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Présidentielle 2017: Sarkozy n'est plus perçu comme le leader naturel de l'UMP

Nicolas Sarkozy, jeudi, lors d'un meeting à Tourcoing.

Nicolas Sarkozy, jeudi, lors d'un meeting à Tourcoing. - Philippe Huguen - AFP

L'ancien chef de l'Etat, qui a retrouvé jeudi des militants à Tourcoing, peine à convaincre son propre camps qu'il est l'homme de la situation pour remporter les primaires UMP, en 2016.

Nicolas Sarkozy renoue avec le terrain. Jeudi, il s'est rendu à Tourcoing, dans le Nord, pour son premier déplacement depuis son élection à la tête de l'UMP. "Ce retour par la case départ est une belle preuve d'humilité", glisse un député au Parisien. Mais s'il tente déjà de remobiliser son électorat, c'est aussi parce qu'il sent que son propre parti lui échappe: visiblement mal à l'aise dans le costume de simple chef de l'opposition, l'ex-chef de l'Etat peine à s'imposer comme le leader naturel de son camp, face à un pouvoir socialiste sorti renforcé aux yeux des Français de la période post-attentats.

"La magie s'est envolée"

"Il s'est laissé piéger par François Hollande et son "unité nationale" d'après les attentats", se désespère un élu, pourtant sarkozyste convaincu. "Il est devenu l'homme de la synthèse à l'UMP, alors qu'avant c'était un guide", soupire-t-il. Un constat partagé par Eric Ciotti, certes filloniste, mais qui avait soutenu la candidature de Nicolas Sarkozy à la tête du parti. "La magie s'est envolée", a glissé le député-maire lors d'une interview à Challenges.fr.

"Il n'a pas assez travaillé son retour, notamment sur le plan des idées", lui reproche un sarkozyste de la première heure dans les colonnes du Parisien. Le patron du parti est par ailleurs décrit comme un homme "qui s'ennuie dans les réunions internes, qui soupire parfois, et qui regarde souvent sa montre". Se remémorant sa prestation "loupée" au JT de France2, le 21 janvier, un autre élu estime lui aussi que "tout ce que Sarkozy a trouvé à proposer, c'est le retour des heures supplémentaires!".

Beaucoup de candidats pour un seul poste

"Sarkozy paie également une erreur de stratégie", croit savoir un autre élu francilien. "Ca valait le coup de prendre le parti si ça réglait la question du leadership. Mais ce n'est pas le cas, car après les 30% des voix remportées par Bruno Le Maire à la présidence de l'UMP et au vu des bons sondages d'Alain Juppé, Sarkozy, qui se voyait revenir comme chef incontesté, a dû accepter une primaire ouverte pour 2017", explique-t-on.

Du coup, chacun joue sa carte pour cette échéance - Alain Juppé, François Fillon, Xavier Bertrand, peut-être Bruno Le Maire, voire Nathalie Kosciusko-Morizet - en évitant de faire des vagues, pour ne pas se voir accusé d'être le diviseur. "Il est revenu après deux ans d'absence. Sauf qu'entre-temps, les enfants ont grandi, et certains veulent désormais construire leur propre vie", analyse un cadre dans Le Parisien.

Tout n'est pourtant pas si noir en Sarkozie, analysent d'autres responsables UMP. La fameuse "synthèse", décriée par les uns, est vantée par d'autres qui savent gré au président de l'UMP d'avoir su mettre fin aux querelles internes, en "réussissant le rassemblement". "Tout le monde assiste au Bureau politique ou à la Commission exécutive. Chacun peut s'exprimer, il n'y a plus de voix discordantes", assure-t-on. Pour l'heure, chacun à l'UMP espère faire des départementales de mars un succès pour le parti. "Finalement, si Sarkozy réussit à remporter la primaire, il redeviendra notre chef à tous. Il n'y aura alors qu'une seule ligne, la sienne", espère un ancien ministre. 

Alexandra Gonzalez avec AFP