".

Le président du groupe UMP à l'Assemblée a également répondu à la question sur les amendements déposés par la droite : "C'est du travail parlementaire, a-t-il dit, et ce n'est pas de l'obstruction. On est dans un débat sérieux et serein".

18h00 - "Il n'y a plus de modèle familial unique." C'est l'un des arguments avancés par la ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, qui s'exprimait après son homologue de la Justice Christiane Taubira à la tribune de l'Assemblée. "C'est pourquoi cette diversité des modèles familiaux appelle des avancées de notre droit, qui sera l'objet d'un autre projet de loi que le gouvernement est en train de préparer." Cet autre projet de loi, qui sera présenté en Conseil des ministres le 27 mars, doit traiter de l'ouverture de la PMA aux couples de femmes homosexuelles.

17h45 - "Un référendum n'a pas lieu d'être car le gouvernement porte et assume pleinement ce texte." C'est ainsi que la députée PS Marie-Françoise Clergeau, rapporteure pour avis sur le texte, a balayé d'une phrase la demande de nombreux opposants au texte d'un référendum sur la question du mariage homosexuel.

17h25 - Pour Le Roux, l'UMP "ne reviendra jamais sur le texte". Le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Bruno Le Roux, a aussitôt réagi sur LCP aux critiques de son homologue de l'UMP, Christian Jacob, qui fustigeait "l'arrogance" et le "manque d'arguments" des socialistes. "Je lui pose une question : va-t-il demain, le jour où il y aura une alternance, revenir sur ce texte ? Non, car celui-ci correspond à une évolution sur la société. Personne n'est jamais revenu sur le Pacs voté il y a 15 ans, alors que la droite l'avait promis quand ce texte est passé."

17h15 - Jacob fustige "l'arrogance" de la Garde des sceaux. Le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, opposé au texte, a aussitôt réagi sur LCP aux discours de Christiane Taubira et de sa collègue chargée de la Famille, Dominique Bertinotti, qui ont tour à tour défendu le projet de loi à la tribune de l'hémicycle. "Quant on n'a que l'arrogance, c'est faible. Mme Taubira a été arrogante parce qu'elle n'a pas d'arguments", a-t-il jugé, cinglant. Pour le député UMP, le gouvernement "manque de courage. Ils ont peur d'aborder la vraie question qui est celle de la PMA".

17h05 - Envolée lyrique en conclusion. Pour conclure son plaidoyer, Christiane Taubira a cité le poète Léon-Gontran Damas :
"L'acte que nous allons accomplir est beau comme une rose dont la tour Eiffel assiégée à l'aube voit s'épanouir enfin les pétales. Il est grand comme un besoin de changer d'air, fort comme l'accent aigu d'un appel dans la nuit longue."

17h00 - Frigide Barjot dans le public de l'hémicycle. La figure de proue des opposants à la mesure, meneuse du collectif "La Manif pour tous", n'a rien manqué du discours de la Garde des Sceaux. Avant l'ouverture des débats, les associations pro et anti-mariage avaient prévenues qu'elles se rendraient à l'Assemblée :

16h55 - Christiane Taubira s'attaque à la question de l'adoption par les couples de même sexe. "Les couples homosexuels pourront adopter selon les mêmes procédures et avec les mêmes droits que les couples hétérosexuels", a-t-elle promis. "Au nom du droit à l'enfant, vous refusez des droits à des enfants que vous choisissez de ne pas voir", a-t-elle lancé aux opposants à cette mesure.

16h50 - "Qu'est-ce que le mariage homosexuel va enlever aux couples hétérosexuels ?" C'est la question posée par Christiane Taubira à l'hémicycle. Réponse unanime à gauche : "Rien !" "Alors nous allons poser des mots sur des sentiments !", s'est exclamée la ministre, qui présente en premier, mardi après-midi à l'Assemblée nationale, le projet de loi sur l'ouverture du mariage aux couples de même sexe.

16h35 - "Une conquête fondatrice de la République." La ministre de la Justice Christiane Taubira a débuté son discours de présentation du projet de loi sur le mariage pour tous. Elle a fait valoir une nouvelle "conquête" pour la République qui s'inscrit dans "le processus de laïcisation de la société", rappelant l'accession progressive au mariage de ceux qui étaient exclus de ce sacrement catholique dans l'Histoire : les protestants, les juifs, les comédiens... "C'est un acte d'égalité. Il ne s'agit pas d'un mariage au rabais, il ne s'agit pas d'une ruse, pas d'une entourloupe, il s'agit d'un mariage avec toute sa charge symbolique, et toutes ses règles d'ordre public", a-t-elle insisté.

16h30 - Il y a 15 ans, le Pacs déchirait l'Assemblée. Préfiguration des débats sur le mariage homosexuel, le Pacte civil de solidarité avait en son temps soulevé des débats houleux dans l'hémicycle. Souvenir d'une lutte parlementaire sans pitié :

16h15 - Taubira pour lancer les débats. C'est à la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, qu'il revient de prendre la parole en premier devant l'hémicycle. Pendant une heure, elle va défendre devant l’Assemblée nationale le projet de loi "ouvrant le mariage aux couples de même sexe".

>> Suivez le discours en direct sur BFMTV

16h10 - Le Front de gauche ne fera pas front. Sur les 10 députés élus sous l'étiquette FG, neuf voteront pour et un contre. Et aucun des cinq députés d'outre-mer, qui constituent avec les dix du Front de gauche le groupe parlementaire GDR (Gauche démocrate et républicaine) ne votera en faveur du projet.

15h55 - Un des textes soumis au plus grand nombre d'amendements. Après le retrait de plus de 200 amendements, le compteur affichait encore 5.000 mardi après-midi, ce qui fait entrer le projet de loi sur le mariage pour tous dans le top 10 des textes objets du plus grand nombre d'amendements depuis 30 ans.

>> A LIRE : que contiennent les amendements déposés sur le texte ?

15h50 - Un député PS votera contre et l'assume. Le député de Charente Jérôme Lambert, neveu de François Mitterrand, a déjà annoncé qu'il voterait contre le projet de loi et "assumait sa liberté".

"Ce n'est pas une position contre le mariage, mais contre l'adoption, car je juge inconcevable que la loi établisse un lien de filiation entre un enfant et deux adultes de même sexe. Un lien de parentalité aurait été préféréble", a jugé mardi le député.

15h30 - "Beaucoup de sérénité". C'est ainsi que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a décrit son état d'esprit au moment où le projet de loi sur le mariage pour tous est soumis à l'examen des députés.

Le Premier ministre, qui s'exprimait dans les couloirs de l'Assemblée, s'attend toutefois à "des tentatives de l'opposition de durcir le débat". Plus de 5.000 amendements ont déjà été déposés par l'opposition pour entraver le débat sur le texte.

|||>> L'ESSENTIEL

• 5.367 amendements ont été déposés

• Les débats doivent durer jusqu'au 10 février

M. T. avec AFP