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L'idée d'un plan B au candidat Fillon plane sur la présidentielle

La campagne de François Fillon pour la présidentielle est minée par les accusations d'emploi à l'encontre de sa femme.

La campagne de François Fillon pour la présidentielle est minée par les accusations d'emploi à l'encontre de sa femme. - CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Depuis les révélations du Canard enchaîné sur Penelope Fillon, le malaise est palpable dans les rangs de la droite. Beaucoup s'interrogent sur l'avenir de la campagne présidentielle de François Fillon et certains craignent que sa candidature soit remise en cause.

A droite, tous les paris sont ouverts. Deux jours après les révélations du Canard enchaîné, qui accuse Penelope Fillon d'avoir occupé un emploi fictif d'assistante parlementaire auprès de son mari, et après l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet financier, les questions se multiplient. La campagne de François Fillon résistera-t-elle à la polémique? Son programme va-t-il rester audible? Et surtout, la légitimité de la candidature du vainqueur de la primaire sera-t-elle remise en cause?

L'embarras est palpable, parmi les rangs de la droite, et les membres du parti Les Républicains ne se pressent d'ailleurs pas pour répondre aux demandes d'interview. Ceux qui le font, en off, laissent transparaître leurs doutes, comme le soulignent Les Echos dans leur édito de ce vendredi. Et en filigrane, une idée pointe: l'éventualité d'un "plan B" pour la présidentielle, d'une autre candidature que celle de François Fillon, qui semblait pourtant s'être assuré une légitimité sans failles en étant choisi par plus de 4 millions d'électeurs. Mais quelques semaines après le deuxième tour de la primaire, l'ambiance a bien changé, notamment parce que l'image du candidat a changé, à la faveur de la polémique. 

Juppé ne veut pas jouer les roues de secours

"Les militants de la droite l’ont notamment sollicité pour en finir avec les affaires liées à Nicolas Sarkozy", rappelle Ludovic Vigogne, journaliste politique à L'Opinion, interrogé sur BFMTV. Officiellement, on ne se pose pas la question (d'un plan B, ndlr), mais depuis mercredi certains élus ne peuvent pas s’empêcher d’y penser". 

Selon lui, si l'affaire continue de peser durablement sur la campagne, "il y aura forcément quelqu'un qui viendra dire (...) 'il faut changer de candidat'". Pour preuve de l'actuelle fébrilité, Alain Juppé, arrivé deuxième en novembre, a mis les pieds dans le plat vendredi, en affirmant qu'il excluait "clairement et définitivement" de se présenter en recours dans le cas d'un désistement du candidat désigné.

Fillon promet de se retirer en cas de mise en examen

En marge d'une réunion de Bordeaux Métropole, il a insisté pour dire qu'il n'avait "pas du tout l'intention de (se) lancer dans une opération de repêchage". "A l'instant T, la question ne se pose pas, c'est François Fillon notre candidat", a-t-il ajouté, sans doute pour rassurer, mais sans y parvenir totalement. Sur le plateau de TF1, où il était venu s'expliquer jeudi soir, François Fillon a déclaré qu'une seule chose pourrait l'empêcher de se présenter en avril: s'il était mis en examen.

"La seule chose qui m'empêcherait d'être candidat c'est si mon honneur était atteint, si j'étais mis en examen", a-t-il concédé.

Une déclaration risquée, par laquelle il s'expose, estime un député LR soutien de Nicolas Sarkozy. "Le pouvoir exécutif n'a pas à se mettre dans les mains du pouvoir judiciaire. Moi je ne l'aurais pas fait", poursuit l'élu, contacté par BFMTV.com. D'après lui, la campagne du candidat est jusque-là "classique", comprendre avec son lot de "révélations", donc. "Il n'y a pas d'autre candidat que François Fillon", explique-t-il aussi, comme une litanie, tout en refusant de commenter l'affaire "sur le fond". 

Le meeting de dimanche sera révélateur

Concrètement, un désistement du candidat désigné par la primaire ne serait pas simple. Comme le rapporte RTL, la Haute autorité précise que dans un tel scénario, le candidat arrivé second ne serait pas automatiquement désigné. Il faudrait en fait qu'une nouvelle élection soit organisée par la Haute autorité. Mais l'organisme est déjà en train d'être liquidé, une procédure qui doit permettre de verser au vainqueur la somme récoltée lors de la primaire. En cas de nouvelle élection, elle devrait donc se reconstituer. 

Dimanche soir, plus de 8.000 personnes sont attendues pour un meeting géant à La Villette, dans le nord de Paris. Ce rendez-vous est crucial pour la campagne et se veut l'équivalent de celui du Bourget pour François Hollande et de celui de Nicolas Sarkozy Porte de Versailles. D'autant que la cote d'opinion de François Fillon a chuté à 38% d'après un sondage Odoxa. L'ampleur de la mobilisation et l'ambiance de ce raout donneront des clés de lecture pour les semaines incertaines à venir. 

Charlie Vandekerkhove