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Jean-François Copé: "Mon honnêteté et mon intégrité sont totales"

Jean-François Copé sur TF1 mardi 27 mai

Jean-François Copé sur TF1 mardi 27 mai - -

Mardi matin Jean-François Copé a été contraint de démissionner de son poste de président de l'UMP suite aux révélations dans l'affaire Bygmalion. Les trois anciens Premiers ministres - Juppé, Fillon, Raffarin - occuperont une présidence collégiale en attendant le congrès du parti prévu en octobre.

Il se sera battu jusqu'au bout, mais a dû jeter l'éponge: Jean-François Copé, dont l'ambition allait jusqu'à l'Elysée, a annoncé mardi qu'il quitterait le 15 juin la présidence de l'UMP, englué dans la proliférante affaire de fausses factures Bygmalion.

> UMP: Copé a démissionné de "son propre chef"

Jean-François Copé a démissionné de la présidence de l'UMP car "il ne voulait pas voir revenir le spectre de la division dans les yeux gourmands de ceux qui se sont exprimés" lors du bureau politique. Il ne donnera pas les noms des personnes visées mais François Fillon, son adversaire pour la présidence a eu des mots durs comme l'ancien trésorier Dominique Dord qui lui a lancé devant ses collègues: "Barre-toi".

"J'ai pensé aux militants", a-t-il dit sur TF1 dans un entretien d'un peu plus de cinq minutes, entrecoupé de reportages d'illustration. "J'ai pris la décision de démissionner de mon propre chef. Ce qui compte c'est le rassemblement de l'UMP", a justifié le député-maire de Meaux.

"Les yeux dans les yeux, je demande aux militants, aux Français, de ne pas douter. Je veux leur dire dans les yeux mon intégrité et mon honnêteté", a-t-il poursuivi.

> "Fausses factures": Copé a "fait confiance"

"J'ai fait confiance à ceux dont c'est le métier. Je n'avais pas vocation à repasser derrière", a assuré Jean-François Copé après les révélations de son directeur de cabinet Jérôme Lavrilleux sur BFMTV. Ce dernier a reconnu que l'UMP avait payé des factures de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012.

"Des collaborateurs ont abusé de ma confiance", a expliqué l'ancien ministre du Budget. "Quand j'ai appris tout ça, une partie du ciel m'est tombé sur la tête, dit Jean-François Copé. Je n'ai pas menti et je suis à la disposition de la justice". Une enquête préliminaire pour faux, abus de confiance et abus de biens sociaux a été ouverte dès le mois de mars dernier.

Il a soutenu avoir "découvert" le système de fausses factures de l'affaire Bygmalion uniquement "il y a douze jours", après le premier article paru dans Libération. "Il n'y a pas eu de système d'alerte. En tant que président de l'UMP, bien sûr que j'ai cette responsabilité globale mais je ne me dérobe pas".

> Avenir politique: Copé "tourne une page"

Fin de carrière politique pour Jean-François Copé? "C'est une page qui se tourne. Je ferai de la politique autrement mais toujours avec cette même idée qui m'anime depuis toujours, l'amour de mon pays, au service des Français", évacue Jean-François Copé.

Quant à savoir s'il sera candidat lors du congrès "déterminant" de l'UMP en octobre prochain: "Ce n'est pas le moment d'évoquer", élude-t-il.

Rien non plus au niveau de sa popularité très basse: "Si le fait que je parte de mes fonctions permette aux Français de mesurer que je suis très loin des caricatures qu'on fait de moi, ça aura au moins servi à quelque chose."

Samuel Auffray