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Crise à l'UMP: Copé a-t-il encore une chance pour 2017?

Bygmalion: Jean-François Copé, la chute d'un ambitieux pressé. Ici, en février 2014 à Avignon.

Bygmalion: Jean-François Copé, la chute d'un ambitieux pressé. Ici, en février 2014 à Avignon. - -

"Brillant", "fonceur", "bosseur", "chaleureux" pour ses amis, "arrogant", "narcissique", "cogneur", "sans états d'âme" pour ses détracteurs, la machine à gagner Jean-François Copé a été poussée à la démission par les ténors de son parti. Son retour sur le devant la scène risque, cette fois, d'être un peu plus compliqué.

A 50 ans, Jean-François Copé, rompu aux cahots politiques, se voit contraint d'abandonner la présidence de l'UMP qu'il avait arrachée en 2012 avec pour ambition ultime de cravacher jusqu'à l'Elysée. Quel avenir s’ouvre désormais pour cet homme pressé, poussé vers la sortie par "ses amis"? Pourra-t-il encore prétendre à une candidature en 2017? Eléments de réponse.

> "L'homme pressé" acculé à la démission

"L'affaire Bygmalion", relative à de fausses factures pour financer la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 et dont il assure ne rien savoir, a eu raison de la combativité de Jean-François Copé. Après un bureau politique houleux, le patron de l’UMP a promis, mardi, qu’il quittera son poste le 15 juin prochain. "Sa démission était devenue inéluctable", explique à BFMTV.com Arnaud Mercier, professeur de sciences de l'information et de la communication à l’université de Lorraine. Sur les épaules du député-maire de Meaux, "deux casseroles": celle de son élection à la présidence du parti contre François Fillon, toujours considérée comme illégitime par certains en interne, et les affaires politico-financières, celle de Bygmalion donc ou encore celle dite "Takieddine". Le cumul des deux est alors devenu trop lourd, même pour ces "amis".

Le coup peut paraître rude pour celui qui a fait gagner l'UMP lors des municipales de mars dernier. Mais cette victoire de l’opposition, "personne ne l'impute vraiment à la personnalité de Jean-François Copé", analyse le politologue. "Pour preuve: son impopularité dans les sondages. Même les militants UMP le classent en bas de la liste des favoris pour la présidentielle pour 2017".

> Traversée du désert en vue

"La fameuse traversée du désert est un cliché journalistique, mais aussi une réalité politique. Et c’est peut-être bien ce qui attend Jean-François Copé aujourd’hui", explique encore Arnaud Mercier rappelant que François Hollande, a lui-même connu ce genre de traversée, après le congrès PS de Reims de 2008.

"L’obstination pour se maintenir à son poste de patron de l’UMP a alimenté la réputation qui colle à Jean-François Copé, celle d’être un Rastignac, un ambitieux". Pendant cette prise de recul forcée, le député-maire de Meaux aura donc "un gros travail à faire sur son image. Il devra transformer 'l'homme pressé' [nom du livre de Solenn de Royer et Frédéric Dumoulin] pour devenir celui qui sait prendre son temps. Ce genre de mutation est possible: ce travail, Jacques Chirac l’a fait dans les années 1970", précise le politologue.

> Une prise de recul de plusieurs années

Combien de temps durera cette prise de recul? Rien n'est irrémédiable pour Jean-François Copé car, aime-t-il à le répéter, "la vie est longue". Mais une chose est sûre, "cela se comptera en années, pas en mois", insiste Arnaud Mercier, qui indique: "tout dépendra aussi de l’issue judiciaire des affaires Bygmalion et Takieddine. S’il est impliqué, les militants lui en voudront indéniablement. S’il obtient un non-lieu, il pourra passer pour une victime".

Pour 2017 en tous cas, un retour en grâce de Jean-François Copé est peu probable. Une hypothèse que le député-maire de Meaux aura du mal à envisager: "Il y a un personnage qui ne me quitte jamais, c'est Zorro, car il combat toutes les injustices et quand il tombe, il remonte à cheval", confiait, lui-même, celui qui a toujours su se remettre en selle.

Hélène Favier