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Mariage homo : la bataille politique commence

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Finies les manifestations pour et contre : ce mardi, le texte de loi sur le mariage homosexuel est présenté pour la première fois à l’Assemblée nationale.

Pour le mariage homosexuel, le temps des manifestations est révolu. Ce mardi, le projet de loi est soumis à l’Assemblée et la bataille parlementaire commence. Le gouvernement espère que deux semaines de débats suffiront pour aboutir à un vote le 12 février prochain. Deux semaines qui s'annoncent animées. Revue des forces en présence dans chaque camp.

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- Quatre députés PS pourraient ne pas voter "pour"

Dans le camp des "pour" ce projet de loi, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, a reconnu lundi que trois ou quatre députés socialistes pourraient ne pas voter le projet de loi.

"Je ne suis pas certain, car sur ce texte, comme sur d'autres textes, il y a des députés qui font jouer une clause personnelle", a-t-il expliqué sur #DirectPolitique Ouest-France -Linternaute.com.

"Aujourd'hui, j'en compte trois, quatre qui pourraient aujourd'hui ne pas voter ce texte", a-t-il précisé. "Qu'il y ait des députés qui disent 'je ne voterai pas cela', alors que c'est un engagement du président de la République, je le regrette", a dit Bruno Le Roux.

- Amendements en pagaille à l'UMP

Il y en a au total 5.367, tous ont été déposés par des députés UMP contre le projet de loi. Si ce n'est pas un chiffre record, il laisse penser que l'UMP veut tout faire pour empêcher la loi de passer. Mais ces dispositions n'impressionnent pas le gouvernement, comme l'a rappelé le coporte-parole du PS David Assouline lundi : "La droite a voulu faire peur. Elle ne fait pas peur", a-t-il affirmé, qualifiant les amendements de "diversion".

Par ailleurs, 35 sénateurs UMP ont écrit une lettre ouverte à François Hollande, dans laquelle ils mettent en cause "l’esprit de cohésion" souhaité par le président à propos de la guerre au Mali.

"Monsieur le Président de la République, cet esprit de cohésion que vous souhaitez n'est-il pas contredit si dans le même temps vous soumettez à l'examen du Parlement des textes qui créent la division", écrivent-ils.

- L'extrême droite s'y met aussi

Les députés du Front national aussi ont trouvé leur moyen de s'exprimer via des amendements. Ainsi, Jacques Bompard, Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard ont tous trois proposé de "supprimer l'alinéa 15" de la loi.

Un article qui selon eux "permettrait à un couple homosexuel dont un voire les deux conjoints sont de nationalité étrangère de venir se marier en France si un seul des deux conjoints y réside ou y est domicilié". Cette disposition "ouvrirait donc la voie à une immigration nuptiale", protestent les trois députés.

Autre amendement remarqué, celui de Jacques Bompard, seul cette-fois, qui propose d'ajouter le terme "plusieurs" après le mot "deux".

Un amendement justifié de la sorte : "le gouvernement devrait étendre à toutes formes de couples et à toutes formes d’amour la possibilité de contracter mariage. Le mariage ne serait alors plus qu'une reconnaissance sociale de l'affection qu’une personne porterait à une ou plusieurs personnes (...)".

A.K. avec AFP